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Un conte pour Noël par l’abbé Marc Vernoy

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Un conte pour Noël – Abbé Marc Vernoy

Ce début d’hiver était bien maussade, le ciel blafard donnait une petite pluie fine. Et le froid humide, poussé par un tranquille vent marin, imprégnait tout. Cela faisait plus d’un mois que, depuis le petit pavillon montpelliérain des Duval, on s’affairait à préparer Noël.

Alisée avait fêté ses treize ans en octobre, Patrice avait marié Sylvie deux mois avant la naissance de leur aînée. Enzo, était arrivé, comme convenu, trois ans après. On avait programmé deux enfants, pas plus, et il était heureux que ce second soit un garçon. Quadras bien avancés, bientôt quinquas, les Duval ne cachaient plus leur ennui, terne et pesant comme le temps. Enfin, ces quatre là vivaient leurs vies cahin-caha, chacun plus ou moins de son côté.

Le patron de Sylvie, un homme attentionné, trop au goût de Patrice, lui avait offert le pont, enfin son lundi. Sortie en début d’après-midi pour les tous derniers achats, elle avait confié à son mari, fonctionnaire à La Poste, la mission d’aller chercher son père aux « Mimosas ».

Jean, 81 ans, souffrait beaucoup de la perte de Paule, cinq ans auparavant. On avait vendu la maison d’Alès pour le placer dans cette institution, à l’autre bout de Montpellier. Comment un vieil homme aurait pu se débrouiller seul dans une si vaste demeure ? Et puis cela avait permis de rembourser entièrement les traites du pavillon. On se plaignait souvent de ne pas avoir les moyens chez les Duval. Mais on commençait à apprécier la présence de ce toit, même petit, la crise du logement devenait une réalité qu’il fallait prendre en compte.

Ce souci était, pour Patrice, l’argument pour essayer de maintenir l’unité de sa famille, un peu comme on réunit une collection disparate de bibelots sur une étagère trop étroite, mais tellement commode.

À 18 heures, Patrice pénétrait dans un hall d’entrée désert. Il avança d’un pas décidé, trahissant l’impatience, vers un réfectoire surchauffé et où pendaient ça et là quelques guirlandes un peu défraîchies. Là aussi, on savait faire la fête. Il allait très rarement voir son beau-père, c’était la toute première fois qu’il 2 venait sans sa femme. Il analysa cette étrange et désagréable odeur qui planait. « Ces maisons ont toujours une odeur bizarre, mais comme on ne reste pas, se dit-il, on n’y fait pas trop attention, en fait c’est bien l’odeur de l’urine, des émanations d’urine couvertes par les effluves forcées de divers détergents, de l’éther aussi… ».

Tout le monde était déjà à table, le râle d’une petite dame, le léger bruit de fond d’un téléviseur allumé en permanence et quelques gémissements au loin troublaient seuls cette solitude. Assis dans un coin, un corps, tête baissée, attendait. « Jean, c’est Patrice ! » Le grand-père n’appréciait pas qu’en famille on l’appelât par son prénom. Malgré ce détail, tout son très vénérable visage s’illumina d’un trait. Dans ses grandes mains ridées – elles avaient travaillé dur et longtemps – il serrait un sac plastique dans lequel on pouvait apercevoir quelques paquets sobrement décorés. Sa noble silhouette se dressa dans un mouvement, certes lent, mais très digne. D’un beau sourire s’échappa un « Joyeux Noël, Patrice ! » ; tout le réfectoire put l’entendre.

Patrice, agacé d’avoir eu à quitter son tout nouvel écran plasma qu’il n’arrivait toujours pas à configurer avec l’ancien matériel, répondit par un petit rictus qui avait bien du mal à soulever le coin de ses lèvres. Les visites étaient si rares aux « Mimosas », quant aux sorties, mieux valait ne pas y penser.

L’an dernier les Duval avaient passé leur Noël en Tunisie… Heureusement qu’ils avaient fini par annuler la Thaïlande cette année, l’augmentation du pétrole, la taxe Chirac, la chute de leur pouvoir d’achat et les dépenses non négligeables de ce Noël avaient réussi à mettre un terme à cette possible fuite hivernale. En outre, Patrice un peu trouillard n’appréciait ni l’avion, ni les tsunamis. Mais officiellement, c’était le souci souverain de limiter le réchauffement climatique, qui leur avait fait renoncer à emprunter l’avion pour un bien long périple.

Le vieil homme, quelqu’en fut la véritable raison, en était vraiment bienheureux, il allait sortir retrouver les siens. Son gendre avait malheureusement oublié le parapluie préparé par Sylvie ; ainsi les deux hommes, têtes nues, rejoignirent dans cette bruine incessante et pénétrante le petit, mais très sportif, coupé-décapotable bleu nuit. « Dommage qu’elle soit coréenne », se dit son propriétaire ; il se faisait souvent la remarque lorsqu’il passait devant lui.

