Pie XII

260ᵉ pape ; de 1939 à 1958

13 février 1953

Décret du Saint-Office Excommuniant le R.P. Léonard Feeney S.J.

Sur la compréhension de l'adage "Hors de l'Eglise, point de salut"

Un groupe d’é­tu­diants de l’Université de Harvard se réunis­sait régu­liè­re­ment au Centre d’ac­cueil Saint-​Benoît, à Boston, dont l’au­mô­nier était le R. P. Leonard Feeney S. J. Trois pro­fes­seurs laïques furent exclus du col­lège des Pères Jésuites par déci­sion du rec­teur, parce que pro­fes­sant sur la thèse « Hors de l’Eglise pas de salut » des doc­trines erro­nées. Ceux-​ci niaient l’exis­tence du bap­tême de sang et du bap­tême de désir. Seul le bap­tême de l’eau aurait un effet sal­va­teur. Le Père Feeney prit fait et cause pour ces pro­fes­seurs et il les inté­grait dans le corps pro­fes­so­ral de son Centre et se rebel­lait contre son supé­rieur. L’archevêque de Boston, S. Excel­lence Mgr Cushing, se vit obli­gé de condam­ner le Père Feeney et de lui enle­ver à par­tir du 1er jan­vier 1949 les pou­voirs d’en­tendre les confessions.

Une lettre du Saint-​Office dénon­çait l’hé­ré­sie du Père Feeney, mais celle-​ci ne fut pas ren­due publique au moment de sa publi­ca­tion en août 1949.

Des sec­ta­teurs du Père Feeney existent encore à l’heure actuelle [1] et conti­nuent de répandre cette doc­trine erro­née. Ils pré­tendent que la doc­trine affir­mée dans la pré­sente lettre du Saint-​Office est une nou­veau­té et même une héré­sie. Cela est très cer­tai­ne­ment faux et les attes­ta­tions plus anciennes ne manquent pas en faveur du bap­tême de désir. Citons Pie IX, dans l’en­cy­clique Quanto Conficiamur [2], le Code de Droit Canonique de 1917, canon 737 §1 [3], une lettre d’Innocent II (XIIe s.) qui cite saint Augustin et saint Ambroise à l’ap­pui [4], une lettre d’Innocent III (XIIIe s.) [5], indi­rec­te­ment un canon du Concile de Trente [6], et la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin (s’ap­puyant notam­ment sur saint Ambroise) [7].

Nous don­nons ici le texte de cette lettre du Saint-​Office du 8 août 1949.

Cette Suprême Sacrée Congrégation a sui­vi très attentive­ment le com­men­ce­ment et le cours de la sérieuse contro­verse, sou­le­vée par cer­tains asso­ciés du St. Benedict Center et du Boston College, concer­nant l’in­ter­pré­ta­tion de la maxime : « Hors de l’Eglise point de salut ».

Après avoir exa­mi­né tous les docu­ments néces­saires ou utiles sur ce sujet – entre autres le dos­sier envoyé par votre chan­cellerie, les recours et rap­ports ou les asso­ciés du St. Benedict Center exposent leurs opi­nions et leurs récla­ma­tions, et en outre beau­coup d’autres docu­ments se rap­por­tant à cette contro­verse recueillis par voie offi­cielle, – la Sacrée Congrégation a acquis la cer­ti­tude que cette mal­heu­reuse ques­tion a été sou­le­vée parce que le prin­cipe « hors de l’Eglise point de salut » n’a pas été bien com­pris ni exa­mi­né et que la contro­verse s’est enve­ni­mée par Suite d’un sérieux man­que­ment à la dis­ci­pline, pro­ve­nant du fait que cer­tains membres des asso­cia­tions men­tion­nées ont refu­sé res­pect et obéis­sance aux auto­ri­tés légitimes.

En consé­quence, les Eminentissimes et Révérendissimes Car­dinaux de notre Suprême Congrégation ont décré­té en ses­sion plé­nière, le mer­cre­di 27 juillet 1949, et le Souverain Pontife, en l’au­dience du jeu­di sui­vant 28 juillet 1949, a dai­gné approu­ver l’en­voi des expli­ca­tions doc­tri­nales, de l’in­vi­ta­tion et des exhor­tations suivantes :

Nous sommes obli­gés par la foi divine et catho­lique à croire toutes les choses que contient la Parole de Dieu, Ecriture ou Tradition, et que l’Eglise pro­po­sé à la foi comme divi­ne­ment solen­nelle, mais encore par son magis­tère ordi­naire et uni­ver­sel [8].

