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Les insolites de LPL

   Sermon de Mgr Lefebvre - Noël - 25 décembre 1975

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Sermon de Mgr Lefebvre
25 décembre 1975
Noël

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25 décembre 1975
Noël

 

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25 décembre 1975

 

Mes bien chers amis
        Mes bien chers frères,

Au cours du chant de Laudes de cette nuit, nous avons interrogé les bergers :

Quem vidistis, pastores ? dicite annuntiate nobis (Laudes 25.12) : « Bergers qui avez-vous vu ? Dites-le nous. Apprenez-le nous. »

En effet, y a-t-il pour nous une chose plus importante et plus pressante que de savoir qui ils sont allés voir. Ce qu’ils ont vu. Pourquoi sont-ils allés vers cet Enfant à Bethléem. Or, il semble qu’ils nous répondent par ces autres paroles que nous avons chantées au cours de ce premier nocturne (25.xii) :

Hodie nobis cælorum Rex de Virgine nasci dignatus est, ut hominem perditum ad cælestia regnare vocaret. Voilà, je pense, ce que nous répondent les bergers : Aujourd’hui, le Roi des Cieux a daigné naître de la Vierge Marie, afin de reconduire au Ciel l’homme perdu. C’est là, il me semble, le résumé de ce que les bergers ont pu apprendre, apprendre des anges déjà, apprendre de la très Sainte Vierge Marie, de saint Joseph : Cet Enfant est le Roi des Cieux : Rex cælorum. Celui que le Ciel et la terre ne peuvent contenir. Celui-là est enfermé dans cette chair d’enfant : Le Roi des Cieux. De Virgine nasci dignatus est : « Il est né d’une Vierge », Vierge toujours vierge. Manifestant ainsi à la fois son humanité et en même temps sa divinité.

Humanité, car Il est né comme tous les hommes sont nés, porté par la Vierge Marie dans son sein. Mais Il est né miraculeusement, laissant à la Vierge Marie, le privilège de sa virginité. Manifestant ainsi et son humanité et sa divinité.

Ut hominem perditum. L’homme perdu. Nous étions perdus. Nous étions damnés. Nous étions destinés à l’Enfer, par notre désobéissance à Dieu. Nous avions péché et nous ne pouvions plus espérer rentrer dans les Cieux.

Or, c’est pour cela qu’il est venu : ut hominem perditum ad cælestia régna revocaret, qu’il reconduit, car nous étions destinés au Ciel. Adam et Ève l’étaient avant leur péché. Et voici qu’après leur péché, ils sont devenus avec toute leur progéniture, une humanité perdue.

Mais Jésus est venu sur terre. Dieu s’est fait homme dans le sein de la Vierge Marie, afin de nous reconduire : Ut reducaret ad cælestia régna. Voilà ce que les bergers nous apprennent.

Et avec eux, nous irons voir cet Enfant. Et malgré les apparences si frêles, si petites, par rapport à ce que nous apprend notre foi, à ce que nous pouvions songer de la venue du Fils de Dieu sur la terre, nous croirons. Nous croirons à la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ ; nous croirons à son humanité ; nous croirons qu’il s’est incarné pour la Rédemption du monde, pour la Rédemption de nos péchés. Nous réciterons notre Credo face à tous ceux qui, au contraire, dès que l’Enfant est né, pensent à le faire disparaître.

Déjà, l’on s’agite à Jérusalem sans doute ; quand les Mages vont venir, tout Jérusalem sera en émoi. Quel est donc ce Roi ? Pourquoi ce Roi ? Et Hérode en sera déjà à le faire disparaître. Il enverra ses troupes pour tuer tous les enfants qui ont moins de deux ans, espérant que parmi ces enfants se trouvera ce futur roi.

Insensé, il ne connaît pas les Écritures ! Il s’oppose à Celui qui vient le sauver, à Celui qui vient sauver le peuple juif, qui vient sauver l’humanité.

Et puis, plus près que ceux-là de Jésus, alors que la Vierge Marie et saint Joseph demandent asile dans une auberge, on les a renvoyés. On leur a dit qu’il n’y avait pas de place pour eux.