La voiture s’arrêta devant ce plain-pied dégoulinant de guirlandes électriques. Patrice avait passé plusieurs demi-journées à remplacer une partie du matériel des années précédentes et à tout reconnecter. C’était peut-être d’un goût discutable ; enfin les voisins n’avaient pas son sens de la symétrie, inné chez les Duval. La pluie avait cessé, mais le ciel demeurait désespérément bouché ; le froid commençait alors à piquer doucement leurs pommettes. Trois pas après avoir poussé son portillon, Patrice fouillant nerveusement ses poches en sortit un gros trousseau de clefs. Ils entrèrent.

Alisée, l’oreille collée à son téléphone portable se faisait entendre depuis sa chambre. « Un Iphone, expliqua fièrement Patrice au grand-père, grâce à ta fille on en a tous un. Elle est championne pour faire la queue et rapporter tout ce qu’il y a de plus tendance. Ça coûte, enfin juste un petit crédit, mais pour nous c’est que du bonheur. » On se plaignait souvent de ne pas avoir les moyens chez les Duval, mais heureusement, le crédit était toujours prêt à servir leur bonheur. « Leur échelle du bonheur, pensa Jean, s’est encore bien abaissée cette année… Oseront-ils la retourner complètement ? Ce pauvre Patrice croit-il vraiment tout ce qu’il raconte ? Pauvre garçon, il a l’air si faux, faux de cette fausseté qu’on retrouve dans les expressions des acteurs de séries américaines. ».

Mme Duval, selon un rituel bien étudié et empreint d’une sourde frénésie, devait encore arpenter les allées gigantesques et surpeuplées d’une grande surface, véritables temples de la consommation, ou faire encore la queue pour payer son bonheur. La petite famille avait déjà passé tout son dimanche après-midi dans les zones commerciales du sud de Montpellier. Le bonhomme rouge, qu’on voyait partout, était un outil commercial, auprès des petits et des grands, d’une performance inégalable. Mais hier, avec le coupé décapotable, on avait tout juste pu placer les enfants à l’arrière. C’est drôle comme Sylvie sentait son énergie décupler en fréquentant ces grands espaces, aux commandes de cet énorme panier à quatre roues. Elle devait aussi passer récupérer Enzo à la piscine, elle aurait encore du retard. Il n’aimait pas trop la natation, mais Sylvie avait jugé qu’un peu d’exercice dans ce club était nécessaire pour son garçon.

On n’imposait pas grand-chose aux enfants chez les Duval, mais à 10 ans on ne devait tout de même pas rester en permanence planté devant un écran. De plus, elle ne pouvait pas attendre de Patrice qu’il sacrifiât un peu de temps pour son fils ; il est toujours trop pris, trop occupé. Au fond d’elle-même, elle aurait souhaité un troisième, mais deux enfants, c’était déjà bien du souci. En outre, les Duval estimaient qu’ils donnaient déjà bien assez de temps et d’argent pour ces deux-là. Les études arriveraient vite et leur réussite obligatoire viendrait rétribuer tous les efforts de leurs parents et satisfaire un orgueil que ces derniers jugeaient légitime.

Pour satisfaire l’appétit maternel de Sylvie, les Duval avaient commandé, pour 1 200 €, un chien sur internet, on irait le chercher le lendemain de Noël. En 2007, la lettre C tombait à pic, elle l’avait donc tout naturellement prénommé « Chouchou ». « Le Lagotto Romagnolo, c’est très tendance, en plus il trouve les truffes dans ton jardin », avait conseillé Sophie, la propriétaire de la grosse maison vert pâle, juste à l’entrée de l’allée des cyprès. « Nos truffes nous rembourseront peut-être la mise, s’imaginait Patrice, on en trouvera bien dans le lotissement. Oui, parce qu’on a peu de chance d’en trouver sur les 150 m² « roundupés » qui entourent le pavillon. On n’a même pas de quoi installer la petite piscine hors sol en P.V.C. des cousins d’Évreux. ».

On se plaignait souvent de ne pas avoir les moyens chez les Duval, les moyens du bonheur. Il y avait chez eux comme une culture du ressentiment. On désirait ce qu’avait l’autre ou ce qu’il pensait peut-être acquérir et qu’on avait pas. On craignait aussi que l’autre ne s’emparât du temps, de l’espace et de tout ce qu’on eût pu avoir de mieux que lui. On se persuadait que l’autre vous en voulait, qu’il en voulait certainement à ce que vous aviez ou à ce que vous auriez pu avoir. Quant à ce qu’on était… il ne fallait pas prendre le risque de s’y attarder, ne serait-ce qu’un quart de minute. Jean s’était assis dans le séjour, tout près du sapin de Noël. D’ailleurs, était-ce un vrai sapin ? Il toucha quelques épines qui émergeaient encore d’une monstrueuse avalanche multicolore de décorations. « Non ces épines bleu nuit, tiens comme la voiture, se dit-il en lui-même, c’est de l’artificiel ; c’est drôle d’arriver encore à vivre dans un monde entièrement faux !»

