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   Sermon de Mgr Lefebvre - Jubilé de 40 ans d’épiscopat de Monseigneur - 3 octobre 1987

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Sermon de Mgr Lefebvre
3 octobre 1987
Jubilé de 40 ans d’épiscopat de Monseigneur

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3 octobre 1987
Jubilé de 40 ans d’épiscopat de Monseigneur

 

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3 octobre 1987

 

Mes bien chers amis,
        Mes bien chers frères,

Je vous suis très reconnaissant d’être venus si nombreux à l’occasion de cet anniversaire de mon épiscopat, pour rendre grâces à Dieu, pour participer à nos actions de grâces et demander aussi au Bon Dieu, de me faire miséricorde pour tout ce qui au cours de ces quarante années n’aurait pas été accompli selon sa sainte Volonté.

Je suis heureux aussi de remercier ici la présence des membres de ma famille et je remercie également nos chères sœurs qui sont venues nombreuses participer à cette cérémonie. Je remercie tous les membres des associations qui ont bien voulu se déplacer pour participer à cette messe d’action de grâces.

Mes bien chers frères, quelle sera l’idée principale de ces quelques mots que je suis heureux de vous donner au cours de cette messe. Eh bien, je voudrais que vous conceviez que tout mon épiscopat, au cours de ces quarante années, a été fait sous une lumière. Et quelle est donc cette lumière ? Elle se résume et dans la devise que j’ai voulu inscrire dans mes armoiries lorsque j’ai été nommé évêque de Dakar et dans la devise de saint Pie X.

Credidimus caritati : Nous avons cru à la charité et Instaurare omnia in Christo : Tout restaurer dans le Christ. Tout restaurer dans le Christ-Jésus.

Credidimus caritati. Mais quelle est donc cette charité, sinon l’Incarnation du Verbe de Dieu ; la mission que Dieu a voulu accomplir parmi nous, mission de charité, mission d’amour, mission de miséricorde, par la Rédemption, par la Croix, par son Saint Sacrifice. Voilà l’amour dans lequel nous croyons. Nous croyons en Jésus-Christ, né, mort sur la Croix, ressuscité, pour la rédemption de nos âmes. Et nous voulons instaurer le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est la devise de saint Pie X, notre saint Patron, saint Patron de notre Fraternité.

C’est sous cette lumière, mes bien chers frères, que se sont déroulé ces quarante années de mon épiscopat. Et évidemment au cours de ces quarante années, les circonstances ont été très différentes, suivant que je me suis trouvé à Dakar, pendant quinze années et en même temps Délégué apostolique pour l’Afrique francophone et puis les années qui ont suivi.

Les quinze années de Dakar ont été – je puis le dire – des années merveilleuses, merveilleuses parce que remplies de grâces. Au cours de ces années, après la guerre, le calme revenu, la paix étant revenue, il y a eu une atmosphère très favorable au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les missions. Les gouvernements, d’une manière générale, ne faisaient pas d’opposition, même dans l’ensemble favorisaient plutôt nos écoles, nos œuvres et par conséquent notre apostolat. Et c’est ainsi que dans des diocèses qui, de quarante cinq sont passés à soixante quatre, pendant les onze ans que j’ai passés comme Délégué apostolique en Afrique, dans ces diocèses, un immense développement s’est opéré par le zèle des missionnaires, par le zèle des évêques, par la multiplication des séminaires, la multiplication des œuvres religieuses, abondance de vocations, séminaires remplis, religieuses venues d’Europe, venues du Canada pour aider à l’évangélisation, religieuses autochtones, africaines. Il était vraiment très consolant, à l’occasion de mes visites, de constater cet immense développement, merveilleux, dans la paix, dans l’union de tous et dans la foi, dans la foi catholique. Il n’y avait pas de problème, pas de contestation, pas de division.

Mais après ces quinze années passées à Dakar et à la fin de ces années, c’est alors que je fus appelé par le pape Jean XXIII pour participer à la Commission Centrale Préparatoire du concile. Je suis monté maintes fois à Rome, pour me trouver dans cette assemblée, imposante de soixante-dix cardinaux, de vingt archevêques et évêques et de quatre généraux d’ordre, souvent réunions présidées par le pape Jean XXIII lui-même, pour préparer le concile.

