Sanctifier le dimanche

« Dépêchez-​vous, les enfants ! ». Les por­tières claquent, la voi­ture s’éloigne, les voi­sins ne sont plus dupes : « Voilà les Untel qui partent pour la messe ! » 

Depuis les ori­gines du chris­tia­nisme, les dis­ciples de Jésus ont pris l’habitude de se réunir le dimanche. Nos ras­sem­ble­ments domi­ni­caux d’aujourd’hui conti­nuent cette longue tra­di­tion qui remonte aux temps apos­to­liques. Le dimanche, pre­mier jour de la semaine, jour où Notre Seigneur est res­sus­ci­té d’entre les morts ? Les chré­tiens le célèbrent et le chantent, dans la com­mu­nion de toute l’Église !

Il y a peu, le rôle social du dimanche était plus fort. Il a aujourd’hui per­du cette place pré­pon­dé­rante, suite à l’affaiblissement de la foi et de la pra­tique reli­gieuse, la  pri­va­ti­sa­tion de la vie chré­tienne, la mobi­li­té des gens, la ten­dance à choi­sir sa paroisse comme à la carte… Devant une telle situa­tion, contri­buons au bien de la socié­té et de la com­mu­nau­té chré­tienne, en redé­cou­vrant la signi­fi­ca­tion du dimanche, lui redon­nant toute sa place.

Le dimanche est le jour du Christ, Seigneur res­sus­ci­té, et du don de l’Esprit. C’est en effet un dimanche que le Seigneur a retrou­vé la vie, sor­tant vivant du tom­beau, vain­queur du péché et de la mort.

C’est aus­si un dimanche que le Père et le Fils ont fait don du Saint-​Esprit à l’Église pour la gar­der dans la véri­té, la diri­ger et la sanc­ti­fier. L’Esprit est l’âme de l’Église ; il est sa vie, il est pour elle comme notre âme pour notre corps. voi­là pour­quoi les Apôtres ont déci­dé de dépla­cer le jour de Dieu du same­di au dimanche !

Le dimanche est aus­si le jour de l’Église, jour où tout le Corps ecclé­sial du Seigneur se ras­semble pour la messe, sacri­fice du Christ et de toute l’Eglise. Ce sont bien tous les fidèles bap­ti­sés, unis dans la prière, qui offrent le Sauveur du monde au Père des cieux, avec le prêtre et par le prêtre. En retour, le Père bénit l’assemblée et lui donne son Fils en nour­ri­ture. Quelle gran­deur ! Quelle merveille !

Le dimanche est le jour des jours. Il révèle le sens du temps, il est une fête, il pré­fi­gure le jour final du retour du Christ, à la fin du monde. Que nous rappelle-t-il ?

Notre condi­tion humaine. Il nous ramène à l’essentiel de notre état d’enfant de Dieu. Il nous remet devant les grandes véri­tés sur Dieu et sur nous !

Le dimanche est enfin un jour de joie, de calme et de repos, sur­tout en famille. Il doit être l’occasion d’une rup­ture avec le tra­vail et le rythme habi­tuel des occu­pa­tions de la semaine. « Le repos domi­ni­cal est un droit du tra­vailleur à faire garan­tir par l’État », écri­vait Léon XIII dans l’encyclique Rerum Novarum. C’est un temps fort de la vie de famille, où l’amour et la paix doivent domi­ner, pour souf­fler et se ressourcer !

Pour une famille chré­tienne, l’assistance à la messe du dimanche est au cœur de sa vie, et de la vie de l’Église. Les parents doivent y par­ti­ci­per avec leurs enfants, les for­mant à bien la suivre, et leur mon­trant le motif pro­fond du carac­tère obli­ga­toire du pré­cepte : ado­rer et remer­cier le Bon Dieu pour ses bien­faits, lui offrir Jésus avec nous-​mêmes, lui deman­der par­don et obte­nir ses grâces !

L’après-midi, on peut com­bi­ner loi­sir, sport et pié­té. Pourquoi pas assis­ter aux vêpres lorsque cela est pos­sible ? Pourquoi pas une acti­vi­té spor­tive pour délas­ser le corps ? Pourquoi pas pro­fi­ter du repos domi­ni­cal pour se rendre dans des sanc­tuaires où vivre une expé­rience de foi plus intense ? Plus géné­ra­le­ment, les pré­oc­cu­pa­tions et les tâches quo­ti­diennes doivent lais­ser place aux valeurs de l’esprit. Les beau­tés mêmes de la nature peuvent être redé­cou­vertes et pro­fon­dé­ment appréciées.

Enfin, le dimanche est un jour pro­pice aux œuvres de misé­ri­corde et d’apostolat. Il peut arri­ver que, dans son voi­si­nage ou par­mi ses connais­sances, il y ait des malades, des per­sonnes âgées, des enfants qui, pré­ci­sé­ment le dimanche, res­sentent plus vive­ment encore leur soli­tude, leur pau­vre­té, leur souf­france. Pourquoi pas, à l’occasion, invi­ter à sa table une per­sonne seule, visi­ter un malade, don­ner à man­ger à une famille dans le besoin ? C’est ain­si que le dimanche, jour de prière, de com­mu­nion et de joie, se reflè­te­ra sur les familles et les socié­tés, semant des exemples et des graines de foi et d’espérance !

Source : Apostol n°208, juin 2026.