Patrice au bout de la pièce, se trouvait à genoux devant un grand écran. Il était entouré de cartons, de fils et de divers papiers, tout essoufflé et très énervé, il venait de raccrocher le combiné. « Aaah, non, non et non, grogna-t-il. Et cette hotline qui ne vaut rien ! Qu’est-ce qu’ils fichent donc aujourd’hui ! C’est Noël et on aurait ni télé, ni DVD, ni jeux, ni internet, ni Hi-fi … ». Mieux valait ne pas le déranger du tout.

Après quelques bruits sourds et un éclat de voix depuis la porte d’entrée, Jean ouvrit à sa fille et à son petit-fils. Derrière un amas impressionnant d’emballages, on voyait tout juste dépasser quelques mèches auburn, bien en place. « On peut m’aider ? », lança-t-elle haletante. « Bien sûr ! répondit Jean, Joyeux Noël Sylvie ! Joyeux Noël Enzo ! » « Ah, Papa, tu es là ! », dit-elle, en lui confiant la première partie de ses trouvailles, pour repartir chercher le reste dans sa voiture.

Enzo muet et l’air renfrogné, bonnet sur la tête et sac de sport en main, fila dans sa chambre. On entendit la porte claquer, quelques objets voler, puis plus rien, puis quelques sons rauques à stridents, accompagnés de sauts de cabris. Patrice n’avait même pas levé les yeux vers son épouse. Et du côté de chez Alisée, on entendait toujours le même débit de paroles, souvent entrecoupé d’étranges gloussements censés exprimer, à la place des mots, des états d’âme d’une profondeur abyssale.

Vers 21 heures, après avoir réussi à arranger tous ses plats et s’être fait aider par son père pour dresser une très belle table, Sylvie appela tout son monde. Il fallut encore attendre une bonne vingtaine de minutes pour qu’Alisée termine son coup de fil, qu’Enzo trouve le bon moment pour mettre sur pause sa console de jeu et que Patrice remballe l’écran plasma. On mangeait assez rarement tous à la même table et au même moment chez les Duval. « J’aime pas l’froid gras, grommela Enzo ! » « J’en prendrai pas non plus !, continua Alisée, ça fait grossir, c’est Cynthia, elle l’a lu sur internet. » « Même que Momo dit qu’faudrait jamais en manger, argumenta Enzo, c’est interdit d’manger du pâté qui dit. Et l’froid gras, c’est du pâté. Lui il a d’la r’ligion. » « C’est bon les jeunes, répondit Sylvie, je vous ai pris du surimi au homard, et avec mon ketchup bio, c’est sain, c’est minceur et c’est festif. » « J’aime pas ton ketchup bio, j’préfère l’autre, » répliqua Enzo. « Moi aussi je prendrai de ce homard, poursuivit Patrice – touché, non par l’argument ‘bio’, ni par l’interdit religieux, mais par le conseil diététique – j’en prendrai avec de la mayo. »

Au dehors, la température chutait. Soudain, au moment même où la viande sortait du four électronique, un bruit épouvantable et glacial retentit, c’était l’Iphone d’Alisée. « Génial ! C’est Ugo, s’écria-t-elle en repartant vers sa chambre, il m’appelle de son Iphone, et il m’envoie des photos, Ouah… Génial ce mec ! » « J’ai pas fait de dinde aux marrons, c’est ringard, affirma Sylvie forçant le sourire jusqu’à la grimace, j’ai fait dans l’exotisme, gigot d’autruche à l’ananas, c’est que du soleil, que du bonheur ! » « On verra bien !, répliqua sèchement Patrice – le regard fixé sur l’énorme carton de l’écran plasma – D’ailleurs… » « Des autruches, dit Enzo – en coupant la parole à son père – y’en aurait pas dans un des jeux qu’Papa m’a offert pour c’Noël ? C’est la grosse boucherie dans c’jeu et j’fais un carton d’enfer ! »

Le mot ‘carton’ associé à ‘enfer’ fit à nouveau tourner les yeux de Patrice vers l’écran remballé. « Soit je le rapporte, soit je change tout le matériel, dit-il d’une voix laissant paraître un insoutenable sentiment de déréliction, dommage que ce ne soit pas ouvert demain ! » La maîtresse de maison découpa son gigot et servit d’abord Enzo, qui plongea l’index dans la viande. « C’est pas cuit ! J’me fais un hamburger ! » Il sortit de table, prit du réfrigérateur une grosse bouteille de soda et un sachet gonflé d’une forme arrondie Il plaça ce dernier dans le four à micro-ondes, en claqua la porte et au bout de quelques minutes, après un léger son numérique, ouvrit la porte de l’appareil, en sortit du bout des doigts la chose, puis rejoignit sa chambre d’où l’on entendit à peu près les mêmes sons qu’auparavant.