Et j’avoue qu’alors, cet idéal et cette lumière qui illuminaient mon épiscopat, a été profondément troublée. J’ai senti, à l’occasion de ces réunions, à l’occasion des discussions, à l’occasion il faut le dire, des oppositions parfois entre cardinaux, j’ai senti qu’un vent nouveau passait dans l’Église. Un vent qui me semblait n’être pas le souffle du Saint-Esprit.

Et ayant résilié mes fonctions d’archevêque de Dakar, sur la demande du Saint-Siège pour prendre le siège de Tulle, en 1962, j’ai éprouvé, en 1962 précisément, pendant la préparation du concile qui s’est ouvert en octobre 1962, j’ai senti aussi que dans ce diocèse de Tulle une autre atmosphère que celle que j’avais sentie à Dakar, soufflait et manifestait clairement des difficultés graves dans la Sainte Église. Dans ce diocèse apparaissait un certain découragement, devant le contraire de ce que j’avais vu en Afrique.

Diminution des vocations, fermeture du séminaire. Tous les ans, depuis déjà un certain nombre d’années, me disait mon prédécesseur Mgr Chassagne, on ferme des maisons religieuses ; on ferme des écoles catholiques. Les sœurs quittent les hôpitaux. Une grande douleur, un grand désarroi affectait ces bons prêtres. Car les prêtres étaient très pieux et très fervents. Mais ils sentaient comme une espèce de fatalité qui descendait sur ce diocèse et d’ailleurs dans les autres diocèses aussi, devant cette diminution des ouvriers pour la vigne du Seigneur.

Et puis, un esprit nouveau soufflait : il faut aller au monde ; il faut sortir de nos sacristies ; il faut changer notre liturgie si nous voulons être à la page ; si nous voulons être entendus, il faut épouser les idées du monde, de ce monde du travail.

Alors commençaient les prêtres ouvriers. Alors pour la première fois, dans une réunion épiscopale de Bordeaux, dans laquelle je me trouvais, puisque c’était l’archevêque de Bordeaux qui était le président de la réunion du Sud-Ouest, dans cette assemblée, pour la première fois a été posée la question qui m’a semblé pour moi ahurissante, invraisemblable : Faut-il que nos prêtres gardent encore la soutane ? Alors que tous nos prêtres avaient la soutane ; il n’était pas question qu’ils la quittent nulle part. Les évêques posant cette question là ! Et l’archevêque disant : « Oh je pense en effet qu’il serait bien préférable que nous abandonnions la soutane ».

J’ai senti un esprit nouveau, un esprit d’abandon de Notre Seigneur Jésus-Christ. Car enfin la soutane est un symbole. Bien sûr que l’on peut être bon prêtre sans la soutane. Mais c’est un symbole, symbole de l’esprit de Notre Seigneur Jésus-Christ, de l’esprit de pauvreté, de l’esprit de renoncement, de l’esprit de chasteté. Et que prêchons-nous, nous prêtres, sinon ces vertus : vertu de pauvreté, vertu d’obéissance, de chasteté, d’humilité, de renoncement, dont la soutane est le modèle et le symbole.

Abandonner la soutane, c’était en quelque sorte, vis-à-vis de nos fidèles, vis-à-vis de nos populations, abandonner l’idéal de Notre Seigneur Jésus-Christ, dont nos fidèles ont besoin pour se maintenir dans la vertu. Tout cela était de mauvais augure. Et en effet, il a bien fallu constater que dans le concile, il y avait des divisions profondes.

Alors j’ai été élu Supérieur général des Pères du Saint-Esprit. Pourquoi me faisait-on confiance, alors que j’étais déjà connu pour mes idées traditionnelles ? Cependant, mes confrères ont voulu m’élire comme supérieur général d’une congrégation qui comptait 5.300 membres et 60 évêques, soixante diocèses dans les divers pays du monde africain et américain.

