logos-lpl-separator-blc

Pèlerinage à l’Ile Madame 2004

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp

Reportage et photos du dimanche 3 octobre 2004 sur le

par Dominique Rémy

« L’Ile Madame est le souvenir de toutes ces misères avec cette grande croix de quelques 200 mètres de long, formée par l’accumulation des galets déposés par les pèlerins. Galets, expression symbolique de nos péchés, de nos sacrifices et de nos prières. Galets accumulés qui montent peu à peu vers le ciel. »
« Chaque pèlerin a ainsi été invité à déposer son galet avec une prière dans son coeur. »

Une belle journée d’amitié chrétienne

Quelle belle journée de soleil en ce 3 octobre 2004 sur les côtes de la Charente-Maritime, face à l’immense océan Atlantique !
On aurait pu croire à une bonne « balade de santé » tant le paysage était apaisant.
Marche au milieu des marais, sur les digues nous séparant de l’océan et sur cette plage de sable fin où s’accumulent les traces de coquillages et d’huîtres. Nous sommes si près de Marennes.
Et pourtant, c’est tout autre chose. Si dans les yeux nous avions ce soleil si généreux dans les coeurs nous sommes partis en marche pour quelques 17 km vers ce tombeau de pierre des prêtres martyrs de la Révolution.

Nous partions donc pour l’Ile Madame après rendez-vous de départ à l’église de Brouage, petit village de la commune de Hiers. Magnifique port qui a connu une grande prospérité du XIV° au XVII° siècle. C’était alors le principal centre producteur et exportateur de sel du continent. Richelieu en fit la base de son attaque contre La Rochelle.
Ainsi donc, c’est une ancienne place fortifiée aux constructions militaires, imposante et harmonieuse.
L’océan ne vient plus battre les remparts mais les traces y sont encore visibles. Nous étions ainsi 100 au départ. Deux chapitres sont formés.

Cette jeunesse qui a pour tâche de relever la France

Les bannières claquaient en ce vent matinal, avec en tête les bannières et le bossan des Cadets de France, nos scouts marins en bel uniforme, menés par leur chef Louis de Sivry.
La bannière du MJCF, elle, précédait le second chapitre sous l’autorité vigilante de Jérôme.
Belle jeunesse que cette jeunesse de France, entourée aussi des plus jeunes enfants et des parents de tout âge venant bien sûr de Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Bordeaux, de Sainte-Colombe de Saintes, Notre-Dame-de-L’Espérance de La Rochelle.
Marche pieuse, scandée par le chapelet médité et chants choisis sur le carnet du pèlerinage de Montmartre. Nous allions vers cette croix de pierre de l’Ile Madame, seul vestige du martyr de quelques 600 prêtres, victimes du fanatisme anti-catholique de la Révolution dite Française.
Reclus sur cette bande de terre, pour la plupart dans un hôpital délabré où la mort dans d’horribles souffrances était inéluctable. Heureux témoins d’une époque de sauvagerie qui s’est installée par la destruction du trône et de l’autel pour enfanter une république qui vomit toujours cette France chrétienne. Pèlerinage ô combien utile et symbolique dans cette époque où notre société s’installe dans l’apostasie.

Seigneur donner des prêtres, Seigneur donnez de saintes vocations religieuses !

Ces prêtres, qui ont dû tout quitter, leurs fidèles, leur paroisse et parfois un confort sécurisant, sont ainsi les témoins d’une foi vive et courageuse. Prêtres qui ont préféré la misère et la mort plutôt que de renier Celui qui les couronnera de gloire.
Image hideuse de l’enfer que ces « grands anciens de la Révolution » qui se sont levés pour le soi-disant bien du peuple. Tristes personnalités historiques qui se sont livrées à de nombreux crimes abominables enfermant ces centaines de prêtres sur ces tristement célèbres pontons dits de Rochefort, laissant mourir à petit feu de faim, de soif et de pure misère ces clercs qui n’avaient commis qu’une seule faute devant ces impies, à savoir celle de servir et d’honorer Dieu seul.
Souffrance et humiliation comme ces mariages appelés dérisoirement mariages républicains, organisés par ces tortionnaires, encordant deux à deux prêtres ou religieuses et les jetant dans l’eau pour l’inévitable noyade.

« Le nouveau prieur-doyen d’Aquitaine, monsieur l’abbé Pierre Duverger, inaugure son premier pèlerinage à l’Ile Madame. »

Ils ont été fidèles ces prêtres, jusqu’au bout de leur engagement, ne répondant aux insultes de leurs bourreaux que par la prière, le chant des hymnes et le pardon.

L’Ile Madame est le souvenir de toutes ces misères avec cette grande croix de quelques 200 mètres de long, formée par l’accumulation des galets déposés par les pèlerins. Galets, expression symbolique de nos péchés, de nos sacrifices et de nos prières. Galets accumulés qui montent peu à peu vers le ciel.

Chaque pèlerin a ainsi été invité à déposer son galet avec une prière dans son coeur.

La Sainte Messe, le trésor des familles catholiques

Puis nous sommes tous retournés au rivage, en méditant le chemin de croix, avant d’assister à la Sainte Messe où nous nous retrouvions 250 autour de l’autel.
Belle cérémonie avec diacre et sous-diacre, officiée par l’abbé Loïc Duverger et servie par les Cadets de France, si attachés à l’autel.
Nous n’avons pas manqué, au cours de cette cérémonie, comme nous y invitait l’abbé Duverger dans son sermon, à prier pour nos prêtres afin d’avoir de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses.
C’est donc toute la symbolique de ce pèlerinage car si la République laïque et franc-maçonne dont nous déplorons les effets est fondée sur la révolution, et cette dernière fondée sur la haine de Dieu, il faudra pour que la France retrouve ses racines chrétiennes que de nouveau elle s’agenouille autour de l’autel.

Cette France chrétienne n’a pas été facile à enfanter et a mis bien des siècles à se former.
Nos Francs du V° siècle n’étaient pas tous des premiers prix de vertu. C’était pour la plupart des guerriers sans scrupule, tueurs, voleurs, égorgeurs, pilleurs, et autres gracieusetés.
Mais, peu à peu, sous l’influence des moines et des prêtres, les mœurs se sont réformées et affinées pour en faire une société civilisée, c’est à dire catholique.
Cette société s’est formée autour des sanctuaires et des cathédrales. On ne pourra pas faire l’économie des prêtres si on veut redresser moralement la France. Toutes solutions humaines dîtes de « sagesse » seront inefficaces pour enrayer cette descente constante de notre civilisation vers la barbarie.
C’est la catholicité qui a relevé les peuples barbares. C’est la catholicité qui devra nous sauver de cette pente fatale que nous vivons actuellement. Espérer une autre formule n’est qu’illusion, l’histoire nous le démontre aisément.
Il faut que nos jeunes gens et nos jeunes filles, ceux qui ont un cœur ardent et qui ont soif d’un bel avenir, d’un avenir conquérant, d’un avenir enthousiasmant et généreux, tournent leur cœur et leur volonté vers Dieu, prêt à un ‘ »Fiat » si l’appel se révèle.

C’est là notre avenir et c’est par là que passera le salut. Implorons avec insistance ces martyrs de la Foi, Dieu est patient, il saura nous exaucer au temps propice et, avec la grâce, à l’an prochain pour une nouvelle marche qui nous mènera bien un jour au Ciel.

Dominique REMY

Bruges

19, avenue Charles De Gaulle 33520 Bruges