N’est-ce pas là l’image de ce que Notre Seigneur Jésus-Christ dans son humanité et dans son Église, a subi tout au cours des siècles ? On ne veut pas de Notre Seigneur Jésus-Christ, les hommes se divisent à son propos. On est pour Lui ou l’on est contre Lui. Hélas nombreux sont ceux qui sont contre Lui ; ceux qui nient sa divinité, ou ceux qui ont nié son humanité ; ceux qui ont nié qu’il était venu pour nous racheter de nos péchés ; ceux qui ont nié tout ce qu’il a fait et ce qu’il fait encore aujourd’hui, pour nous racheter, pour nous appliquer son Sang, pour nous appliquer sa Rédemption ; pour nous donner ses grâces ; pour nous donner sa vie divine.

Dans la Secrète de la messe de l’aurore, il est dit : « Que ces offrandes que nous vous donnons Seigneur, fassent que nous participions à ce qu’il y aura de divin sous ces espèces. » Et c’est cela que Notre Seigneur a donné par le Saint Sacrifice de la messe. C’est aussi sa Présence, la continuation de sa Rédemption, la continuation en quelque sorte de son Incarnation.

Ô certes, Notre Seigneur Jésus-Christ ne s’est incarné qu’une seule fois. Mais son Incarnation se prolonge : Il existe désormais pour l’éternité. Il est ressuscité au Ciel avec son Corps et Il est maintenant glorieux pour l’éternité.

Mais Il veut bien venir encore parmi nous, sous les espèces du pain et du vin, pour que nous L’adorions, comme les bergers L’ont adoré à la crèche ; comme la Vierge Marie et saint Joseph L’ont adoré. Il est là parmi nous. Il est avec la même chair qu’Il avait lorsqu’Il était dans la crèche, la chair qu’Il a prise de la chair virginale de Marie.

Nous ne pouvons pas séparer non plus la Sainte Eucharistie de la Vierge Marie. De même que vous avez pu vous apercevoir, mes chers amis, au cours de tous les chants que nous avons chantés cette nuit, que la Vierge Marie était intimement associée à la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et comme cela est naturel.

Or c’est aussi la très Sainte Vierge qui est un signe de contradiction. On est pour la très Sainte Vierge, ou l’on est contre la très Sainte Vierge. On voudrait faire disparaître ce grand privilège de sa maternité divine, de sa virginité perpétuelle. On voudrait ternir la virginité de Marie. Tous ceux-là sont des gens qui s’acharnent après Notre Seigneur Jésus-Christ. Et qui veulent nous conduire, non pas à la civilisation chrétienne telle que Notre Seigneur veut nous la donner en transformant nos cœurs et nos âmes, en infusant dans nos cœurs et dans nos âmes sa vie divine avec toutes ses vertus et avec tous les dons du Saint-Esprit, avec tout l’esprit des Béatitudes. Voilà ce que Notre Seigneur veut nous donner et ce monde qui nie Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nie la virginité de la très Sainte Vierge, ce monde se révolte contre le Bien, contre Dieu, contre la Vérité.

Nous, nous devons choisir et nous avons déjà choisi, n’est-ce pas. Nous avons choisi pour la foi, la foi intégrale, dans la Vérité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il ne peut pas y avoir de compromissions dans notre foi. Et nous devons croire que cette foi que nous avons dans nos esprits et dans nos cœur, que cette foi est la source de la vraie civilisation chrétienne.

Il ne peut pas y avoir de vraie civilisation ; il ne peut pas y avoir de véritable vertu d’une manière permanente dans la société et cette vertu surnaturelle, cette vertu qui conduit à Dieu, Il ne peut pas y en avoir sans Notre Seigneur Jésus-Christ. Désormais toutes les âmes dès qu’elles naissent, devraient se tourner vers Notre Seigneur Jésus-Christ pour recevoir la vie surnaturelle. La vie naturelle n’est rien, s’il n’y a pas la vie surnaturelle. Dieu a voulu qu’il y ait cette vie de la grâce, cette vie divine, la vie de la Sainte Trinité en nous.

C’est pour cela qu’il est venu. Par conséquent, si notre nature ne porte pas ce fruit merveilleux, ne porte pas cet épanouissement extraordinaire de la vie surnaturelle, elle ne sert à rien. C’est comme un chandelier qui ne porte pas de cierge et qui n’a pas de flamme.

Nous devons donc nous tourner vers Notre Seigneur Jésus-Christ et regarder et contempler sa naissance éternelle : Deus erat Verbum.