Alors s’est déroulé le concile avec son esprit nouveau. Avec un esprit d’écoute, d’écoute favorable au monde, à l’esprit de liberté, à l’esprit de démagogie qui s’est traduit par un esprit collégial qui détruisait la notion de l’autorité. L’autorité ne pouvait plus s’exercer sans être obligée de demander à tous les sujets, quelle était leur pensée. Et ces sujets, comme il est inscrit dans le décret des religieux, les religieux ont droit à participer à l’exercice de l’autorité. C’est la destruction de l’autorité. Comment l’autorité peut-elle s’exercer s’il faut qu’elle demande à tous les membres de participer à l’exercice de l’autorité ?

C’est cela qui a été l’une des caractéristiques du concile. Contre l’autorité du pape, les évêques se sont dressés ; contre l’autorité des évêques, contre toute autorité, même ensuite l’autorité du père de famille, l’autorité des supérieurs des congrégations religieuses. Je l’ai senti dans ma congrégation.

Il était difficile de diriger la congrégation à cause de ce vent de liberté et d’inquisition en quelque sorte, qui se soulevait chez les membres. C’est un esprit révolutionnaire qui alors a soufflé dans le concile. Et sont venues ensuite les réformes post-conciliaires, les réformes des congrégations, réformes des séminaires, réformes de la Curie romaine.

Réformes des congrégations religieuses : est venu cet ordre qu’il fallait que les congrégations religieuses s’adaptent au nouvel esprit, à ce que l’on appelait déjà « l’esprit du concile ». Esprit mondain, esprit qui n’est plus véritablement chrétien ; qui n’est plus l’esprit d’humilité, d’obéissance, de dépendance de Dieu. Tout le monde voulait son indépendance.

Et alors, à l’occasion (de la réunion) du chapitre général (de ma congrégation) quand j’ai constaté que les effets du concile détruisaient complètement l’autorité de la congrégation de laquelle j’étais supérieur encore pour six ans – j’étais élu jusqu’en 1974 – j’ai préféré donner ma démission. Je n’ai pas voulu signer les actes de ce chapitre général qui démolissaient notre congrégation des Pères du Saint-Esprit. Et c’est un fait aujourd’hui : elle est ruinée. Il n’y a plus de noviciat ; il n’y a plus de missionnaires à envoyer en Afrique. C’est la destruction de notre chère congrégation.

C’est donc dans ce climat, mes bien chers frères, que s’est déroulé mon épiscopat après quinze années de Dakar. Atmosphère douloureuse ! Nous sentions un esprit qui n’était plus celui de Notre Seigneur Jésus-Christ ; qui n’était plus l’esprit vraiment chrétien.

Et puis avec les années qui ont passé, sont venues ces manifestations d’œcuménisme, d’un œcuménisme qui est contraire à l’esprit de Notre Seigneur Jésus-Christ, contraire à la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et alors devant les réformes qui s’établissaient un peu partout et particulièrement dans les séminaires, me sont venus du Séminaire français (de Rome) quelques séminaristes tandis que j’avais pris une retraite dans la maison des Lithuaniens à Rome. Des jeunes du Séminaire français sont venus, insister auprès de moi, pour que je fasse quelque chose pour eux, puisque dans le séminaire c’était le désordre. C’était aussi la révolution. Il n’y avait plus de discipline ; il n’y avait plus d’esprit d’étude ; il n’y avait plus d’esprit de prière. Il y avait une nouvelle liturgie qui s’instaurait. Chaque semaine il y avait un « comité de liturgie » nommé, qui changeait la liturgie.

Devant ce désarroi, devant ce désordre, ils sont venus me demander de les aider à garder la foi, à garder la Tradition, à garder ce qu’on leur avait enseigné dans leur jeunesse. Alors, poussé par ces jeunes, je suis venu ici en Suisse, je suis venu voir Mgr Charrière, que je connaissais déjà, qui était venu à Dakar passer quinze jours parce qu’il y avait des petits Suisses qui se trouvaient dans le diocèse de Dakar.

J’ai demandé au Bon Dieu que ce soit là le signe de la Providence. Ou bien Mgr Charrière acceptait cette fondation, ou il la refusait, ce serait le signe du Bon Dieu.

