Mgr Bux, ami de Benoît XVI, apporte son soutien moral aux signataires de la Correctio filialis

Mgr Nicolas Bux [1] déclare que, dans un tel cas d’af­fai­blis­se­ment de la Foi, les Chrétiens « doivent expri­mer leur oppo­si­tion avec le res­pect qui lui est dû. L’autorité du Pape dans l’Église ne doit pas être confon­due par erreur avec un pou­voir abso­lu ». Le pré­lat Italien espère que les pro­po­si­tions sépa­rées du car­di­nal Gerhard Müller et du car­di­nal Pietro Parolin pour une dis­cus­sion plus appro­fon­die sur ces ques­tions seront prises en compte par le Souverain Pontife.

Un ami de longue date du Pape Émérite Benoît XVI, Mgr Nicola Bux [Photo ci-​dessus], a éle­vé à plu­sieurs reprises [2] sa voix « néo-​conservatrice » à l’é­gard de la crise actuelle dans l’Église Catholique. Il réci­dive dans une décla­ra­tion qu’il a faite dans un entre­tien du 5 octobre 2017 don­né au site Italien La Fede Quotidiana.

Dans ce nou­vel entre­tien, le pré­lat com­mente la Correctio Filialis, la cor­rec­tion filiale au Pape François publiée le 24 sep­tembre der­nier, à pro­pos de ses décla­ra­tions dans l’ex­hor­ta­tion apos­to­lique Amoris Laetitia.

Pour Mgr Bux, ce docu­ment filial « cor­res­pond à l’in­vi­ta­tion au dia­logue, à plu­sieurs reprises invi­tée par le Pape lui-​même ». Le Pape « a appe­lé à une confron­ta­tion loyale » explique le prêtre qui a été col­la­bo­ra­teur du Pape Benoît XVI pour le Motu pro­prio Summorum Pontificum.

De plus, Mgr Bux sou­ligne que « le droit cano­nique recon­naît que les fidèles ont le droit — et par­fois même le devoir — d’ex­pri­mer leurs pen­sées aux ber­gers pour le bien de l’Église ». Les « ber­gers eux-​mêmes ne sont pas infaillibles » ajoute-​t-​il. Les fidèles sont obli­gés d’o­béir au Pape lors­qu’il enseigne « de manière défi­ni­tive » une doc­trine de la Foi ou de morale. La même obli­ga­tion s’ap­plique aux docu­ments non faillibles, c’est-​à-​dire « aux actes du Pape visant à rendre plus clairs cer­tains aspects de la Foi et de la morale révé­lées par Dieu ».

« Cependant, ajoute Mgr Bux, quelqu’un n’a pas à obéir quand les ber­gers, et sur­tout le Pape, au lieu de ren­for­cer [la Foi], affai­blissent la Foi des Chrétiens avec leurs pen­sées, leurs paroles ou leurs actions ». Il semble faire ici une réfé­rence indi­recte à la Correction filiale qui cite expli­ci­te­ment non seule­ment Amoris Laetitia elle-​même, mais éga­le­ment d’autres paroles et actions du Pape outre ce docu­ment officiel.

Mgr Bux n’é­tant pas lui-​même un « un théo­lo­gien moral », il pré­cise éga­le­ment que les nom­breux appels, décla­ra­tions et dubia concer­nant Amoris Laetitia indiquent qu”« une cla­ri­fi­ca­tion est néces­saire ». « On a trou­vé non seule­ment des erreurs théo­lo­giques et des ambi­guï­tés mais aus­si celles de nature phi­lo­so­phique et logique » explique-​t-​il. Certaines des erreurs phi­lo­so­phiques et logiques et des ambi­guï­tés d’Amoris Laetitia ont été très bien expli­quées sans cesse par le Professeur Josef Seifert [3].

Il carac­té­rise la réac­tion défa­vo­rable à la cri­tique d’Amoris Laetitia comme « un débat jugé imper­ti­nent parce qu’on ne veut pas répondre aux argu­ments de fond ». Amoris Laetitia cause beau­coup de confu­sion quant à son appli­ca­tion, notam­ment dans le cas des per­sonnes divor­cées et rema­riées et de leur accès à la Sainte Communion ».

Il insiste for­te­ment sur le fait que le Pape a « le devoir de pré­ser­ver la Foi telle qu’elle a été confiée à l’Église » et qu’il doit « la pro­cla­mer de sorte que, de nos jours, les gens peuvent se conver­tir au Christ et ne demeurent donc pas incrédules.

Le pré­lat Italien rap­pelle aus­si la mis­sion ultime de la hié­rar­chie Catholique, qui n’est pas de résoudre des « pro­blèmes poli­tiques », mais plu­tôt « de pro­cla­mer l’Évangile et d’ad­mi­nis­trer les Sacrements [4] ». La mis­sion du pré­lat Catholique est « d’ho­no­rer Dieu et de sau­ver les âmes ».

Il conclue en reje­tant l’i­dée d’une Église « dans laquelle tout le monde, sans néces­sai­re­ment se conver­tir à Jésus-​Christ et indé­pen­dam­ment des Dix Commandements, conti­nue à vivre comme il veut ».

Sources : La Fede Quotidiana /​one­pe­ter­five /​dieuet­moi­le­nul

Notes de bas de page

  1. Mgr Nicolas Bux, consul­teur de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, de la Congrégation pour le culte divin et la dis­ci­pline des sacre­ments, pro­fes­seur de litur­gie et de théo­lo­gie sacra­men­taire et consul­teur au Bureau des Célébrations litur­giques du Souverain Pontife. On se sou­vient de son adresse du 19 mars 2012 « Lettre de Mgr Bux à Mgr Fellay et aux prêtres de la FSSPX ».[]
  2. Lire : Don Bux : « L’Église n’est pas un concile per­ma­nent » – 10 juillet 2012[]
  3. Voir : Entretien avec Mgr Schneider sur le Pr Seifert, le car­di­nal Caffarra et le devoir de résis­tance – 17 sep­tembre 2017[]
  4. Souvenons-​nous que Mgr Bux est l’au­teur de « Comment aller à la Messe sans perdre la foi ? » (Avril 2011 – « Como andare a mes­sa e non per­dere la fede »). Titre euphé­mi­que­ment tra­duit en fran­çais par « La foi au risque des litur­gies » (sic).[]