17 juillet 521

Saint Antoine de Lérins

Né en Pannonie, actuel­le­ment la Slovénie, et mort vers 525 à Lérins.

Saint Antoine[1] naquit en Pannonie Inférieure, ancienne pro­vince romaine cor­res­pon­dant à la par­tie sep­ten­trio­nale de la Croatie aux confins de la Hongrie. Notre grand saint Martin, au siècle pré­cé­dent, était ori­gi­naire de Pannonie.

Saint Antoine était fils d’un notable dénom­mé Secondin, et avait huit ans lorsque son père décé­da. Son oncle pater­nel était l’évêque de Constance, cité pour lors en royaume bur­gonde, aux confins de l’Alémanie.

Saint Séverin, qui avait été moine dans l’Empire d’Orient, vint au milieu du cin­quième siècle évan­gé­li­ser le Norique et la Bavière, à l’ouest de la Pannonie, ren­con­tra le petit Antoine, vit en lui les béné­dic­tions du Ciel et pro­phé­ti­sa qu’il devien­drait un grand ser­vi­teur de Dieu.

Saint Séverin décé­da le 8 jan­vier 482, avant que toutes ces contrées ne soient dévas­tées par les Huns qui don­ne­ront leur nom à la future Hongrie.

Saint Antoine, quant à lui, gagna, vers 482, la cité de Constance auprès de son oncle. De là, il tra­ver­sa l’Helvétie pour gagner la Valteline, région ita­lienne à l’est du lac de Côme, où se trou­vait Marius, prêtre renom­mé sous la conduite duquel il crût dans la vertu.

Comme on vou­lut l’élever aux Ordres sacrés, il s’enfuit de là sur une mon­tagne alpine du Milanais, non loin de Côme, semble-​t-​il, où se trou­vait le tom­beau de saint Fidèle, sol­dat mar­tyr le 28 octobre 304, véné­ré par deux ermites qui admirent saint Antoine dans leur ermitage.

Les deux ermites décé­dèrent et saint Antoine demeu­ra à l’ermitage dans le jeûne, la prière, sans se ména­ger de repos.

Un jour, un homme habillé en ermite lui deman­da et reçut l’hospitalité. Dieu fit voir à saint Antoine qu’il s’agissait d’un scé­lé­rat qui fuyait la jus­tice, aus­si Antoine le renvoya.

La répu­ta­tion que saint Antoine eut auprès des visi­teurs l’obligea à se reti­rer encore plu­sieurs années sous une roche. Là encore il fut décou­vert, et on accou­rut de toutes parts…

Il se diri­gea alors vers le monas­tère de Lérins. Grâce à la clô­ture monas­tique, les popu­la­tions ne pou­vaient plus le solliciter.

Les céno­bites admi­rèrent en saint Antoine la per­fec­tion de sa vie qui mani­fes­te­ment les sur­pas­sait. Après deux années pas­sées au monas­tère de Lérins, Antoine ren­dit son âme à Dieu un 28 décembre, vers l’année 520[2]. Ce jour étant deve­nu la fête des saints Innocents, le dio­cèse de Fréjus fête, selon le rite tra­di­tion­nel, saint Antoine de Lérins le 30 décembre.

Saint Antoine est nom­mé au Martyrologe Romain qui men­tionne sa célé­bri­té en rai­son de ses miracles.

Saint Magnus Félix Ennode, évêque de Pavie de 514 jusqu’à son décès le 17 juillet 521, et grand poète, eut le temps d’écrire la vie de saint Antoine de Lérins. Le monas­tère de Lérins relate aus­si dans sa chro­nique la vie de ce saint cénobite.

Abbé L. Serres-Ponthieu

Notes de bas de page

  1. Plusieurs saints Antoine illus­trèrent l’Histoire : souvenez-​vous d’abord du saint prêtre Antoine qui bap­ti­sa saint Tropez sous Néron, Etoile de la Mer de mai 2013 ; les plus connus sont saint Antoine d’Egypte, Abbé fêté le 17 jan­vier, et, saint Antoine de Padoue, né à Lisbonne, fêté le 13 juin. []
  2. A cette époque, saint Cyprien était évêque de Toulon, et saint Césaire, arche­vêque d’Arles.[]