Sermon de Mgr Lefebvre – Octave de l’Epiphanie – 11 janvier 1976

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers amis
Mes bien chers frères,

Aux deuxièmes vêpres de la fête de l’Épiphanie, l’antienne de Magnificat nous rap­pelle qu’aujourd’hui nous fêtons trois miracles : Tribus mira­cu­lis orna­tum diem sanc­tum coli­mus. C’est ce que nous chan­te­rons ce soir : trois miracles. Quels sont ces trois miracles ?

Le miracle de l’étoile condui­sant les Mages à la crèche. Le miracle du bap­tême de Notre Seigneur Jésus-​Christ près du Jourdain. Et le troi­sième miracle : l’eau trans­for­mée en vin à Cana.

Pourquoi ce rap­pro­che­ment par la Sainte Église, par la litur­gie, de ces trois faits ? Parce que dans l’Église, au cours de l’histoire de l’Église, la fête de l’Épiphanie a pris une impor­tance consi­dé­rable. Toujours l’Église a vou­lu que la fête de l’Épiphanie soit le signe de la réa­li­sa­tion du but de l’Incarnation : Qui prop­ter nos homines et prop­ter nos­tram salu­tem des­cen­dit de cœlis : « C’est pour nous hommes, et pour notre salut, que Notre Seigneur Jésus-​Christ s’est incar­né, qu’il est des­cen­du du Ciel. »

Si donc c’est pour notre salut, pour notre salut éter­nel, pour notre vie éter­nelle, que Notre Seigneur Jésus-​Christ est des­cen­du du Ciel et s’est incar­né, c’est pré­ci­sé­ment au moment de l’Épiphanie, que Notre Seigneur a com­men­cé son œuvre auprès des Gentils. Jusqu’alors il sem­blait que le salut était réser­vé au peuple d’Israël. Mais ce peuple d’Israël n’était qu’un moyen, un moyen par lequel Dieu dans sa Providence a vou­lu que nous soit don­né le salut pour le monde, pour le monde entier, pour toute l’humanité.

Et c’est pré­ci­sé­ment, à la fête de l’Épiphanie que nous médi­tons sur cette grande réa­li­té : Notre Seigneur Jésus-​Christ venu por­ter le salut au monde. Et les pre­miers Gentils – comme on les appe­lait alors – qui ont été appe­lés auprès de Notre Seigneur par un phé­no­mène extra­or­di­naire, par cette étoile, étoile qui n’est autre dans sa signi­fi­ca­tion réelle que la grâce, la grâce actuelle, la grâce qui nous a appe­lés, tous, auprès de Notre Seigneur Jésus-​Christ, grâce qui nous a atti­rés vers Notre Seigneur, vers notre salut.

Mais comme le dit l’Évangile, les Mages sont pas­sés par Jérusalem. Pourquoi par Jérusalem ? Pourquoi l’étoile a‑t-​elle dis­pa­ru pen­dant quelque temps ? Parce qu’il fal­lait que les Mages aillent à l’Église, à l’institution fon­dée par Notre Seigneur Jésus-​Christ, qui elle doit nous conduire par la main, à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et c’est pour­quoi il a fal­lu que les Mages se rendent à Jérusalem pour deman­der à ceux qui pos­sé­daient la loi, à ceux qui pos­sé­daient l’Écriture, de leur dire où devait naître le Messie ; où se trou­vait Notre Seigneur Jésus-​Christ, où le ren­con­trer. Nous aus­si, lorsque nous rece­vons la grâce du bap­tême, nous devons aller à l’Église pour deman­der où est Notre Seigneur Jésus-​Christ. Comment le pos­sé­der dans nos cœurs, com­ment le ren­con­trer, com­ment pro­fi­ter des grâces de Notre Seigneur Jésus-​Christ. C’est l’Église qui doit nous répondre. Même si les hommes d’Église ne sont pas dignes de leur fonc­tion ; même si les hommes d’Église ne sont pas exem­plaires comme ils devraient l’être, ils pos­sèdent cepen­dant la loi de l’Évangile. Ils pos­sèdent l’Écriture sainte. Et par consé­quent ce sont eux qui doivent nous la trans­mettre et eux qui doivent nous l’enseigner.