Patrice quitta lui aussi la table pour aller se vautrer nonchalamment dans le canapé au milieu des coussins, feuilletant, d’un regard las, une pile de catalogues et de revues informatiques. « Dire que j’aurai pu tout connecter à internet…, poussa-t-il, demain tout est fermé, faudra remonter l’ancien système… » Son épouse reprit le plat. « C’est bien la peine de faire monter une cuisine dernier cri, moi qui raffole de l’ananas, c’est bon pour la ligne, en plus l’autruche c’est minceur.»

Jean restait seul attablé, seul comme aux « Mimosas ». Une grande serviette blanche était joliment nouée autour de son cou de seigneur, ses mains terminées par de longs doigts, sagement disposées de chaque côté d’une assiette carrée, couleur vert pomme, désespérément vide. Puis, de ses grands yeux noirs de grosses larmes coulèrent, coulèrent. Il aurait bien voulu que cela cesse, mais un frisson incontrôlable s’emparait de toute sa chair. Effaré de ce qu’il voyait et entendait depuis plus de trois heures, il pleurait, pleurait jusqu’aux sanglots, tout en maintenant sa dignité de patriarche déchu.

Le maître de maison, toujours mollement affalé près du gros carton, faisait mine de ne rien voir et de ne rien entendre. L’attitude respective de ces deux hommes, que seuls quelques mètres séparaient, jurait furieusement. Dans la cuisine, Sylvie savait. « Son cadeau, pensa-t-elle, on ne lui a pas présenté son cadeau. » Elle passa devant son père, en l’évitant soigneusement du regard et après avoir glissé quelques mots à l’oreille de son mari, le sortit gentiment de sa torpeur. Rentrée à la cuisine comme elle en était sortie, Sylvie s’affairait à rattraper son erreur de programmation. Patrice, l’oeil vif, souleva ce corps encore svelte, qu’il obligeait à un jogging hebdomadaire de 20 minutes.

Il appela sa femme et ses enfants. Après les quelques grognements habituels, Enzo le regard vide et Alisée la tête encore ailleurs arrivèrent dans le séjour. Sylvie le tablier dans la main gauche se tenait dans l’encadrement de la porte. « On ne t’a pas oublié, dit-elle à son père d’une voix sûre cherchant à réconforter ; pour nous, on n’a pas pu attendre, on a tout ouvert à midi, avant le repas. On a encore fait des folies cette année, mais ce n’est pas tous les jours Noël. Nos deux banques font des promos sympas sur les crédits-consommation. Patrice t’a trouvé quelque chose qui va épater tout le monde aux « Mimosas », c’est super, que du bonheur, tu vas voir… » « Ils ne devraient pas, se dit le grand-père, ils se plaignent si souvent de ne pas avoir les moyens. »

Elle avança vers le sapin, se baissa pour prendre le dernier cadeau qui jouxtait un sac en plastique. Les yeux mouillés de son père lui indiquèrent d’apporter aussi ce sac en plastique. Jean ouvrit le très gracieux paquet pour en sortir une boîte sous film plastique et sur laquelle se trouvait la photographie d’un appareil qu’il n’avait encore jamais vu. Il savait bien ce qu’était un ordinateur. À Alès avec Paule, ils allaient deux heures par semaine au club informatique des anciens. Mais ce petit appareil, à quoi pouvait-il bien servir ? « C’est un G.P.S. Jean ! Partout où tu vas, tu sais où tu es ! Et celui-là, c’est la dernière génération ! Aux « Mimosas », tu vas avoir du succès ! C’est top, pas vrai ?»

Patrice était un peu menteur. C’est précisément parce que l’appareil n’était pas de la dernière génération qu’il n’avait pas ouvert l’emballage. Ses collègues de travail le lui avaient offert au mois de septembre, au cours de la petite fête à l’occasion d’une promotion qui le faisait changer de service. Jean sortit un grand mouchoir tout blanc, à son extrémité tout en bas on distinguait nettement les lettres J et M, brodées à la main. « C’est tout Maman !, pensa Sylvie, elle savait travailler ; pour Papa c’est sûrement un souvenir qu’il chérit tendrement. »

Le vieil homme s’essuya paisiblement la figure, en descendant depuis ses grands yeux noirs jusqu’au bas de ses longues joues pâles et émaciées. Un beau sourire ensoleilla à nouveau ce noble visage. Il souhaita à tous, une fois de plus, un « Joyeux Noël ! » et remercia avec tendresse son gendre, sa fille et ses petits-enfants pour ce présent qu’il n’ouvrit pas. Qu’allait-il donc bien faire de cette chose, lui qui savait depuis si longtemps d’où il venait, où il était et où il allait, en un mot qui il était. « C’était cela être mûr – on dit adulte aujourd’hui -, corrigea-t-il en lui-même. Ce G.P.S., comme ils l’appellent, semble bien faire tourner les têtes des adultes. Et quand on a la tête qui tourne, on ne sait plus d’où l’on vient, où l’on est et où l’on va parce qu’on a oublié qui l’on était. » « Il est complètement Has-been son truc, chuchota Enzo à sa soeur, un an d’retard au moins. »