Une seconde naissance aussi que nous devons contempler en Notre Seigneur, c’est sa naissance comme homme. Et homo factus est. Et Verbum caro factum est. Notre Seigneur est né, ici-bas, sur terre, dans le sein de la Vierge. Il l’a voulu. Il est le centre ; Il est le cœur de toute l’histoire de l’humanité.

On ne peut rien comprendre à l’histoire de ce monde ; on ne peut rien comprendre à l’histoire des hommes si l’on ne juge pas toutes choses par Jésus-Christ et en Jésus-Christ par rapport à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Enfin, une troisième naissance que nous devons considérer de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est la naissance de Jésus dans nos âmes – et je dirai que pour nous – c’est la plus importante. Car, en définitive, c’est celle qui nous fait participer à la naissance éternelle de Dieu, de Jésus comme Verbe. C’est celle qui nous fait participer à la naissance de Jésus ici-bas, à son Corps sacré, à son âme sainte. Il faut donc que nous naissions à Jésus-Christ et que Jésus naisse en nous. C’est pour cela qu’il est venu. Il faut que nous renaissions.

Nisi quis renatus, fuerit et aqua et Spiritu Sancto non potest introire in regnum Dei : « Si un homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5). Non intrabit in regnum cælorum. « Si quelqu’un ne naît pas de l’eau et de l’Esprit Saint, il n’entrera pas dans le royaume des Cieux. »

Il faut donc que nous naissions à Notre Seigneur Jésus-Christ et que nous ayons ce souci de faire croître la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ en nous, de garder la grâce de Notre Seigneur JésusChrist en nous. Et cela c’est tout l’esprit de l’Église catholique. Et toutes les hérésies – et particulièrement l’hérésie protestante – nient ces choses-là.

La naissance de baptême pour les protestants, n’est qu’un appel, une confiance du cœur à Notre Seigneur Jésus-Christ, mais non point une renaissance intérieure par la vie de la grâce, par la vie sanctifiante, par la vie surnaturelle. Tout cela n’a rien à voir pour les protestants.

Mais nous, au contraire, nous croyons à ce que l’Église a toujours enseigné, à ce que l’Église a toujours recherché dans toute sa pastorale, dans toute sa prédication, dans toute son institution qui tourne autour de l’autel. Et précisément, pourquoi autour de l’autel ? Parce que l’Eucharistie est la source, une source inépuisable de vie surnaturelle, de vie divine. Nous avons besoin de nous unir à Notre Seigneur Jésus-Christ pour alimenter notre vie surnaturelle ; pour donner aux âmes la vie de la grâce ; pour réaliser le but pour lequel Notre Seigneur Jésus-Christ s’est fait homme. Ce n’est pas pour autre chose qu’il a été dans la crèche ; ce n’est pas pour autre chose qu’il a vécu pendant trente ans à Nazareth. Ce n’est pas pour autre chose qu’il a prêché l’Évangile et qu’il est monté sur la Croix, qu’il a répandu son Sang et qu’il est ressuscité. C’est pour qu’il y ait une Église, pour qu’il y ait des prêtres, pour qu’il y ait une vie surnaturelle ; que sa Vie se répande à travers les âmes.

Voilà le but de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il nous faut manifester notre foi ; il nous faut garder cette foi profondément dans nos cœurs et résister à toutes les pressions que nous pouvons subir aujourd’hui par tous les moyens de communication sociale – que sais-je – par tous les moyens que le démon peut employer pour nous faire perdre la vie surnaturelle et nous faire nier l’existence même de cette vie surnaturelle.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie de nous faire comprendre ces choses et de nous faire participer à ces mystères. Car ce sont des mystères, des mystères divins : mystère de notre nature, mystère de notre création, mystère de notre rédemption, mystère du péché, tous ces mystères.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie pendant ce temps de Noël, demandons-lui de nous aider à comprendre le mystère de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ et le motif de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle écoutait certes les bergers et les louanges que les bergers faisaient : Maria autem conservabat omnia verba hæc, conferens in corde suo (Le 2, 19) : « La très Sainte Vierge gardait les paroles qui étaient dites, dans son cœur et elle les redisait dans son cœur. »

Comme cela est beau et comme cela nous fait apparaître la vie d’oraison de la très Sainte Vierge Marie.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie de nous faire part de son oraison, de nous faire part des pensées qu’elle avait à ce moment, afin que nous puissions un jour participer à sa gloire.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

8 décembre 1975       11 janvier 1976

 

 

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