L’indispensable prière en famille

Notre Dame basilica, Alencon, Orne. Chapel dedicated to Saints Louis & Zelie Martin, St. Therese's parents. Picture depicting the Martin family at home.

« Une famille qui prie est une famille qui vit ».

Prier en famille, c’est éta­blir dans la joie des enfants de Dieu une petite com­mu­nau­té chré­tienne qui devient cel­lule d’Église.

C’est dans la famille que les enfants apprennent à prier, et à per­sé­vé­rer dans la prière. Pour les jeunes enfants en par­ti­cu­lier, la prière fami­liale quo­ti­dienne est le pre­mier témoi­gnage de la pré­sence vivante de l’Esprit Saint dans le foyer. La famille chré­tienne est le tout pre­mier lieu d’éducation à la prière !

Qu’est-ce que prier, si ce n’est éle­ver son âme vers Dieu ? Le bap­tême nous fait deve­nir enfant de Dieu, et per­met une rela­tion d’amour filial avec notre Père du Ciel. La prière est ce trait d’union pri­mor­dial avec ce Père pour la vie de notre âme : elle est l’oxygène de notre âme ! Si on ne parle pas à Dieu, la cha­ri­té et la foi s’é­tein­dront peu à peu, et Dieu dis­pa­raî­tra de notre cœur.

Alors, com­ment ani­mer cet amour de notre Créateur ? À quel âge com­men­cer ? Déjà in ute­ro, le tout petit peut bai­gner en Dieu par la prière de ses parents. Au fur et à mesure que les enfants vien­dront, la famille sera for­te­ment impré­gnée par ce cli­mat de prière, qui devien­dra une bonne habi­tude. C’est un pli à prendre, avec un soup­çon de dis­ci­pline et un zeste de volonté.

Le matin

Le matin, il est bon de saluer Dieu, de lui offrir notre jour­née pour vivre sous son regard. On pour­ra lire le psaume 22 ; et si le temps presse, un Notre Père et un acte de cha­ri­té, un Je vous salue Marie et une prière à l’ange gar­dien iront par­fai­te­ment. Ce qui compte, c’est ce pre­mier élan du cœur vers Dieu, se mettre à l’écoute de sa volon­té, le prendre avec nous. C’est un res­sour­ce­ment spi­ri­tuel qui vien­dra pro­vi­den­tiel­le­ment sou­te­nir notre devoir d’état !

Le bénédicité

Le béné­di­ci­té au moment des repas nous relie à nou­veau à Dieu. Chantons cette louange le dimanche, chan­ter détend beau­coup ! Après les repas, si on y pense, remer­cions briè­ve­ment le Seigneur.

Le soir

Le soir, prier sera vrai­ment le moment de recueille­ment pri­vi­lé­gié de la famille : cette prière nous aban­donne aux mains du Seigneur ! Elle apaise après une jour­née de tra­vail, elle sou­lage si nous avons des sou­cis, elle régé­nère notre âme en pro­fon­deur. Merci pour les évé­ne­ments heu­reux de la jour­née, par­don pour les péchés (faire un exa­men de conscience), lire par exemple le psaume 4, chan­ter un beau chant à la Vierge Marie… L’ensemble peut ne durer que sept minutes. Ne pré­tex­tons pas la fatigue pour échap­per à la prière du soir, bien au contraire, elle délasse ! Et tant pis si le der­nier s’agite ou si le télé­phone sonne, car se mettre en pré­sence de Dieu, c’est déjà prier. Prions donc avec nos enfants en famille, bien régu­liè­re­ment et quo­ti­dien­ne­ment, et sur­tout avec sim­pli­ci­té. Demandons au Saint-​Esprit son don de pié­té, il nous exaucera !

Difficultés

Dans la pra­tique, des dif­fi­cul­tés sur­gissent. Danger de la rou­tine ? Confions à cha­cun à tour de rôle la pré­pa­ra­tion de la prière, dès 7 ans, avec des livres et albums à dis­po­si­tion : les enfants en sont très fiers, cette varié­té évi­te­ra l’ennui et la perte de moti­va­tion ; rac­cour­cis­sons au besoin ; per­son­na­li­sons avec des inten­tions par­ti­cu­lières. Mise en route dif­fi­cile ? Prévenons à l’avance du moment de la prière. Agitation ? Faire preuve de calme, ne pas jeter de l’huile sur le feu, évi­ter le conflit. Grande dif­fé­rence d’âge entre les enfants ? Pourquoi ne pas faire une prière avec les petits juste avant de les cou­cher, et ensuite une autre avec les plus grands ?

Certains deve­nus grands ne veulent plus y prendre part ? N’y voyons pas un échec, il y a un moment où ils peuvent res­sen­tir ce besoin tout à fait natu­rel de prier per­son­nel­le­ment. Prier matin et soir nous affole ? Mettons-​nous à genoux et deman­dons : « Seigneur, apprenez-​nous à prier ! » Lui fera le reste.

Souvenons-​nous sou­vent que la prière rend fon­da­men­ta­le­ment heu­reux. Elle nous affer­mit dans la foi, l’espérance et la cha­ri­té, pour don­ner cette indi­cible joie inté­rieure, et cette paix propre aux enfants de Dieu, entre époux, entre parents et enfants, entre frères et sœurs. Prier en famille chaque jour, c’est appor­ter une pierre à l’édifice d’amour du foyer chré­tien, cel­lule d’Église. Pie XII disait : « une famille qui prie est une famille qui vit ».

Source : Apostol n°207 Image : Godong