Mais tout le monde avait maintenant les yeux fixés sur le sac en plastique que les longs doigts de Jean avaient délicatement récupéré. « Moi aussi, dit le grand-père, je ne vous ai pas oubliés. » Il sortit quatre paquets habillés d’un emballage de couleur différente pour chacun, un vert, un blanc, un bleu et un jaune, puis un sachet, simplement mais très délicatement enveloppé d’un papier rouge carmin, et plaça le tout derrière son dos, sur le petit guéridon d’Alès. « Avant d’ouvrir, continua Jean, permettez-moi quelques mots. »

Ses beaux yeux noirs firent d’abord un ample tour d’horizon, il prit son temps dans le silence pour dévisager chacun. « Il y a très longtemps, ce 24 décembre en Palestine, reprit-il, tout au bout de la Méditerranée, un homme du nom de Joseph et une très jeune femme du nom de Marie entraient dans une petite ville de Juda, Bethléem. Il devait alors faire aussi froid que cette nuit, pas un nuage ne couvrait le ciel. Seule une étoile inhabituelle commençait à pointer dans cette obscurité. Marie était sur le point de donner naissance à l’Enfant que Dieu avait miraculeusement conçu en elle. Un ange, du nom de Gabriel, l’avait prévenue. Se donnant tout entière à Dieu, elle accepta ce don et ses terribles conséquences. L’Enfant-Dieu avait pour tâche de venir en ce monde pour sauver les hommes du mal qu’ils font et du bien qu’ils ne font pas. Joseph, quant à lui, reçut la mission de protéger l’Enfant et sa mère, il s’en chargea magnifiquement. Convoqués par les autorités romaines pour le recensement, ils avaient là de la famille. Joseph pensait trouver facilement un toit ; les habitants de ces demeures cossues auraient aussi pitié de cette future maman. On festoyait, bien au chaud ; mais pour Marie, Joseph et le bébé qui venait, il n’y avait plus de place. On n’était pas vraiment heureux dans ces maisons, on essayait de le paraître en parlant fort et en mangeant, en buvant et en dansant. Ces clameurs, cette ambiance tumultueuse tranchaient avec le silence et la nuit, le froid et la solitude à l’extérieur. Il fallait se distraire pour oublier l’humiliation de l’occupation romaine. Après tout, sans ces romains, on ne ferait peut-être pas la fête cette nuit-là. Beaucoup d’autochtones s’arrangeaient bien intérieurement de cette présence étrangère au fond assez propice et lucrative. Mais il fallait faire bonne figure et s’en plaindre assez régulièrement, c’était la règle. En fait, il n’y avait plus de place à cause des romains et aussi à cause des distractions qu’on s’imposait pour feindre d’ignorer leur joug. Finalement, on ne pouvait plus discerner si l’on faisait la fête grâce à leur occupation ou pour l’oublier. Après avoir frappé à toutes les portes, aucune ne s’était ouverte pour Marie et Joseph. Une femme enceinte, il aurait fallu s’en occuper un peu ; on ne gâche pas la fête avec ce genre de soucis. »

Suspendant le récit, il se tourna vers Sylvie. « Maintenant, poursuivit-il, j’ai une question pour ma chère fille, qu’as-tu fait de la crèche de ta Maman ? » « C’est quoi une crèche ?, répliqua Enzo, c’est quoi c’t histoire de Grand-père ? » « On a perdu le petit Jésus, rétorqua Sylvie, c’est pour cela que je ne l’ai pas installé au pied du sapin. Sans le petit Jésus, cela n’a pas de sens ! » « Le petit Jésus ? s’exclama Enzo, la crèche ? C’est pas cool… Le petit Jésus, c’est l’bébé d’Grand-père ? » « Oui, répondit Patrice, le petit Jésus, c’est l’Enfant de Marie et le Fils de Dieu, on ne t’a pas appris cela à l’école… C’est fou, on ne leur apprend plus rien dans ces fichues écoles. On paie quand même assez d’impôts pour qu’on leur enseigne un minimum, un minimum de culture tout de même. » « Paa’t, laisse donc Papa parler, non attendez, je vais chercher la crèche. »

Madame Duval se leva, rapporta d’abord son gigot d’autruche à l’ananas sur la table, prit un escabeau pour le placer au pied du grand placard de l’entrée. Tout en haut sur la pointe des pieds, après avoir soulevé diverses choses, elle réussit à faire glisser hors de l’étagère une vieille boîte à chaussure. Pendant cette acrobatie poussiéreuse, mais généreuse, tout le monde se servait. « On n’a plus le petit Jésus, remarqua-t-elle, il a vraiment disparu ! Il était pourtant si joli le petit Jésus, Maman y apportait tant de soin. »

