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   Sermon de Mgr Lefebvre - Jeudi-Saint - Messe chrismale - 15 avril 1976

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Sermon de Mgr Lefebvre
15 avril 1976
Jeudi-Saint - Messe chrismale

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15 avril 1976
Jeudi-Saint - Messe chrismale

 

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15 avril 1976

 

Mes bien chers amis,
        Mes bien chers frères,

S’il est dans la liturgie de l’Église catholique une journée émouvante, une journée remplie d’enseignement, c’est bien celle du Jeudi Saint, mais pour bien le comprendre ne faut-il pas se reporter à cette journée du jeudi qui fût celle de Notre Seigneur et de ses apôtres ?

C’est surtout dans l’Évangile de saint Jean que l’on trouve les expressions les plus enrichissantes, les plus instructives pour notre foi. Jamais peut-être comme dans cette journée. Notre Seigneur a ouvert son intelligence, son cœur, à ses apôtres. Comme le dit l’évangéliste en commençant ces quelques pages qui se rapportent à cette journée : « Lorsque l’heure fût venue pour que le Fils de l’homme rejoigne son Père, comme Il avait aimé ses disciples, Il les aima jusqu’à la fin ».

Cum dilexisset suos, qui erant in mundo, in finem dilexit eos (Jn 13,1).

Et en effet, ce sera jusqu’au bout, jusqu’à la fin, sans limite et cette journée le prouvera. Elle le prouvera par les paroles de Notre Seigneur, dans ses entretiens comme jamais Notre Seigneur n’en avait eus avec ses apôtres jusqu’alors.

Par ses entretiens, mais surtout aussi par ses actes. Par ses actes, car Notre Seigneur va se livrer dans la soirée. Il va se livrer Lui-même, car Il le fait volontairement. Comme Il l’a dit : « C’est moi qui dépose mon âme et qui la reprendrai » (Jn 10,18).

Il est le maître de toutes choses. Il est donc le maître de sa vie et de sa mort. C’est donc par un acte de pur amour que Notre Seigneur a voulu mourir pour nous.

Notre Seigneur a exprimé dans ses actes, lorsqu’il a voulu d’abord, avant de consacrer ses apôtres et d’en faire des prêtres et d’instituer la Sainte Eucharistie, Notre Seigneur a voulu leur laver les pieds, pour leur montrer jusqu’où pouvait aller son amour pour eux. Et puis, ensuite, ce fût la Cène, l’institution de la Sainte Eucharistie, le premier Sacrifice de la messe. Car ce fût un Sacrifice, nous ne devons jamais l’oublier.

Et lorsque Judas s’en fut allé, car il semble, si l’ont peut essayer de découvrir quelles furent à ce moment les pensées intimes de Notre Seigneur lorsqu’il ouvrit son cœur et son âme à ses apôtres, que quelque chose le gênait – en quelque sorte – dans cette assemblée.

Lorsqu’il lavait les pieds des apôtres, Il leur a dit : « Vous êtes purs, cependant pas tous » (Jn 13,1O).

Et en effet, l’un d’eux ne l’était pas. Notre Seigneur savait que l’un d’entre eux avait son cœur fermé, son intelligence obscurcie, ne voulant pas reconnaître l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ pour lui. Et c’est pourquoi Notre Seigneur lui dira à la fin de la sainte Cène : « Ce que tu as à faire, fais-le vite » (Jn 13,27).

Et, dit l’Évangile, au moment où Notre Seigneur voulait désigner qui le trahissait – car Il l’avait dit publiquement « L’un de vous me trahira » –, au moment où Notre Seigneur désignait celui qui devait le trahir en lui donnant un morceau de pain, qu’il trempa dans le vin. Il lui dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite ».