Et c’est ce qu’ont fait les Mages. Les Mages sont allés à Jérusalem, parce que l’étoile a dis­pa­ru. Il leur fal­lait donc trou­ver le che­min de Bethléem. Et ils se sont réjouis, lorsque quit­tant Jérusalem pour se rendre à Bethléem, l’étoile est appa­rue de nou­veau. Cela signi­fiait que Dieu bénis­sait et confir­mait les dires des Princes des prêtres à Jérusalem qui avaient dit aux Mages : Rendez vous à Bethléem, c’est là que doit naître le Roi d’Israël. Premier miracle extra­or­di­naire, ce pre­mier contact de Jésus-​Christ avec les Gentils, avec nous en défi­ni­tive, que repré­sen­taient les Mages. Avec tous ceux qui après les Mages, n’étant pas juifs, n’étant pas le peuple d’Israël, n’étant pas le peuple choi­si, deve­naient membres du peuple choi­si, deve­naient membres du peuple choi­si par adop­tion de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Deuxième miracle ; le bap­tême de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Et ce bap­tême a été, en effet, accom­pa­gné de très grands miracles. Quels furent-ils ?

Le Saint-​Esprit, sous la forme d’une colombe est des­cen­du sur Notre Seigneur, mani­fes­tant ain­si que Notre Seigneur était Celui qui bap­ti­se­rait par l’Esprit.

Certes Notre Seigneur ne pou­vait pas rece­voir l’Esprit plus qu’il ne l’avait. Il était Dieu. Comment pouvait-​Il encore rece­voir le Saint-​Esprit dans son huma­ni­té ? Mais par la grâce de l’union, par la grâce de l’union hypo­sta­tique. Notre Seigneur était rem­pli du Saint-​Esprit. Mais cela était un signe pour mon­trer qu’il était le Messie ; signi­fiant qu’il avait l’Esprit ; qu’il pos­sé­dait l’Esprit dans toute sa plé­ni­tude et que c’est par Lui que nous le rece­vrions ; que Lui bap­ti­se­rait dans l’Esprit Saint.

Et une voix du Ciel est venue : « Ici est mon Fils Bien-​Aimé, écoutez-​Le ». Ainsi toute la Trinité se mani­fes­tait par Notre Seigneur Jésus-​Christ, dans la pré­sence de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Mais qu’est-ce donc que l’appel que Notre Seigneur Jésus-​Christ nous a fait, sinon pour nous bap­ti­ser, pour que nous soyons bap­ti­sés dans la Sainte Trinité ; que nous rece­vions cette Eau sainte au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit et que nous soyons rem­plis de la Trinité sainte. Miracle extra­or­di­naire ! Désormais tous ceux qui vou­dront être atta­chés à Notre Seigneur Jésus-​Christ, trou­ver le salut par Notre Seigneur Jésus-​Christ, devront être baptisés.

Nisi quis rena­tus ex aqua, et Spirito Sancto, non potest introire in regnum Dei (Jn 3,5).

Nous devons donc tous être bap­ti­sés si nous vou­lons ren­trer dans le royaume des Cieux. Baptême de l’eau, bap­tême du désir, sans doute, mais en tout cas bap­tême. Nous ne pou­vons être sau­vés, aucun homme ne peut être sau­vé sans le bap­tême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Troisième miracle : l’eau aux noces de Cana est chan­gée en vin. Que signi­fie ce miracle sinon que notre nature est repré­sen­tée par l’eau et que la grâce est repré­sen­tée par le vin ?

