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Le Christ a-t-il vraiment blasphémé ?

Pour le comprendre, rappelons-nous une anecdote qui s’est déroulée en l’an 12 après J.-C., dans le temple de Jérusalem.

A chaque fois que Notre-Seigneur affirme sa divinité, les pharisiens le traitent de blasphémateur. Les juifs refusent de reconnaître la divinité du Messie. Jésus, pour eux, n’est qu’un homme. En cela, les juifs commettent une des erreurs les plus graves de toute l’histoire de l’intelligence humaine. Ils se trompent sur l’une des vérités les plus fondamentales de la religion.

Pour bien le comprendre, rappelons-nous une anecdote qui s’est déroulée en l’an 12 après J.-C., à Jérusalem, dans le temple, quelques jours après la fête de Pâques. Tous les pèlerins sont rentrés chez eux après les festivités. Tous, sauf un enfant de 12 ans. Il est assis au milieu des docteurs de la loi et leur pose des questions.

– Maîtres, leur demande-t-il, lorsque le Messie viendra, sera-t-il l’égal de Dieu ?

– Bien sûr que non, mon petit, répond un scribe. Lorsqu’un simple homme se prétend Dieu, il se rend coupable du plus grave blasphème et mérite d’être lapidé. Le Messie n’aura pas la témérité de se prétendre Dieu.

– Mais alors, demande l’enfant avec candeur, comment faut-il comprendre ce passage du prophète Isaïe au sujet de Messie : « un petit enfant nous est né, un fils nous est donné, Dieu fort ». Le Messie sera donc Dieu ? 

Les docteurs de la loi se regardent, perplexes.
– Il est vrai, dit l’un d’eux, que le texte d’Isaïe est clair, sans équivoque. Cependant, il y a peut-être une autre interprétation possible…

L’enfant reprend :
– Et le 2e psaume de David, comment faut-il le comprendre ? On y entend Dieu dire au Messie : « tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré ». Est-ce que cela veut dire que le Messie est le Fils de Dieu ?

Un silence embarrassé règne dans le temple. L’enfant en profite pour insister :
– Si le Messie est vraiment fils de Dieu, alors il est Dieu lui-même, parce qu’un fils a même nature que son père. Cela viendrait confirmer ce que dit Isaïe. Autrement dit, le messie aura la nature divine. Nul ne réplique. L’un des scribes, humilié, se dit alors en lui-même : nous sommes docteurs en Israël et nous sommes incapables de répondre à un gamin !

L’enfant poursuit :
– Le Messie est-il le fils de David ?

– Oui, répondent les docteurs avec assurance. C’est certain, c’est annoncé par les prophètes, le messie sera un descendant du roi David.

– Alors pourquoi, dans le psaume 109, David appelle-t-il le Messie Seigneur ? on n’appelle pas Seigneur son fils. On appelle Seigneur quelqu’un de plus digne que soi. Le Messie aura-t-il donc une nature plus digne que celle du roi David ?

Dans le silence du temple de Jérusalem, l’enfant interroge à nouveau :
– Comment Dieu peut-il promettre au sujet du roi Salomon : « j’établirai à jamais le trône de son royaume » ? Le royaume de Salomon n’a-t-il pas connu une fin ?

Les docteurs de la loi répondent :
– D’après toute notre tradition, ce passage est messianique. Cette promesse ne se réalisera parfaitement que dans le messie.

– Mais alors, reprend l’enfant, cela veut dire que le messie sera un roi dont le règne n’aura pas de fin ?

– Exactement, répondent les docteurs.

– Or, ajoute l’enfant, Dieu est le seul roi éternel. Tous les règnes humains ont une fin. Mais si le Messie est éternel, c’est qu’il est Dieu, n’est-ce pas ? Et dans le psaume 44, pourquoi l’auteur s’adresse-t-il au Messie en disant : « O Dieu, votre Dieu vous a oint d’une huile d’allégresse » ? Y aurait-il deux personnes divines, l’une qui envoie le messie, et l’autre qui est le Messie lui-même ?

– Non mon petit, c’est impossible, réplique un docteur. Il n’y a qu’un seul Dieu, c’est une certitude absolue. Dieu a suffisamment puni nos ancêtres pour avoir sombré dans le polythéisme. L’unité de Dieu ne se discute pas. Deux dieux, ce n’est pas possible !

– D’accord, répond l’enfant, mais toutes ces prophéties annonçant la divinité du Messie, ne faut-il pas les interpréter en disant qu’il y a un seul Dieu en plusieurs personnes ?

Les docteurs de la loi sont perplexes. Ils ne savent que répondre. Soudain, une dame arrive, accompagnée de son mari. Ils viennent chercher leur fils. Une fois l’enfant parti, les savants juifs se demandent les uns aux autres : mais qui est donc ce petit si intelligent, si profond et si savant ? D’où lui vient cette connaissance si précise des textes sacrés ?

Les docteurs ne savaient pas qu’ils avaient en face d’eux la Sagesse incarnée, le Fils de Dieu et le Messie en personne, celui qui pourra affirmer vingt ans plus tard, en toute vérité : « Avant qu’Abraham fut, je suis ». « Le Père et moi, nous sommes un ». Et donc la dame qui, après trois jours d’angoisse, a retrouvé son fils dans le temple, c’est en toute vérité la mère de Dieu.

A toutes les questions posées aux docteurs de la loi, il n’y a qu’une réponse possible, mystérieuse mais certaine : le Messie est le Fils de Dieu, il possède la plénitude de la divinité, il est non seulement vrai homme, mais aussi vrai Dieu. Voilà la vérité que les juifs du temps de Jésus ont refusée. Voilà la vérité que les juifs du 21e siècle refusent toujours, de même que les musulmans, les témoins de Jéhovah, certains protestants et plusieurs modernistes.

Seigneur Jésus, nous croyons que vous êtes vrai homme et vrai Dieu. Nous croyons que dans votre unique personne sont unies la nature divine et la nature humaine.

Abbé Bernard de Lacoste

FSSPX

Écône
Chemin du Séminaire 5, 1908 Riddes, Suisse
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