La dinde « exotique et minceur » eut du succès auprès de tous, peut-être aussi à cause de l’histoire de Jean et de ses mystérieux cadeaux. « Maintenant, il est temps d’ouvrir, dit le grand-père, en donnant à chacun son paquet. »

Le bleu fut pour Enzo, le blanc pour Alisée. Jean tendit le vert à Patrice et le jaune à Sylvie. « Une petite maison, s’étonna Enzo qui avait été le plus rapide à l’ouverture. Elle n’a pas d’porte ta maison, Grand-père ! Pas d’fenêtre, non plus ! » Jean, de ses grands doigts, avait très adroitement confectionné quatre petites maisons de carton, chacune de la couleur de leur emballage. Alisée faisait la moue, elle ne s’attendait pas à grand-chose de la part du grand-père, la pension des « Mimosas » ne lui permettait pas de concurrencer le budget de Noël des Duval, et puis, elle avait quand même passé l’âge des maisons de poupées. Avec son Iphone et ses vêtements de marque, façon Star’ac, le grand-père aurait dû remarquer qu’elle était déjà vraiment une femme, enfin une femme presque pour tout…

Enzo avait déjà de grands projets pour ce bunker bleu, on verrait bien s’il était assez solide dans le champ de bataille des monstrueuses figurines tirées de ses jeux de rôles favoris.

Sylvie et Patrice, à l’autre bout de la table, étaient désemparés. « Il pleure comme je ne l’ai jamais vu pleurer, même au décès de Maman il n’a pas pleuré comme cela, et le voilà nous offrir d’étranges maisons en carton… », glissa-t-elle à son époux. Le mot ‘carton’ était devenu définitivement insupportable aux oreilles de Patrice. « Je croyais que le suivi médical était correct là-bas, chuchota-t-il, il ne nous ferait quand même pas une petite Alzheimer, ton vieux ? Ça va faire exploser la pension… Et puis, ils n’en voudront peut-être plus aux « Mimosas » ! Nous, on n’a vraiment pas les moyens. Toute sa retraite et toutes ses économies sont déjà englouties par ce gouffre. Tu as vu, en plus, on ne pourra même pas le ramener ce soir, il commence à neiger.Les enfants, dit-il en élevant la voix, il neige, c’est Noël ! »

Alors Jean sortit du petit sachet rouge carmin une paire de ciseau en or et s’adressa aux enfants, Sylvie et Patrice tendirent attentivement l’oreille. « Les ciseaux de couture de votre grand-mère ! Pour bien se préparer à Noël ma petite Alisée, mon petit Enzo, nous devons tous nous demander si nous sommes prêts à ouvrir la porte de notre coeur au petit Jésus qui vient dans ce monde parce qu’Il nous aime et qu’Il veut nous sauver. Nous sommes dans cette nuit de Noël et la plupart des hommes ne sont pas prêts. Cela fait des semaines qu’on dépense beaucoup d’argent, qu’on s’encombre de boîtes luxueusement parées, qu’on a la tête et le coeur pris par les messages publicitaires de toutes sortes et les désirs qu’ils suscitent. Mais se préparer à désirer Jésus dans cette pauvreté voulue par Dieu lui-même, personne n’y pense plus. Un coeur pauvre, c’est un coeur tout prêt à recevoir le petit Jésus pour Le voir, Le contempler et vivre avec Lui d’un bonheur tout simple pour toujours. Cela, c’est Jésus qui nous l’a promis Lui-même ! Tout à l’heure, votre Maman disait qu’une crèche sans le petit Jésus, cela n’a pas de sens. Elle a bien raison ! J’irai plus loin, un Noël sans le petit Jésus, cela n’a aucun sens ! »

Sylvie s’était accroupie devant le sapin, son esprit savourait les paroles de son père tandis qu’elle disposait minutieusement les vingt-deux très belles figurines de la crèche, enfin dix-huit puisqu’on avait perdu le petit Jésus et que de toutes façons, il n’arrivait pas avant minuit. Il y avait aussi les trois rois mages, qu’on n’installe qu’avec la galette. Là aussi, Sylvie avait du mal à garder ses repères, cela faisait déjà presque quinze jours qu’il y avait des galettes des rois au rayon « pâtisserie ». Personnages et animaux retrouvaient un à un la place que Paule, sa mère, lui avait apprise.