Désormais Notre Seigneur trans­forme cette nature dans l’esprit sur­na­tu­rel, dans la vie sur­na­tu­relle. Notre Seigneur vent nous appor­ter la vie sur­na­tu­relle qui est riche d’une vie de ver­tu, d’une vie d’adoration, de contem­pla­tion de Dieu, d’union à Dieu. C’est cela la vie du chré­tien, de ceux qui seront bap­ti­sés. Désormais, leur cœur sera chan­gé, trans­for­mé ; ils seront don­nés à Dieu tout entiers. Et le vin repré­sente éga­le­ment la Sainte Eucharistie. C’est dans la Sainte Eucharistie que les chré­tiens trou­ve­ront la nour­ri­ture, l’aliment de leur vie sur­na­tu­relle, de leur vie spi­ri­tuelle, de l’union de leur vie à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Voyez comme cette fête de l’Épiphanie par ces trois miracles, nous mani­feste d’une manière abso­lu­ment – je dirai – tan­gible et sen­sible la trans­for­ma­tion que Notre Seigneur Jésus-​Christ est venu appor­ter dans nos âmes, la résur­rec­tion de nos âmes, la résur­rec­tion de la vie que nous avons per­due par le péché ori­gi­nel. Voilà ce que Notre Seigneur Jésus-​Christ est venu appor­ter au monde.

Et si l’on consi­dère pra­ti­que­ment, concrè­te­ment, his­to­ri­que­ment ; ce qu’ont signi­fié ces miracles et ce qu’a signi­fié ce contact de Notre Seigneur Jésus-​Christ avec toutes les popu­la­tions du monde, certes, il y en a qui ont été pri­vi­lé­giés, et les nôtres ont été pri­vi­lé­giées. Lorsque nous cir­cu­lons dans nos cam­pagnes, par­tout nous voyons des signes de la pré­sence de Notre Seigneur Jésus-​Christ, des signes de cette venue de Notre Seigneur Jésus-​Christ par­mi nous, dans nos popu­la­tions. Et l’on remonte aux pre­miers siècles bien­tôt, ici par­ti­cu­liè­re­ment, dans ces régions lorsque l’on tra­verse des villes comme Sion, comme Aoste et ces pays où déjà dès les pre­miers siècles, l’Évangile a été por­té. Et dans bien des endroits de l’Europe l’on s’aperçoit que déjà dès les pre­miers siècles l’Évangile a été annon­cé dans nos contrées.

Bienheureux sommes-​nous qui avons reçu l’annonce de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Bienheureux sommes-​nous qui avons déjà des géné­ra­tions et des géné­ra­tions de parents qui ont été bap­ti­sés en Notre Seigneur Jésus-​Christ ; qui ont reçu la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ en eux ; dont l’âme a été trans­for­mée, comme l’eau a été trans­for­mée en vin ; qui ont vrai­ment reçu toutes les ver­tus surnaturelles.

Et toute cette his­toire de nos ancêtres, nous montre l’attachement qu’avaient nos parents, qu’avaient nos ancêtres à Notre Seigneur Jésus-​Christ. Par tous les signes qu’ils ont lais­sés der­rière eux, par ces cathé­drales, par tous ces monu­ments qui ont été éle­vés, monu­ments qui montrent leur foi en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et si l’on songe au nombre de voca­tions, au nombre de prêtres, au nombre de reli­gieux, au nombre de reli­gieuses, au nombre de saintes familles chré­tiennes qui ont fait ger­mer ces voca­tions, qui ont per­mis à ces voca­tions de ger­mer, dans le sein des familles chré­tiennes, alors com­bien la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ a été effi­cace, a été fruc­tueuse dans toutes ces régions !

Mais peut-​être que nous l’oublions trop. Si c’est un avan­tage d’être membre d’une contrée ou d’une région où l’Évangile a été por­té depuis de nom­breux siècles, c’est peut-​être aus­si, à cause de nous, par notre faute, par notre négli­gence, par notre oubli, un désa­van­tage, en ce sens qu’il nous semble tout natu­rel d’être chré­tien, tout natu­rel d’être bap­ti­sé en Notre Seigneur Jésus-​Christ, tout natu­rel que nos âmes soient trans­for­mées par la grâce de Notre Seigneur.

