logos-lpl-separator-blc

Le terrorisme dans la Capitale

La Révolution a répandu la mort dans toute la France, avant de l’exporter avec les guerres napoléoniennes. Mais c’est bien depuis Paris, siège des gouvernements successifs, que se décident les lois qui font entrer la France dans une dictature liberticide.

Le roi Louis XVI a été amené de force aux Tuileries dès octobre 1789. Et en 1792, date à partir de laquelle Evelyne Lever étudie les événements de la Révolution dans la capitale, tout est en place pour l’abolition de la monarchie et l’extermination des opposants à toute forme de maintien des institutions de ce que l’on appellera l’Ancien Régime.

Le tournant de l’année 1792 a lieu le 10 août. Ce jour-là, le siège et l’assaut des Tuileries donné par des factions organisées aboutissent à une rupture sans retour. Un massacre scelle dans le sang la naissance de la future République. C’est la fin de la monarchie de droit divin, nourrie d’un désir de vengeance contre un roi qui, évacué à l’Assemblée durant les tueries qu’il a voulu empêcher, symbolise la religion devenue haïssable. De cet assaut des Tuileries découleront des rumeurs fantaisistes qui donneront prétexte aux massacres des prisonniers de droit commun et de près de 500 prêtres et évêques au début du mois de septembre 1792. C’est aussi en raison de la décision de mettre fin à la monarchie que la République sera proclamée suite à l’élection bien peu démocratique des députés de la nouvelle assemblée, la Convention, le 20 septembre 1792. Girondins et Montagnards, se partagent la vie politique au-dessus d’un Marais prêt à tous les compromis. C’est de cette Assemblée qui survivra jusqu’en 1795 qu’émergera la Terreur, fruit naturel de la haine de la monarchie.

L’auteur de cette étude qui se lit comme un roman expose avec précision l’enchaînement des événements et rappelle les étapes de la mise en place de la dictature qui enchaîne les exécutions et l’élimination des factions d’opposants.

La calomnie, la délation, l’invention de complots et la crainte d’être trouvé trop modéré contribuent à rendre les hommes toujours plus cruels et sanguinaires pour leurs anciens alliés ou comparses. Jusqu’au 9 Thermidor (27 juillet 1794), date du renversement de la faction de Robespierre et son arrestation, on assiste à la surenchère d’esprit républicain, aux jeux dangereux du pouvoir et des alliances entre Danton et Robespierre, puis entre Fouché et Robespierre et de bien d’autres figures.

L’étude des événements de la Révolution et particulièrement ceux de la Terreur constitue une source de leçons à tirer pour comprendre les méthodes qui ont, depuis lors, été effectives dans toutes les révolutions fomentées à travers le monde. On les voit subsister sous des formes simplement actualisées dans les dictatures contemporaines de notre société mondialisée.

Abbé Philippe Bourrat

Source : Le Chardonnet n°363

Livre : Paris sous la Terreur, Evelyne Lever, Éditions Fayard – 2019, 334 pages – 23 €

FSSPX

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
fraternité sainte pie X

Articles en relation