logos-lpl-separator-blc

Sermon de Mgr Lefebvre – Jeudi Saint, Messe chrismale – 27 mars 1975

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp

 

Mes bien chers frères,

Je voudrais simplement, en quelques mots, vous donner une signification de cette cérémonie si sainte dans l’Église de Notre Seigneur, que celle de la bénédiction des saintes Huiles.

Dans sa sagesse Notre Seigneur a voulu se servir de choses matérielles, de choses temporelles pour nous communiquer sa grâce, pour nous communiquer son Esprit Saint. Et Il a voulu choisir les choses les plus simples et les plus communes : l’eau, le pain, le vin, l’huile, choses qui sont les plus habituelles dans l’usage de la nourriture, dans l’usage des soins que les hommes peuvent prendre de leur corps.

Et l’huile en particulier qui de tout temps a déjà été utilisée même dans les religions païennes. Notre Seigneur a voulu que l’huile d’où son nom même, le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ porte la signification, car Christ veut dire oint, c’est-à-dire recouvert – si l’on peut dire – de l’huile.

Et Notre Seigneur a voulu choisir cette huile encore parce qu’il me semble qu’il l’a sanctifiée d’une manière particulière lorsqu’il était au Jardin des Oliviers. Quand on songe que ces oliviers ont été les témoins de son agonie (…inaudible…) là aussi la signification de la Sainte Passion de Notre Seigneur qui a été l’origine de toutes nos grâces sont également une raison de la sanctification de cette Huile sainte que nous allons bénir et consacrer dans quelques instants.

Et la signification des saintes Huiles, dans l’usage que l’on en fait en général, l’huile éclaire, l’huile fortifie, l’huile guérit, soigne ; l’huile éclaire. Et c’est bien le signe de Notre Seigneur. Notre Seigneur nous éclaire par son Verbe, par son Évangile, par la foi qu’il nous demande d’avoir dans son Évangile. Notre Seigneur éclaire nos intelligences, éclaire nos cœurs, nos âmes. Il suscite en elles l’espérance du Ciel.

L’huile donne aussi la force. Et Notre Seigneur par sa grâce, nous donne la force de vaincre les difficultés et les obstacles qui se présentent sur notre chemin pour atteindre la vie éternelle, qui est notre but, qui est l’objet de nos désirs.

Et enfin, l’huile guérit. Et Dieu sait si nous avons besoin d’être guéri de nos fautes, de nos péchés, de nos mauvaises tendances.

Voyez avec quel soin Notre Seigneur a voulu choisir les éléments qui seraient la cause instrumentale, qui seraient le canal par lequel passerait la grâce du Saint-Esprit. Car ces huiles, lorsqu’elles seront consacrées, on peut le dire – d’une certaine manière – contiennent vraiment le Saint-Esprit.

Et Notre Seigneur a eu cette condescendance de nous faire ressentir par des signes sensibles que la grâce nous était donnée. Notre Seigneur sait parfaitement de quoi nous sommes composés, d’âmes et de corps et que nous avons besoin de voir, que nous avons besoin de toucher, que nous avons besoin de sentir, pour être persuadés que l’action divine s’exerce en nous.

Remercions le Bon Dieu de nous avoir donné, d’avoir choisi tous ces éléments qu’il a créés Lui-même, pour être l’instrument de sa grâce. Et rappelons-nous que nous devons tous, plus ou moins, quand nous avons besoin de transporter ces saintes Huiles ou de les employer pour la sanctification des fidèles, d’avoir un très grand respect pour ces Huiles qui sont consacrées.

Voyez comment la cérémonie va se dérouler, avec quel respect l’évêque, les prêtres, saluent ces saintes Huiles et les vénèrent. Que cette vénération ne soit pas seulement au cours de la cérémonie liturgique, mais qu’elle soit aussi pour leur conservation et pour leur usage.

C’est ainsi que Notre Seigneur prolonge un peu son humanité à travers ces éléments. Car c’est Lui qui est la cause de toutes grâces et surtout par sa Passion, C’est pourquoi, il convenait que ce fut au temps de sa Passion que fussent consacrées ces saintes Huiles. C’est donc comme un prolongement de l’humanité de Notre Seigneur qui demeure au milieu de nous, afin de nous donner ses grâces.

Demandons donc aujourd’hui à Notre Seigneur de façon particulière de nous donner le grand désir de recevoir ces onctions qui devraient exciter en nous la grâce qui nous a été donnée par ces onctions que nous avons déjà reçues au moment de notre baptême et au moment de la confirmation, en attendant que vous receviez le sacerdoce.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.