Et alors nous oublions d’en pro­fi­ter ; nous oublions d’ouvrir nos âmes à cette grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Il nous semble qu’il s’agit là d’un phé­no­mène tout simple qui ne nous apporte rien de plus que ce que nos parents ont eu.

Tandis que comme j’ai pu moi-​même le consta­ter, dans des régions où la reli­gion catho­lique a été appor­tée depuis seule­ment deux géné­ra­tions, ou quel­que­fois une géné­ra­tion, alors on s’aperçoit de la richesse et du prix de la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Alors on la touche du doigt, on se rend compte de ce que Notre Seigneur Jésus-​Christ nous a appor­té. Quand on voit com­bien la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ par le bap­tême peut trans­for­mer des familles, des familles qui étaient païennes, des familles qui avaient des habi­tudes vicieuses, des familles qui vivaient d’une manière presque ani­male, les voir trans­for­mées par la grâce, rayon­nantes, rem­plies des ver­tus chré­tiennes, dès la pre­mière géné­ra­tion, la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ trans­forme ces âmes littéralement.

Et non seule­ment les âmes, mais le corps. On pour­rait dési­gner les chré­tiens, rien qu’à voir les visages, par la séré­ni­té, par la paix, par la joie qui rayon­nait sur ces visages, au lieu de visages concen­trés, par­fois des cœurs qui sont tra­vaillés par la haine et par le désir de faire le mal. Les âmes étaient com­plè­te­ment chan­gées. Et même dans l’habitation, dans la manière de se tenir, dans leurs atti­tudes, dans la manière de tenir le foyer, tout cela était trans­for­mé par la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Parmi ces gens il y avait même des héros, comme furent les pre­miers chré­tiens. Des caté­chistes, capables de quit­ter leur région lorsqu’on leur deman­dait de par­tir, qu’ils soient mariés ou ne soient pas mariés, de par­tir, de quit­ter leur vil­lage pour aller évan­gé­li­ser d’autres vil­lages, sachant par­fai­te­ment qu’ils ris­quaient leur vie. Des caté­chistes sont morts empoi­son­nés. J’en ai connu qui sont morts empoi­son­nés à cause de leur esprit mis­sion­naire, à cause de l’Évangile qu’ils por­taient dans des régions païennes. Parce que les païens voyaient pré­ci­sé­ment tous leurs pou­voirs dis­pa­raître lorsqu’un caté­chiste venait. Parce que leurs pou­voirs étaient faits du pou­voir du diable. Et dans la mesure où le démon dis­pa­rais­sait des vil­lages, le pou­voir de ces gens dimi­nuait éga­le­ment. Alors ils en vou­laient à ces caté­chistes et ils les ont empoisonnés.

Ces caté­chistes le savaient par­fai­te­ment. Ils savaient par­fai­te­ment qu’ils ris­quaient la mort. Ils par­taient cepen­dant, rem­plis d’esprit mis­sion­naire. C’est cela l’Église. Il faut que nous ayons conscience de ce que Notre Seigneur Jésus-​Christ nous a appor­té. Il est dif­fi­cile pour nous, qui avons vécu dans un milieu tou­jours chré­tien, dans un milieu catho­lique, il nous est dif­fi­cile de nous rendre compte de la richesse de la grâce que Notre Seigneur Jésus-​Christ nous a faite.

Alors nous devons en prendre conscience. Il faut réflé­chir à ce que Notre Seigneur nous a appor­té par notre bap­tême, par la Sainte Eucharistie, par toutes les ver­tus que Notre Seigneur Jésus-​Christ a fait fleu­rir dans les foyers, dans nos âmes, dans nos cœurs. Et nous devons ouvrir nos cœurs à la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Comme il est pénible de sen­tir que beau­coup de chré­tiens sont limi­tés, ont le cœur – dirai-​je – étroit, rétré­ci. C’est ce que saint Paul disait à ces chrétiens.

