Voilà ! Ce que j’ai désire, je le tiens déjà ! Ce que j’ai espéré, je le vois déjà ! »
Pontifical Romain, cérémonie de la consécration des vierges
Devinez, chers lecteurs, qui m’est apparu pour me dire cela ? Un nouveau millionnaire ayant gagné la loterie ? Un marcheur affamé devant une bonne raclette de cabane ? Un bienheureux au Ciel ? Une âme du purgatoire tout juste délivrée ?
Non, faux : une moniale bénédictine suisse venant de se consacrer définitivement à Dieu en faisant profession perpétuelle le 11 juillet dernier.
Cette jeune femme, enfermée depuis l’âge de 20 ans dans un monastère muni d’une stricte clôture, recouverte de la tête aux pieds d’un habit ample et noir par toutes les températures, passant une grande partie de ses journées dans la prière, cette jeune femme, dis-je, venait de promettre devant Dieu et quelques 150 personnes rassemblées pour l’occasion de rester pour toujours dans son cloître, de s’astreindre à une stricte obéissance et de travailler résolument à réformer ses mœurs.
Eh bien, après tout cela, j’ai entendu de mes propres oreilles Sœur Annuntiata Wuilloud chanter avec sa consœur américaine, Sœur Joan Hughes : « Voilà ! Ce que j’ai désiré, je le tiens déjà ! Ce que j’ai espéré, je le vois déjà ! »
Est-il possible sur cette terre de trouver quelque chose de plus fou et de plus sublime ?
Une jeune femme abandonne presque toute liberté, renonce à se marier, à fonder une famille, à gagner de l’argent, à partir en vacances, que sais-je, et de sa voix claire, avec un visage serein et légèrement souriant, salue en chantant le bonheur ultime qu’elle y trouve.
Cette folie pour notre monde, et pour une partie de nous-même, avouons-le, est un rappel efficace, un exemple vivant et une invitation pressante à relire et revivre la parole de Notre Seigneur :
Quiconque aura laissé maisons, frères, sœurs, père, mère, enfant ou champs, à cause de mon nom, recevra le centuple et aura en héritage la vie éternelle.
(Mt 19, 29)
Ces moniales nous rappellent qu’il y a un Ciel : elles semblent déjà le voir. Elles nous rappellent que cette terre et ses biens ne sont que transitoires : elles s’en détachent avec le sourire. Et sans mot dire, elles nous invitent à les imiter, chacun selon les circonstances de sa vie, dans la recherche du vrai bonheur que seul le Christ peut nous donner.
Nous vivons, chers lecteurs, dans un monde qui nous prêche que la liberté est la possibilité de faire tout ce que l’on veut à tout instant, de pouvoir suivre chaque attrait et désir sans interdit ou contrariété.
Nos sœurs bénédictines ont osé le contraire : elles se sont soustraites à la tyrannie des attraits et désirs, et elles ont immolé au Christ ce que le monde aurait eu à leur offrir. Et alors, sous nos yeux surpris et émus, au sommet d’un esclavage volontaire, ces femmes ont révélé ce qu’elles sont vraiment et ce qui fait leur charme :
Je suis l’épouse de Celui que les Anges servent et dont la beauté fait l’admiration du soleil et de la lune.
Pontifical Romain, cérémonie de la consécration des vierges
Ces esclaves sont épouses !
Que le Seigneur soit béni pour ce spectacle d’une rare grandeur, et qu’Il nous obtienne de suivre, à notre pauvre rythme, mais tout de même, le cortège de ces vierges, portant leurs lampes ardentes, afin d’entrer nous aussi un jour dans la salle du festin éternel de l’Epoux.
Source : fsspx.ch