Les apôtres, eux, ne comprirent pas ; ils crurent que Notre Seigneur lui donnait un ordre d’acheter ce dont ils avaient besoin pour la Cène et il partit. Et, dit l’Évangile, à ce moment-là Satan entra dans son âme. Et c’est encore l’Évangile qui nous dit : « Lorsque Judas est parti » : Eram autem nox (Jn 13,30) : « C’était la nuit », c’était vraiment la nuit, l’heure des ténèbres, l’heure de Satan.

Il semble qu’alors, Notre Seigneur n’ayant plus devant Lui quelqu’un qui lui fermait son cœur et son intelligence et son âme, alors Notre Seigneur laisse épancher tout son amour pour ses disciples.

Toute la Vérité qu’il portait en Lui, toute la divinité qu’il portait en Lui, c’est à ce moment-là en définitive qu’il a voulu faire comprendre aux apôtres ce qu’il était en réalité. Jusque là les apôtres ne le comprenaient pas. Et encore à ce moment-là ils eurent de la peine à le comprendre. D’ailleurs Notre Seigneur leur dit à eux-mêmes : « Vous ne pouvez pas comprendre toutes les choses que je vous dis, mais vous les comprendrez plus tard, lorsque l’Esprit Saint, mon Esprit, vous révélera toutes ces choses » (Jn 16,13).

Mais déjà les apôtres commencent tout de même à apercevoir des réalités, des vérités que jusque-là ils n’avaient pas comprises. Lorsqu’ils interrogent Notre Seigneur : Mais montrez-nous le Père. Vous nous parlez du Père ; mais montrez-nous le Père. Et Notre Seigneur leur dit : « Mais celui qui me voit, voit le Père » (Jn 14,9) : Qui videt me, videt et Patrem. Ainsi Notre Seigneur affirmait l’unité de Sa Personne avec la Personne du Père.

Puis, ensuite. Il leur parlera du Saint-Esprit : Mon Esprit. « Je vous enverrai mon Esprit » (Jn 14,26). L’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il leur révélait ainsi la Sainte Trinité. Il leur révélait que lorsque l’on voie Notre Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’ils Le voyaient, ils voyaient la très Sainte Trinité. Il leur parlait donc de cette union, de cette unité dans la charité. Car Dieu est charité.

Et ainsi Il leur découvrit aussi que voir Dieu, comprendre mieux Dieu, c’est comprendre aussi mieux ce qu’est la charité. Et c’est pourquoi Il leur manifeste à cette heure sa charité, sa charité dans le lavement des pieds, sa charité dans le Saint Sacrifice de la messe, le premier Sacrifice qu’il allait offrir, dans cette communion avec les apôtres, dans aussi cette consécration de ses apôtres comme ses prêtres ; enfin dans son immolation et dans le don de Lui-même jusqu’à la dernière goutte de son Sang. Il va se livrer pour nous, pour la Rédemption de nos péchés.

Tout cela commence à se découvrir aux apôtres. Eux qui avaient cru avoir affaire à un roi temporel, un roi qui leur donnerait des biens de ce monde. Et voilà que, lentement, mais sûrement, leurs yeux s’ouvrent à la grande réalité. À une réalité qu’ils ne pouvaient pas soupçonner, que nous-mêmes encore nous ne pouvons pas soupçonner. Comment pouvons-nous nous faire une idée réelle de la très Sainte Trinité, de la grandeur de Dieu, de l’amour de Dieu ?

Mais Il le manifeste et Il le manifestera réellement dans ses paroles. Aussi quand Il dit que pour nous, nous devons aussi si nous voulons vivre, car Il est la Voie, la Vérité et la Vie. C’est alors qu’il prononce ces paroles : nous devons être vis-à-vis de Lui, comme les sarments du cep de la vigne (Jn 15,5). Si nous voulons vivre de sa vie, nous devons être entés en Lui ; nous devons être greffés sur Lui ; afin que la vie de Notre Seigneur passe en nous et que nous soyons divinisés et que la vie de Dieu soit en nous.

« Celui qui pratique mes commandements... », c’est encore dans cet entretien qu’il le dit : « Celui qui pratique mes commandements, Notre Père et moi, nous viendrons en lui et nous ferons notre demeure en lui » (Jn 14,23).