« Cette nuit, continua Jean, est la plus belle nuit du monde pour qui sait ouvrir grand la porte de son coeur, grand ouvert comme cette pauvre étable à la sortie de Bethléem. Ils s’arrêtèrent là, il n’y avait personne, pas même une porte à pousser. Joseph nettoya sommairement l’endroit le plus reculé, bien abrité des courants d’air, tout près d’un âne et d’un boeuf. Il arrangea quelques larges planches déjà fixées à hauteur de tête, juste au dessus des bêtes. Il y disposa délicatement le meilleur foin pour garnir la couche de Marie, la sainte Vierge. Seule l’étoile qui grandissait juste au dessus de l’étable venait éclairer cette nuit ténébreuse. Et la future maman savait déjà qu’en cette heure, l’Enfant-Dieu, avant même de naître ici-bas, serait rejeté hors de la ville pour venir au monde dans ce pauvre bâtiment, froid et solitaire. Il vient éclairer nos ténèbres et réchauffer nos coeurs durs et froids comme la glace. Mes petits enfants, notre coeur est peut-être aussi comme les maisons fermées de Bethléem, comme ces petites maisons de cartons que vous tenez entre vos mains. Elles ont un toit, mais elles sont fermées sur elles-mêmes, sur leurs ténèbres, sur leur égoïsme et leur ignorance. Elles n’ont pas de place pour Jésus, elles n’ont de place pour personne. En ont-elles d’ailleurs vraiment pour ceux qui les peuplent ? Ceux-là deviennent aussi l’ombre d’eux-mêmes, parce que ces pierres sont bien trop préoccupées par ce qui les occupe. Ce ne sont plus les romains, mais ici un téléphone portable, là une console de jeux et internet. »

« Mais Grand-père, rétorqua Alisée, ce sont mes amis, mes amis ! l’Iphone… » « Ma petite, demanda le grand-père – elle n’aimait pas ce mot ‘petite’ – ma petite, tout cela, c’est pour ton plaisir, n’est-ce-pas ? Si je te demandais ton téléphone pour que tu reprennes celui que Maman t’a offert l’an passé, tu te souviens juste avant de passer me voir aux « Mimosas », me le laisserais-tu ? » « Ah non ça jamais ! répliqua-t-elle vivement, il est à moi, et puis c’est pas un téléphone, c’est un Iphone, c’est bien mieux ; je ne peux plus me passer de lui, tous mes amis me l’envient. Et je communique, j’peux tout faire avec. En plus, t’as vu sa petite housse mauve, ses jolis pompons, c’est un amour ! Oui, lança-t-elle, bien sûr, c’est pour mon plaisir ! »

« Alisée, il t’occupe, il t’embarrasse, il te mange, tu n’es plus libre, assura Jean. Et tu n’as plus de place dans ton coeur ni pour le petit Jésus, ni pour personne d’autre, c’est lui et encore bien d’autres bricoles qui prennent presque toute la place, laissant pour l’instant ce qu’ils tolèrent encore de toi. Quand il n’y a plus de place libre, alors on est riche et plein de ce qu’on ne veut pas être, on est esclave et vide de ce que l’on devrait être. Non, ce qui te préoccupe, parce tout cela t’occupe, n’est guère estimable. Bien sûr, tu chercheras tous les moyens pour oublier que ces objets, ces vêtements t’aveuglent, qu’ils réussissent peu à peu à t’isoler, à t’anéantir et à te rendre malheureuse et tu finiras, si ton ombre demeure, par ne plus la souffrir, par essayer d’oublier tout ce que tu es vraiment, comme ces maisons de Bethléem. »

Enzo, encore bien jeune, se doutait bien de tout cela. Il ne saisissait pas tout ce que son grand-père disait à sa soeur, mais il pensait avoir compris ; il sentait bien que depuis qu’il avait cette console de jeux et l’accès internet dans sa chambre, il ne voyait presque plus ses copains, il n’en avait plus le goût. La présence de Papa, de Maman, d’Alisée l’agaçait aussi toujours plus. Enzo leva alors les yeux vers son aïeul. « Il faut, déclara-t-il en philosophe, ouvrir des fenêtres pour voir et une grande porte pour laisser entrer le petit Jésus et tous ses amis, Grand-père ! Et tant pis si on est trompé, l’important c’est de donner, c’est de chercher à faire plaisir et non pas à se faire plaisir. »

« Donne-moi tes ciseaux d’or grand-père, les ciseaux de grand-mère, les ciseaux du petit Jésus, réclama doucement Alisée après avoir éteint la petite chose emmitouflée dans le mauve. Je vais ouvrir une grande porte dans ma maison blanche et deux fenêtres toutes rondes. »

« Ces petits ciseaux coupent très bien, ils peuvent faire mal, continua le grand-père, si tu ouvres la porte et les fenêtres de ton coeur, en donnant ton temps, en sacrifiant de petits plaisirs pour faire plaisir tu pourras avoir mal, comme Jésus a eu mal en venant vivre au milieu des hommes, comme tu as pu avoir mal en éteignant ce téléphone. Mais ces ciseaux te donneront ce qu’il y a de meilleur en ce monde, la présence de Jésus qui ne disparaît jamais d’elle-même, son amour qui ne trompe personne. C’est le secret du bonheur. Ces ciseaux sont en or parce qu’ils sont les ciseaux de la pauvreté, de cette attention à toujours laisser la meilleure place dans notre coeur à Celui que nous attendons cette nuit. »