Et quand je suis venu le voir, le cher Mgr Charrière m’a dit : « Mais Monseigneur, faites, faites, je vous en supplie. Nous sommes dans une situation grave, tragique. Je le sens dans mon diocèse aussi », m’a-t-il dit, « où allons-nous ? Où allons-nous ? Nous allons à la destruction de la foi. Faites, faites quelque chose ici. Louez un appartement pour vos séminaristes ; occupez-vous en. Je vous donne toute autorisation. »

Et ce n’est qu’un an après qu’il nous signait le décret de reconnaissance de la fondation de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. (1er novembre 1970).

Donc nous étions parfaitement en règle avec les autorités de l’Église, mais évidemment, maintenant la tradition, contrairement à ce vent qui soufflait contre la tradition et qui soufflait dans les plus hautes instances de l’Église, puisque l’épuration s’était faite. Les cardinaux traditionalistes, les archevêques traditionalistes dans les postes importants – comme celui de Dublin, comme celui de Madrid – étaient éliminés tout simplement. Et les cardinaux qui étaient traditionalistes et conservateurs, à Rome, étaient eux aussi remplacés immédiatement. Le cardinal Ottaviani et d’autres cardinaux comme lui, ont été bien sûr, immédiatement remerciés. Il était évident que mon initiative ne pouvait pas plaire aux autorités romaines et aux autorités françaises particulièrement, qui craignaient de voir revenir chez eux des prêtres gardant la tradition, gardant la soutane, gardant la liturgie d’autrefois.

Et c’est pourquoi est venue la persécution. Persécution dont vous, mes chers amis, vous mes chers amis suisses, qui entouraient Écône, avez été les témoins. Et vous, bien chers prêtres qui déjà sont prêtres depuis une dizaine d’années, vous avez été à ce moment-là, témoins de 1974 à 1977, des difficultés que nous avons eues avec Rome, parce que nous gardions la Sainte Messe de toujours. Parce que nous gardions la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ Roi. Et que cette messe exprime précisément la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. Par le respect qui s’exprime dans ces cérémonies – vous pouvez le voir, le constater – respect profond pour la Personne de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le Corps, le Sang, l’Âme, la Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Eucharistie et le respect qui s’exprime à ceux qui représentent Notre Seigneur Jésus-Christ, dans ces cérémonies.

La vraie liturgie est une école de foi, une école de respect et d’adoration envers Dieu et de respect envers ceux qui participent à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est toute une école. C’est toute une éducation qui est faite depuis notre enfance. Lorsque nous constatons cela enfant, nous nous rendons compte en grandissant qu’il y a un grand mystère, le mystère de Dieu, le mystère de l’autorité de Dieu dont nous dépendons à tout instant de notre vie et qui s’exprime dans ce mystère de la Croix, qui se réalise sur nos autels et toute l’attitude de l’Église vis-à-vis de Notre Seigneur JésusChrist .

Et voilà (maintenant) où nous en sommes !

Alors on a essayé, jusqu’à présent, de nous faire comprendre qu’il fallait suivre le nouveau courant. Et je répétais constamment : Si je suis le courant que vous suivez vous-mêmes, eh bien j’aurai les mêmes résultats. C’est-à-dire, vos séminaires se ferment, vos séminaires se vendent et les prêtres que vous formez n’ont plus l’esprit sacerdotal. La meilleure preuve c’est qu’un bon nombre d’entre eux, après deux ans, trois ans d’ordination, se marient et abandonnent le sacerdoce. Je ne veux pas en arriver là avec mes séminaristes !

Je veux des prêtres authentiques, des prêtres de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui croient, qui ont la foi et qui sont prêts à souffrir pour leur foi. Qui sont prêts à renoncer à toutes ces habitudes mondaines qui se sont introduites à l’intérieur de l’Église et qui ont envahi même les sacristies et le sacerdoce.