Quelles paroles admirables, quelles révélations sur les desseins de Dieu vis-à-vis de nous, sur l’amour de Dieu pour nous. Il veut nous communiquer sa propre vie, sa vie divine. Et Il le fera justement par ce sacrement admirable de l’Eucharistie. Il ne pouvait pas mieux le faire que par ce sacrement.

C’est donc en ce jour que Notre Seigneur consacrera ses prêtres : ses apôtres Il en fera des prêtres, afin de continuer la donation de Lui-même qu’il fait à ce moment-là. À tous ceux qu’il aime Il se donnera Lui-même, donnant son propre Corps, son propre Sang, sa propre vie. Et non seulement Notre Seigneur se donnera Lui-même à nous, dans le Saint Sacrifice de la messe, par la Sainte Eucharistie, mais Il a voulu instituer les autres sacrements afin de nous communiquer aussi sa vie.

Les autres sacrements étant en quelque sorte le rayonnement de la Sainte Eucharistie. Et c’est Lui qui désignera les différents éléments par lesquels sa grâce nous sera donnée, sa vie divine nous sera donnée.

Sans doute il n’en est pas de plus grand que la Sainte Eucharistie, car Il est Lui-même présent dans ce sacrement sous les espèces du pain et du vin. Pourquoi les espèces du pain et du vin ? Tout cela est choisi avec toute la Sagesse de Dieu, car c’est Lui qui est le Créateur du blé ; c’est Lui qui est le Créateur de la vigne. Lui qui par conséquent, déjà, dans ses décrets éternels a voulu créer ces aliments pour la Sainte Eucharistie. C’est certainement le premier but pour lequel ils ont été créés et sans doute ensuite pour être notre nourriture, mais la nourriture commune, la nourriture en quelque sorte élémentaire de notre vie naturelle, mais particulièrement de notre vie surnaturelle.

Et Notre Seigneur a voulu choisir également d’autres créatures. L’eau par exemple pour le baptême. C’est Lui aussi qui a voulu que l’eau soit l’élément qui nous transmette la grâce du baptême. Et puis, le sel. Il a bien dit : « Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5,13). Il a voulu signifier par là que le sel était également une créature qu’il choisissait particulièrement pour nous communiquer sa grâce.

Et enfin l’huile. L’huile que l’Église demande aux évêques de consacrer, de bénir au jour du Jeudi Saint, parce que Notre Seigneur également l’a désignée par Lui-même, par son propre nom : Jésus-Christus : Christus : l’Oint. Celui donc qui est consacré par cette onction qu’il représente par son nom. C’est pourquoi l’Église a voulu dans tous les sacrements, dans la majeure partie des sacrements, que l’on se serve des saintes Huiles.

Nous devons aussi, Notre Seigneur a Lui-même choisi ces éléments qu’il a créés Lui-même pour notre sanctification, nous devons avoir une grande vénération pour ces choses que Dieu a choisies pour nous. Certes, dans l’Eucharistie, nous devons adorer l’Eucharistie, puisque c’est Notre Seigneur Lui-même et personnellement présent dans l’Eucharistie, mais nous devons aussi avoir une grande vénération pour ces créatures que Dieu a choisies.

Et vous le verrez tout à l’heure, dans les cérémonies, combien l’Église demande à l’évêque et aux prêtres de manifester cette vénération pour ces créatures, par des gestes de respect, par des gestes même d’adoration pour ces saintes Huiles qui serviront à nous donner la vie spirituelle, la vie surnaturelle et qui nous communiqueront la vie même de Dieu, la vie divine.

Comme tout cela est beau dans la sagesse de Dieu ! Comme Dieu a bien fait toutes choses. Et lorsque l’on se plaint parfois que l’Église semble trop spirituelle et pas assez incarnée, c’est que l’on ne comprend pas ce que Dieu a fait. On ne comprend pas Notre Seigneur Jésus-Christ. Notre Seigneur au contraire s’est servi de toutes ces créatures pour nous manifester son amour, pour nous communiquer sa vie. Jésus a manifesté par là qu’il était le Créateur de toutes choses et qu’il pouvait se servir ce ces créatures pour nous donner sa vie spirituelle. Comme tout cela est beau !

