Saint Pie X

Allocution au Pèlerinage National français

23 mai 1908

Je vous remercie, Vénérable Frère, des sentiments qu’en votre nom, au nom dos évêques présents et des pèlerins accourus de tous les points de la France, vous Nous avez exprimés à l’occasion de Notre jubilé sacerdotal.

Je vous remercie de tout ce que vous ajoutez et que je ne me sens point la force de reprendre, car le cœur a ses exigences et L’émotion que me fait éprouver votre présence ne me permettra pas de parler longtemps.

Je vous remercie de cette démarche que vous faites pour m’apporter vos hommages et l’attestation de votre allégresse à l’occasion de ce jubilé en môme temps que l’affirmation de votre obéissance et de votre attachement an Saint-Siège.

Je vous remercie spécialement à cause des circonstances où vous ac­complissez ce pèlerinage. Si vous étiez venus après avoir reçu de Nous quelque motif de contentement temporel, quelque avantage matériel, Nous pourrions penser que c’est pour quelque satisfaction d’ordre secondaire que vous êtes venus vénérer les tombeaux des apôtres et voir le Pape.

Mais vous venez après que nous avons dû, malgré le sacrifice que cela Nous coûtait personnellement et la répugnance contre laquelle Nous avons lutté, repousser les présents insidieux d’un gouvernement qui cherchait à rendre esclave l’Église de France, à détacher les fidèles de leurs évêques et par conséquent du Pape. Les avantages offerts n’étaient qu’apparents, matériels, et Nous avons jugé en pré­sence de Dieu qu’il fallait les repousser pour conserver intact le dépôt qui Nous a été confié et sauver les principes sur lesquels repose l’existence même de L’Église.

nous avons dû […] repousser les présents insidieux d’un gouvernement qui cherchait à rendre esclave l’Église de France […] et Nous avons jugé en pré­sence de Dieu qu’il fallait les repousser pour conserver intact le dépôt qui Nous a été confié et sauver les principes sur lesquels repose l’existence même de L’Église.

C’est avec douleur que Nous avons dû plusieurs fois déjà vous im­poser de grands sacrifices. Je souffre moi-même de ne pouvoir être au milieu de vous, dans vos villes et vos campagnes, pour montrer par le fait que je suis prêt à tout souffrir pour garder le dépôt que le Christ m’a confié.

Votre venue à Rome en ces circonstances et quelques heures à peine après la publication de Notre récente décision, est une nouvelle preuve qui m’assure que vous êtes animés de la vraie foi, des vrais sentiments chrétiens catholiques, que vous êtes de vrais fils de la sainte Église.

Je vous félicite de cette obéissance dont, au nom de tous, Monseigneur vient de faire la solennelle protestation, sans me causer d’ailleurs aucune surprise. Car je connais la générosité des Français, je sais leur attachement dont j’ai reçu déjà des preuves si nombreuses. Je sais que les catholiques français sont disposés à tout, à la croix s’il le faut, et au martyre, pour conserver la foi qui a toujours été la gloire là plus précieuse de la France justement appelée la Fille aînée de l’Église.

Je sais que les catholiques français sont disposés à tout, à la croix s’il le faut, et au martyre, pour conserver la foi qui a toujours été la gloire là plus précieuse de la France justement appelée la Fille aînée de l’Église.

Je vous remercie de ces consolations réconfortantes pour mon cœur.

Je voudrais que vous puissiez lire dans mon esprit et dans mon cœur; vous y verriez à quel point le Pape aime la France, qu’il est vraiment votre Père, qu’il veut uniquement votre bien temporel et spirituel.

Je vous remercie de tout ce que vous faites pour soutenir l’Église dans la situation précaire où ses ennemis l’ont placée. Je sais vos sa­crifices pour maintenir, en dépit de la spoliation universelle, vos églises, les Séminaires, vos évêques et vos prêtres. Je sais que vous êtes disposés à les maintenir non pas seulement une année mais jus­qu’au jour où la main toute-puissante du Seigneur aura raison de ceux qui ont mené la France à de tels malheurs.

Chaque matin, durant le Saint Sacrifice de la messe, lorsque je prie pour mes fils répandus dans le monde entier, ma première pensée est pour les catholiques de France. Je demande au Seigneur de les con­server dans la foi, de leur donner la force nécessaire pour les saintes luttes de son Église jusqu’au moment où sonnera l’heure marquée par lui pour la victoire.

Chaque matin, durant le Saint Sacrifice de la messe, lorsque je prie pour mes fils répandus dans le monde entier, ma première pensée est pour les catholiques de France.

Monseigneur, vous avez fait appel à la bienheureuse Barat qui, demain, sera exposée pour la première fois aux honneurs des autels. Vous avez aussi rappelé le vénérable Eudes et la bienheureuse Marguerite-Marie pour montrer que le culte du Sacré Cœur doit beau­coup à la France. Oui, que ces Bienheureux intercèdent pour leur patrie devant le trône de Dieu. Qu’ils obtiennent que de la basilique de Montmartre se répande sur la France une effusion de grâces. Que de ce Cœur divin, d’où est sortie la sainte Eucharistie, la France reçoive la grâce de revenir pénitente et dévouée dans les bras du Père qui l’attend avec tant d’amour.

Que la bénédiction du Seigneur descende sur tous, évêques, prêtres, familles, parents, enfants…

De retour chez vous, dites à tous que le Pape aime les Français, qu’il les porte dans son cœur, qu’il leur veut toute la prospérité possible en ce monde et dans le ciel.

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