Voilà où je me trouve au temps de ma quarantième année d’épiscopat. Or, il se trouve que devant ces deux orientations qui pratiquement sont incompatibles – c’est ce que je disais au cardinal Ratzinger le 14 juillet dernier : Éminence, voyez-vous, il est très difficile que nous puissions nous entendre, parce que vous, vous êtes pour la diminution du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour que l’on n’en parle pas, pour l’on fasse silence, dans la Société civile que l’on ne parle pas du règne de Notre Seigneur afin que toutes les religions puissent se trouver à l’aise dans nos sociétés et qu’il n’y ait pas seulement Notre Seigneur Jésus-Christ, donc la religion catholique. Il ne faut pas abuser de ce règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ afin que les juifs, les musulmans, les bouddhistes, ne soient pas offusqués par la Croix et par la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. Voilà votre attitude !

Eh bien, pour nous, c’est exactement le contraire. Nous voulons que Notre Seigneur Jésus-Christ règne, parce qu’il est le seul Dieu, parce qu’il n’y a pas d’autre Dieu.

Lorsque nous mourrons et que nous nous trouverons dans l’éternité, il n’y aura pas d’autre dieu qui se présentera à nous que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui sera notre juge. Tu solus Dominus, Tu solus altissimus. Nous l’avons chanté encore il y a un instant dans le Gloria. Il n’y a pas d’autre Dieu. Ce n’est pas Bouddha qui nous recevra au Ciel, ce n’est pas Mahomet, ce n’est pas Luther, c’est Notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui nous a créés, Celui qui fait que nous sommes sur la terre, Celui qui nous a rachetés et Celui qui nous attend dans l’éternité.

Alors nous voulons qu’il règne : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Et Dieu sait si la volonté du Bon Dieu est faite au Ciel. Si elle est faite au Ciel, elle doit être faite sur la terre aussi : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Que votre règne arrive.

Voilà ce que j’enseigne. J’ai dit au Cardinal : Voilà ce que j’enseigne à mes séminaristes et voilà ce qu’ils ont dans le cœur. Ils n’ont qu’un souci, qu’un désir, de faire un apostolat pour le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, dans les âmes, dans les familles, dans la Société. Que Jésus règne partout. C’est cela ! C’est pourquoi il est bien difficile que nous nous entendions. Votre œcuménisme ruine la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et c’est pourquoi le livre que j’ai écrit récemment a pour titre : Ils L’ont découronné, – ils ont découronné Notre Seigneur Jésus-Christ – et donne l’explication de cette situation que nous vivons aujourd’hui.

Mais à cette occasion, il me semble, par une circonstance particulière, je pense peut-être par des instances qui ont été faites par certains cardinaux, certains évêques auprès du Saint-Père pour dire : Mais il faut quand même finir avec cette affaire de la Tradition, avec cette affaire d’Écône ; il faut en finir. Ce ne sont tout de même pas des ennemis de l’Église. Il faut profiter de ces forces vives qui se trouvent dans cette Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour le bien de l’Église. Vous ne pouvez pas laisser cela indéfiniment, alors que tout croule partout.

Lorsque l’on voit et que l’on entend des échos du voyage du Saint-Père aux États-Unis et de la situation de l’immoralité aux États-Unis qui est effarante, même dans les milieux catholiques, même dans les séminaires, inimaginable, absolument inimaginable ! Alors, où va-t-on trouver la renaissance de l’Église ? Pas dans ces séminaires où l’on prône l’homosexualité dans les séminaires. Il faut savoir où l’on va retrouver le vrai sens de la foi, de la vraie vertu de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Alors, je pense qu’il y a eu des instances fortes qui ont été faites auprès de Rome et c’est ainsi que jamais comme le 14 juillet, on nous a présenté des solutions qui sont extraordinaires.

Alors je pense qu’il y a un dialogue nouveau qui s’instaure. Priez, mes bien chers frères, priez pour que ce dialogue aboutisse à une solution qui soit pour le bien de l’Église. Nous ne recherchons pas autre chose. Nous ne recherchons pas le bien de la Fraternité. Il ne s’agit pas de la Fraternité, il s’agit du bien de l’Église, du salut des âmes, du salut des familles chrétiennes, du salut des Sociétés chrétiennes.