Os nos­trum patet ad vos o CorinthIl, cor nos­trumm dila­tum est. Non angus­tia­mi­ni in nobis : augus­tia­ni­mi in autem in vis­ce­ri­bus ves­tris (2 Co 6, 11–13) :

« Notre bouche s’est ouverte pour vous, ô Corinthiens, notre cœur s’est élar­gi. Vous n’êtes point à l’étroit dans nos entrailles, mais les vôtres se sont rétré­cies. Rendez-​nous la pareille (…) vous aus­si élar­gis­sez vos cœurs ».

Dilamiti cor ves­trum. Que vos cœurs s’élargissent, qu’ils ne soient pas étroits. Je veux bien jusque-​là me don­ner à Notre Seigneur Jésus-​Christ, mais pas tout entier ; je veux bien me don­ner un peu à Notre Seigneur Jésus-​Christ, mais pas tout entier, que ce soit dans la famille, que ce soit dans la voca­tion, qu’importé, tout chré­tien doit se don­ner à Notre Seigneur Jésus-​Christ tout entier.

Alors Notre Seigneur Jésus-​Christ est exi­geant, son amour est exi­geant. Il nous veut com­plè­te­ment. Et nous aurons peut-​être à sacri­fier cer­taines choses aux­quelles nous sommes atta­chés. Quelquefois de toutes petites choses aux­quelles nous sommes atta­chés, mais dont nous ne vou­lons pas nous sépa­rer, parce que nous n’aimons pas suf­fi­sam­ment Notre Seigneur Jésus-​Christ. Nos cœurs sont étroits, nos cœurs sont limités.

Alors, il nous était vrai­ment conso­lant de voir que dans des peu­plades païennes, trans­for­mées par la grâce ; les cœurs étaient dila­tés. Ces gens se don­naient com­plè­te­ment à la reli­gion. Ils étaient capables de faire des jour­nées entières de marche, pour aller com­mu­nier, pour venir à la mis­sion. Ils n’hésitaient pas à se sacri­fier, à se don­ner tota­le­ment. Ils n’hésitaient pas devant le don de leurs enfants pour la mis­sion, le don de leurs enfants pour les voca­tions. On voyait là le fruit de la grâce de Notre Seigneur.

Alors, pour vous, mes bien chers amis aus­si, vous qui aspi­rez à deve­nir prêtres, que vos cœurs soient des cœurs déta­chés. Ne soyez pas atta­chés à des choses insi­gni­fiantes, à des choses mépri­sables, donnez-​vous tout entier, ne soyez pas limi­tés. Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ fruc­ti­fie véri­ta­ble­ment dans votre âme, afin que vous soyez vrai­ment des modèles, des exemples ; que le monde puisse dire : Voilà des chré­tiens, voi­là des prêtres, voi­là ce que fait la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans les âmes qui sont don­nées com­plè­te­ment à Lui. Ne restrei­gnez jamais vos cœurs, ne limi­tez pas votre amour pour Notre Seigneur Jésus-​Christ. Aimez-​Le de toute votre âme, de tout votre cœur, dussiez-​vous don­ner votre vie, don­ner tout ce que vous avez, tout ce que vous pos­sé­dez. Tout ce à quoi vous êtes atta­chés, vos familles, vos régions, tout ce que vous aimez. Pour Notre Seigneur Jésus-​Christ soyez prêts à le don­ner. Ainsi vrai­ment vous aurez aus­si dans vos cœurs, la joie d’aimer Notre Seigneur Jésus-​Christ, car plus Notre Seigneur Jésus-​Christ est pré­sent en nous, plus nous sommes heu­reux. Plus Notre Seigneur Jésus-​Christ apporte avec Lui, la paix, la joie, la séré­ni­té et la fer­me­té et le bon­heur, en atten­dant le bon­heur éter­nel qu’il nous réserve.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie qui était pré­sente à Cana et pré­sente lorsque les Rois Mages sont venus, de faire en sorte que notre esprit mis­sion­naire soit tou­jours vivant, soit tou­jours fervent, que nous ayons ce désir d’aller por­ter aux âmes la grâce de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Que ce soit là notre sou­hait, que ce soit là notre désir avec la grâce du Bon Dieu.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.