1er janvier vers 682

Saint Clair de Vienne

Né dans un vil­lage [1] au sud de Vienne, saint Clair devint vite orphe­lin de père. Sa mère l’emmenait sou­vent prier ou par­ti­ci­per aux offices reli­gieux dans dif­fé­rents sanc­tuaires. Saint Adon rap­porte dans ses « Chroniques » que quit­tant par voie flu­viale le monas­tère Saint-​Ferréol sur la rive droite du Rhône (où étaient conser­vées les reliques de saint Ferréol et de saint Julien de Brive, offi­cier et sol­dat impé­riaux mar­tyrs au troi­sième siècle), Clair et sa mère et tout l’é­qui­page sont mena­cés de som­brer entre les houles du Rhône, le petit Clair se tourne vers l’é­glise St-​Ferréol et s’ex­clame : « Ô Dieu pour le Nom duquel le bien­heu­reux Ferréol a souf­fert la mort, secourez-​nous, nous péris­sons ! ». Aussitôt le fleuve s’a­pai­sa et l’embarcation fut pous­sée au rivage. Sa mère com­prit qu’elle devait le lais­ser à l’é­du­ca­tion de ce monas­tère, et elle reprit voile pour Vienne où elle entra en reli­gion au monas­tère pour veuves de Sainte-Blandine.

La sain­te­té de Clair fut remar­quée par saint Clarent, évêque de Vienne vers 649, qui le reti­ra du monas­tère St-​Ferréol, pour diri­ger le monas­tère Sainte-​Blandine à Vienne, et, peu après, le nom­ma Abbé du monas­tère de Saint-​Marcel à Vienne.

L’auteur, presque contem­po­rain, de ses actes rap­porte les miracles opé­rés par saint Clair : gué­ri­son de malades (par exemple la supé­rieure, malade, de Ste-​Blandine, un céno­bite atteint de cruelle colique, un homme cou­vert d’ul­cères qui gué­rit en s’ap­pro­chant du ruis­seau vers lequel le saint avait com­man­dé de le conduire), il chas­sa le démon d’une ser­vante du dehors du monas­tère en met­tant ses doigts dans sa bouche ; il fit pous­ser, après une nuit de prières, de nou­veaux rai­sins à une vigne d’un monas­tère rava­gée par la grêle ; il contrai­gnit le Rhône de lui rendre un reli­gieux en passe d’être empor­té par un trop gros pois­son qu’il pêchait à proxi­mi­té du saint : le reli­gieux sor­tit saint et sauf avec le pois­son qui nour­rit toute la communauté.

Il fut aver­ti de la proxi­mi­té de son tré­pas ; deve­nu très vite malade, Clair ras­semble ses céno­bites et pro­phé­tise le ravage des Infidèles au temps du sep­tième futur évêque de Vienne, ce qui se réa­li­se­ra en 725 par l’ex­pé­di­tion d’Anbasa et de ses sar­ra­sins qui, après avoir pris Carcassonne, Nîmes et Arles, ravagent Vienne avant de piller Autun, et d’être bat­tus devant Sens par les troupes de saint Ebbon, évêque de Sens.

Saint Clair se fit por­ter à l’é­glise du monas­tère Saint-​Marcel, se cou­cha sur un cilice et se mit en prières. L’hagiographe ajoute que saint Clair eut l’ap­pa­ri­tion d’une assem­blée céleste de laquelle res­sor­taient saint Marcel et sainte Blandine, laquelle lui annon­ça, trois jours avant, son décès sur les cinq heures. Il décé­da le pre­mier jan­vier vers l’an 682, envi­ron­né d’une odeur merveilleuse.

Son corps fut dépo­sé selon son vœu dans l’é­glise Sainte-​Blandine ; devant le cor­tège, un para­ly­tique fut gué­ri. D’autres miracles eurent lieu à son tom­beau. Plus tard, les reliques de saint Clair seront trans­fé­rées dans l’é­glise Saint-​Pierre de Vienne. Les troupes cal­vi­nistes de François de Beaumont [2], baron des Adrets, pro­fa­nèrent les reliques de saint Clair en avril 1562.

Saint Clair est célé­bré dans les dio­cèses de Grenoble, Valence, Annecy et Tarentaise au 2 ou au 15 janvier.

Saint Clair, en rai­son de son nom, est invo­qué par les cou­tu­rières et les tailleurs pour pro­té­ger leur vue. Les cou­tu­rières de Sisteron, de Riez, de Ceyreste, les « Masco », reven­deurs de vieux habits « pedas­sa » de Marseille à Allauch, assis­taient à une messe en son hon­neur. La confré­rie de St-​Clair ras­sem­blait les tailleurs de Marseille.

Saint Clair pro­tège de la foudre à Ceyreste. En 1937, la foudre tombe dans la chambre de M. le Curé, brû­la son tra­ver­sin, brise l’ins­tal­la­tion élec­trique, mais, arrê­tée par St-​Clair, ne fit pas plus de mal. En 1938, après 40 ans, on rechan­ta à Ceyreste, comme à Lurs, son cantique :

« Que taiu­so e cor­du­raire. Que t’an per patroun béni ».

Lurs pos­sède une relique du saint et le vénère à la cha­pelle Notre-​Dame-​des-​Anges (où la Vierge est appa­rue en 1660).

Saint-​Clair est le patron des cités de Bormes-​les-​Mimosas et du Castellet. Salernes et Le Lavandou ont un quar­tier Saint-​Clair. Son culte a été confir­mé en 1907.

Abbé Laurent Serres-​Ponthieu, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Notes de bas de page

  1. Saint-​Clair-​du-​Rhône. (Nota bene : un autre saint Clair, de Rochester, est patron, quant à lui, de St-​Clair-​sur-​Epte).[]
  2. Il se récon­ci­lie­ra avec l’Eglise catho­lique en 1564.[]

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