Alors nous espérons que dans ce climat nouveau qui s’est instauré depuis quelques semaines, eh bien des solutions nouvelles pourront surgir. C’est un petit espoir. Oh, je ne suis pas d’un optimisme exagéré, parce que précisément ces deux courants qui s’opposent, il est bien difficile de les accorder.

Mais si Rome veut bien nous donner une véritable autonomie, celle que nous avons maintenant, mais avec la soumission... nous voudrions l’avoir, nous l’avons toujours souhaité : être soumis au Saint-Père. Il n’est pas question de mépriser l’autorité du Saint-Père, au contraire, mais on nous a comme jetés dehors parce que nous étions traditionalistes.

Eh bien, si comme je l’ai si souvent demandé, Rome accepte de nous faire faire l’expérience de la Tradition, eh bien, il n’y aura plus de problème. Nous serons libre de continuer le travail que nous faisons maintenant, comme nous le faisions maintenant, sous l’autorité du Souverain Pontife.

Évidemment, cela demande des solutions qu’il faut voir, qu’il faut discuter, qui ne sont pas faciles à régler dans les détails. Mais avec la grâce du Bon Dieu, il est possible que nous trouvions une solution qui nous permette de continuer notre travail, sans abandonner notre foi, sans abandonner cette lumière, cette lumière dont je vous ai parlé, qui était celle de mes quarante ans d’épiscopat, qui est le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous voulons – je dirai – vivre déjà un peu dans le Ciel, puisque nous sommes faits pour aller au Ciel, il faut bien que nous nous y préparions ici-bas. Alors, il faut créer ce climat du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ comme nous allons le trouver lorsque nous mourrons. En espérant que nous serons des membres de ce royaume de Jésus-Christ.

Voilà la situation telle qu’elle se présente. Et puisque aujourd’hui cette Sainte Messe se fait sous le patronage du Cœur Immaculé de Marie, puisque nous avons pris cette messe votive du premier samedi du mois, eh bien demandons à la très Sainte Vierge Marie, mes bien chers amis, mes bien chers frères, demandons que le Bon Dieu fasse que nous puissions contribuer d’une manière officielle, libre et publique, à la construction de l’Église, au salut des âmes, pour l’honneur de Dieu, pour l’honneur de Jésus-Christ, pour l’honneur de l’Église, pour l’honneur de Rome, de la Rome catholique.

Mes bien chers séminaristes, qui avez bien voulu venir ici de Zaitzkofen et de Flavigny et vous chers confrères prêtres qui avez vous aussi fait un long voyage pour venir assister à cette cérémonie, promettez devant Dieu, devant l’Église, de ne pas avoir d’autre but que de tout instaurer en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Que cette devise de notre cher Patron, de notre saint Patron Saint Pie X... c’est la solution de tous les problèmes, problèmes économiques, problèmes politiques, problème moral, problème de toutes sortes, spirituels, tous les problèmes dépendant du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous sommes faits pour vivre en Notre Seigneur Jésus-Christ, avec Notre Seigneur Jésus-Christ, par Notre Seigneur Jésus-Christ, pour aboutir à Lui, puisqu’il est Dieu et que Dieu c’est le Ciel.

Alors je souhaite que vous soyez cette armée et – grâce à Dieu – vous êtes déjà 315 prêtres que j’ai ordonnés depuis (la fondation d’) Écône. Et puis vous êtes – je pense – 280 séminaristes. Ce qui fait une petite armée de 600 soldats de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Vous pouvez être un ferment dans le monde entier, qui fasse ressusciter la Sainte Église, qui lui redonne cette ferveur ; qui lui redonne sa foi ; qui lui redonne son catéchisme ; qui lui redonne ses sacrements ; qui redonne la grâce à ceux qui le désirent et à ceux qui le demandent.

Combien je souhaite que vous soyez fidèles à vos engagements. Et j’avoue que vous êtes, comme le disait saint Paul : Corona mea. Vous êtes ma couronne. C’est moi, pour presque la totalité, qui vous ai ordonnés, vous ai donné la grâce du sacerdoce. Je ne peux pas avoir de plus belle récompense.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

29 septembre 1987       29 novembre 1987

 

 

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