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Lettre sur les vocations n° 28 d’avril 2020

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Le mot du Supérieur du District de France


Ordination au sous-diaconat au séminaire de Dillwyn (USA), avril 2020

Imitez-moi

« Imitez-moi », répétait le grand Apôtre saint Paul. Cette imitation ne saurait évidemment être celle d’Apôtre, car c’est sa grâce particulière. Il a dit lui-même aux Corinthiens : « Certains reçoivent des dons particuliers. » Après sa conversion extraordinaire, saint Paul se rend à Jérusalem pour être reconnu comme tel par saint Pierre, le chef des Apôtres. Il n’est pas étonnant que tous aient tenu d’abord en suspicion cet ancien persécuteur. C’est Barnabé qui l’a aidé à vaincre ce doute et l’a conduit à Pierre et à Jacques. Et il est bien reconnu comme tel.

Mais saint Paul n’a pas seulement été appelé comme les autres Apôtres, il a été converti. Il est le premier grand converti choisi pour porter au loin la doctrine du Christ ; sa mission doctrinale est le rayonnement prodigieux de cet instant plus prodigieux de sa conversion intérieure. Converti sur le chemin de Damas alors qu’il allait persécuter les chrétiens, Jésus lui apparaît : « C’est moi que vous persécutez – Seigneur que voulez-vous que je fasse ». Dès lors son zèle est intrépide. Et il importe de connaître sa vie et ses voyages apostoliques pour découvrir la puissance de la grâce divine. Qui pourrait rester indifférent à la lecture de sa vie et surtout de ses écrits ! C’est vrai qu’il est quelquefois un peu difficile, saint Pierre lui-même l’avoue. Mais malgré tout, quel enthousiasme, quelle flamme, quelle chaleur, quelle ardeur, quelle fougue, quelle passion et quelle allégresse, quelle joie, quel engouement, quel transport dans toutes ses lettres. Rien ne peut plus arrêter cet Apôtre, rien comme il le dit lui-même : ni la mort ni la vie ni les anges ni les choses présentes ni les futures ni la violence ne pourra l’arrêter. Et pourquoi ? Parce que la charité le brûle et ce n’est pas un vain mot. La charité, c’est Jésus-Christ en personne qui l’a saisi une fois pour toutes. « Imitez-moi », dit saint Paul. Il nous invite, comme son très cher disciple Timothée, à prêcher Jésus-Christ.

Aujourd’hui le brouillard de l’erreur et du mensonge obscurcit tout sous un nuage épais. Comment ne pas entendre les accents de cet Apôtre et ne pas vouloir faire comme lui : éclairer les intelligences de la vraie lumière, Jésus. Cette lumière qui l’a ébloui, lui le premier. Il a prêché partout, à temps et à contretemps, devant des consuls, des sages d’Athènes et de Rome, dans les tribunaux, aux maîtres et aux esclaves, aux femmes et aux hommes. Partout il a annoncé la Bonne Nouvelle sans aucun respect humain : « Pourvu que Jésus-Christ soit annoncé en quelque manière que ce soit je m’en réjouis et m’en réjouirai toujours ». Cet Apôtre intrépide va même jusqu’à dire : « Jésus-Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais pour prêcher l’Evangile et le prêcher sans employer la sagesse de la parole ». Il a donc bien raison de dire « imitez-moi ». N’est-ce pas l’injonction même du Maître : « Allez enseigner toutes les nations ». Et le Maître appelle des moissonneurs à sa moisson. Rien ne sert d’être maître en science profane si l’on n’a pas la sagesse du Christ. Tout savoir et ne pas savoir Jésus-Christ, c’est ne rien savoir, mais savoir Jésus-Christ, c’est tout savoir.

« Imitez-moi » dit saint Paul, car sa prédication a la simplicité de la vertu divine. Sa simplicité est même moquée. Et pourtant. Elle révèle la Sagesse divine : « Nous vous prêchons une sagesse qui est cachée, que les princes de ce monde n’ont pas reconnue. » C’est Jésus-Christ lui-même qui n’a nullement besoin de notre éloquence. Il est la lumière éternelle dont le monde a tant besoin. La sagesse de Paul n’est pas la sagesse du monde. Ce n’est pas la sagesse qui s’acquiert par les forces naturelles de la raison, mais celle qui est donnée d’en Haut. « Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, qui est Jésus-Christ ».

Mais d’où vient donc cette flamme de l’Apôtre ? Il l’a sans cesse répété. C’est la folie de la Croix. Voilà le grand cri de saint Paul et qu’il faut redire sans cesse. « Imitez-moi ». Les émouvants accents de l’épître aux Philippiens manifestent cet amour fou. « Tout me semble une perte au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour l’amour duquel je me suis privé de toutes choses, les regardant comme des ordures afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui. » « Jésus-Christ est ma vie. » On connaît aussi ce cri du coeur aux Galates : « Je vis ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus- Christ qui vit en moi et si je vis maintenant dans ce corps mortel, j’y vis en la foi du Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même à la mort pour moi. » Tout est dit. Mais Jésus s’est livréaussi pour chacun d’entre nous ; il est bon alors de vouloir suivre l’Apôtre et de l’imiter.

Il est vrai que « les jours sont mauvais » comme dit encore saint Paul aux Ephésiens, mais raison de plus pour suivre l’Apôtre. « Imitez-moi » dit-il, et pourtant il sait les difficultés de l’entreprise. Il connaît mieux qu’un autre quelle est la carrière d’un disciple du Christ. Il dit aux Corinthiens : « Quand je devrais passer pour imprudent, j’ose dire que je le suis encore plus que les autres. J’ai plus souffert de travaux, plus reçu de coups, plus enduré de prisons. Je me suis souvent vu tout près de la mort. » C’est dans cette épître que saint Paul trace le célèbre tableau de la vie apostolique où sa parole déborde d’amour et de contemplation de Jésus qu’il a persécuté : « L’amour de Jésus nous presse, persuadés comme nous sommes, qu’un seul est mort pour tous. »

Il est bien possible que « la sottise, l’erreur, le péché, la lésine, occupent nos esprits et travaillent nos corps, et que nous alimentions nos aimables remords, comme les mendiants nourrissent leur vermine », mais il est temps d’ouvrir les yeux et de laisser dilater son cœur pour entendre peut-être l’appel de Jésus. « Mes frères, vous savez qu’il est déjà l’heure de vous réveiller du sommeil… revêtons-nous des armes de lumière. »

Il nous reste à écouter saint Paul pour nous détacher des biens de ce monde et suivre le Maître, le Sacré-Coeur. « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secouru en temps opportun ».

Abbé Benoît de Jorna † , Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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Croisade des enfants pour les vocations 2020

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