« Mais Maman a dit qu’on l’a perdu… Grand-père !, remarqua judicieusement Enzo, ça ne sert à rien d’attendre ce qu’on a perdu, il faut l’chercher. » « Nous devons L’attendre, répondit Jean, nous devons donc Lui ouvrir notre coeur pour être aussi capable de Le trouver, ou de Le retrouver. »

Entre temps, la bûche de Noël avait été bien entamée. Les uns après les autres s’étaient aussi passé les petits ciseaux d’or et chacun découvrait dans sa maison un gros coeur en soie rouge écarlate au milieu de plusieurs autres petits coeurs du même tissu. Sur le gros coeur, tout boursouflé, était brodé « Jésus » en fil d’or.

Avant d’aller se coucher, Alisée plaça sa petite maison, porte toute grande ouverte, vers le petit vide que sa maman avait laissé entre Joseph et Marie. Tous les autres firent de même.

Sylvie, à genoux, alluma une bougie toute rouge près de la maison verte et déposa un baiser sur son index, qu’elle appliqua ensuite sur l’endroit où Jésus devrait être placé. Après avoir remisé dans l’entrée le grand carton contenant l’écran plasma, Patrice, persuadé que personne ne le suivait du regard, imita un peu plus tard le geste de son épouse. Un grand frisson parcourut toute sa colonne vertébrale et de là une multitude de traits enflammés vinrent darder son coeur. Patrice se croyait devenu insensible à ces petits riens. Quelle joie intense n’avait-il pas ressentie au plus profond de son être ! Il n’était pas encore minuit quand, aidé d’un gendre muet mais dont la face transformée valait tous les discours, Jean ouvrit le canapé, débarrassé de ses coussins, pour le changer en lit.

Tard dans la nuit, Patrice, toujours éveillé avait cru entendre le très léger couinement du portillon et comme le frôlement d’une étoffe sur la porte d’entrée, puis il s’était très paisiblement endormi. Vers 9 heures, au loin, une cloche sonnait à grandes volées. Jean s’était levé depuis longtemps, le lit était à nouveau un canapé et il patientait en silence. Patrice, en pyjama, voulut ouvrir la porte d’entrée, juste pour vérifier ses doutes nocturnes.

Le soleil levant et une fine couche de neige recouvrant le sol éblouirent son visage. Aucune trace n’était venue souiller ce tapis d’un blanc immaculé. « Rien que du blanc », se dit-il. Puis son regard tomba à la verticale, tout près de ses chaussons. De la blancheur masquant le seuil extérieur sortait une petite tache. Son beau-père était juste derrière lui. Le gendre s’agenouilla, les yeux tout humectés et le coeur battant fort ; il répéta minutieusement le geste de la veille, devant le sapin, pour déposer directement ses lèvres sur le petit objet. De grosses larmes d’enfant perlaient généreusement sur ses joues devenues sanguines. Patrice se sentait transporté de bonheur, de ce bonheur qui dure, que l’on goûte sans jamais se lasser. Entre le pouce et l’index droits, il se saisit religieusement de la splendide figurine qui le regardait depuis le sol. Il avait retrouvé le petit Jésus pour toute sa famille. Une joie indicible transporta son coeur d’une pièce à l’autre pour souhaiter à tous un « joyeux Noël » et montrer l’Enfant-Dieu à son beau-père, à son épouse et à ses enfants et pour inviter chacun à y déposer délicatement ses lèvres. Il improvisa une petite cérémonie pour Le déposer dans la crèche, en présence de tous.

« La messe du jour est à 10h.30 au prieuré », répondit aimablement la religieuse au téléphone. Patrice avait aussi émis le souhait de pouvoir s’entretenir avec le prêtre. Cela faisait treize ans, depuis leur mariage, qu’ils n’étaient plus venus voir Jésus à l’église. Et il n’y avait pas eu de messe pour leur mariage. Baptisés, non baptisés, tous iraient à la messe pour lui prouver aujourd’hui leur amour, non pour se faire plaisir, mais pour Lui faire plaisir, on dit aussi pour faire le bien, pour aimer.

L’amour est incorruptible, il ne passe pas, il ne se consomme pas, il rend éternel, comme lui, tous les amours qui peuvent s’unir à lui. Quant au petit Jésus, Lui seul savait comment chacun d’entre eux avait fini par Le retrouver, sinon par Le trouver.

Abbé Marc Vernoy

N.B. : Hormis le récit de Noël, cette histoire est une fiction. Toute ressemblance avec des faits récents ou des personnes encore existantes serait purement fortuite, bien que nous souhaitions vivement que de tels renversements se multiplient. Sous l’unique condition de reproduire le texte dans son intégralité, le droit de reproduction est entièrement libre. PRIEURÉ SAINT-FRANÇOIS-DE-SALES 1, rue Neuve-des-Horts – 34690 Fabrègues

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