Je terminerai en rappelant une interrogation qui est faite par Judas, mais non pas Judas l’Iscariote, comme le dit l’Évangile (Jn 14,22) :

« Seigneur, pourquoi ne vous manifestez-vous pas au monde ? Vous vous manifestez à nous, vous nous dites ces choses, mais pourquoi ne le faites-vous pas devant le monde entier ? »

Quelle fut la réponse de Notre Seigneur ? Notre Seigneur a dit précisément à ce moment-là :

« Ceux qui m’aiment m’écoutent. Ceux qui m’écoutent et ceux qui observent mes commandements, mon Père et moi nous viendrons en eux, nous ferons notre demeure en eux » (Jn 14,23).

Par contre les autres ne veulent pas écouter. Ils ferment leurs esprits et leurs cœurs à la parole de Dieu. Notre Seigneur s’est manifesté au monde. Mais c’est le monde qui ne veut pas Le recevoir. Il le dit aussi dans ses entretiens. Il a tout un entretien sur le monde, le monde qui le haït. « Vous serez haïs du monde, dit Notre Seigneur, parce que le monde ne m’aime pas » (Jn 15,18). Le monde me hait et le monde ne peut pas me comprendre, parce que toutes ses œuvres sont mauvaises et sont faites sous l’influence du mauvais esprit, du Prince de ce monde qui est menteur par lui-même, par nature et qui détourne les esprits de Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est en cela que nous devons aussi manifester notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est la Voie, la Vérité et la Vie. Nous devons manifester notre amour pour Notre Seigneur Jésus-Christ, notre soumission à Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est Lui qui est l’objet de notre foi. Et tout ce qui se fait dans le monde aujourd’hui contre Notre Seigneur Jésus-Christ est une preuve que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Roi de ce monde, mais que Satan ne veut pas de son règne.

Or nous, nous devons vouloir le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a pas d’autre Dieu que Notre Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui on voudrait précisément découronner Notre Seigneur Jésus-Christ, détrôner Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est bien Lui qui sera le Roi au Ciel. Il n’y aura pas d’autre roi au Ciel que Notre Seigneur Jésus-Christ en qui se trouvent le Père et le Saint-Esprit, en qui se trouve la Sainte Trinité.

Nous devons donc dès à présent, dès ici-bas être des fidèles du Roi qu’est Notre Seigneur et proclamer sa royauté partout, toujours. Pour nous-mêmes, pour nos familles, pour nos cités. Pour tous ceux qui doivent être soumis à Notre Seigneur Jésus-Christ. Que ce soit là notre foi. Que ce soit là notre conviction. Et que nous n’acceptions jamais de pactiser avec ceux qui veulent découronner Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous n’avons pas le droit de penser que Notre Seigneur Jésus-Christ puisse être mis sur le même pied que ceux qui sont des suppôts de Satan, qui ont détourné précisément des populations entières de l’adoration de Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est Notre Seigneur qui nous le dit dans cette magnifique oraison sacerdotale qui couronne en quelque sorte tous ces entretiens avec ses apôtres en ce jours (Jn 17, 1-26).

Ah si nous avons quelques instants aujourd’hui et que nous pouvons relire ces pages si édifiantes, si réconfortantes, si pleines de doctrine, si pleines de lumière, de l’Évangile de saint Jean en ce Jeudi Saint, ce sera pour nous une grande grâce.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, de nous communiquer sa foi et de nous communiquer l’amour qu’elle avait pour son divin Fils et le respect de toutes les œuvres de son divin Fils, en particulier tous les sacrements qu’il a donnés à sa Sainte Église.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

3 avril 1976       18 avril 1976

 

 

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