Or, par­mi les choses que l’Eglise a tou­jours prê­chées et ne ces­se­ra pas d’en­sei­gner, il y a aus­si cette décla­ra­tion infaillible où il est dit qu’il n’y a pas de salut hors de l’Eglise.

Cependant, ce dogme doit s’en­tendre dans le sens que lui attri­bue l’Eglise elle-​même. Le Sauveur, en effet, a confié l’ex­plication des choses conte­nues dans le dépôt de la foi, non pas au juge­ment pri­vé, mais à l’en­sei­gne­ment de l’au­to­ri­té ecclésiastique.

Or, en pre­mier lieu, l’Eglise enseigne qu’en cette matière il existe un man­dat très strict de Jésus-​Christ, car il a char­gé expli­ci­te­ment ses apôtres d’en­sei­gner à toutes les nations d’ob­server toutes les choses qu’il avait lui-​même ordon­nées [9].

Le moindre de ces com­man­de­ments n’est pas celui qui nous ordonne de nous incor­po­rer par le Baptême au Corps mys­tique du Christ qui est l’Eglise, et de res­ter unis avec lui et avec son Vicaire par qui lui-​même gou­verne ici-​bas son Eglise de façon visible.

C’est pour­quoi nul ne se sau­ve­ra si, sachant que l’Eglise est d’ins­ti­tu­tion divine par le Christ, il refuse mal­gré cela de se sou­mettre à elle ou se sépare de l’o­bé­dience du Pontife romain, Vicaire du Christ sur la terre.

Non seule­ment notre Sauveur a‑t-​il ordon­né que tous les peuples entrent dans l’Eglise, il a aus­si décré­té que c’est là un moyen de salut sans lequel nul ne peut entrer dans le royaume éter­nel de la gloire.

Dans son infi­nie misé­ri­corde, Dieu a vou­lu que, puis­qu’il s’a­gis­sait des moyens de salut ordon­nés à la fin ultime de l’homme non par néces­si­té intrin­sèque, mais seule­ment par ins­ti­tu­tion divine, leurs effets salu­taires puissent éga­le­ment être obte­nus dans cer­taines cir­cons­tances, lorsque ces moyens sont seule­ment objets de « désir » ou de « sou­hait ». Ce point est clai­re­ment éta­bli au Concile de Trente aus­si bien à pro­pos du sacre­ment de Baptême qu’à pro­pos de la Pénitence [10].

Il faut en dire autant, à son plan, de l’Eglise en tant que moyen géné­ral de salut. C’est pour­quoi, pour qu’une per­sonne obtienne son salut éter­nel, il n’est pas tou­jours requis qu’elle soit de fait incor­po­rée à l’Eglise à titre de membre, mais il faut lui être uni tout au moins par désir ou souhait.

Cependant, il n’est pas tou­jours néces­saire que ce sou­hait soit expli­cite comme dans le cas des caté­chu­mènes. Lorsque quel­qu’un est dans une igno­rance invin­cible, Dieu accepte un désir impli­cite, ain­si appe­lé parce qu’il est inclus dans la bonne dis­po­si­tion de l’âme, par laquelle l’on désire confor­mer sa vo­lonté à celle de Dieu.

Ces choses sont clai­re­ment expri­mées dans la Lettre dogma­tique publiée par le Souverain Pontife Pie XII, le 29 juin 1943, « sur le Corps mys­tique de Jésus-​Christ » [11], Dans cette Lettre, en effet, le Souverain Pontife dis­tingue clai­re­ment ceux qui sont actuel­le­ment incor­po­rés à l’Eglise comme membres et ceux qui lui sont unis par le désir seulement.

Parlant des membres qui forment ici-​bas le Corps mys­tique, le même auguste Pontife dit : « Seuls font par­tie des membres de l’Eglise ceux qui ont reçu le Baptême de régé­né­ra­tion et pro­fessent la vraie foi, qui, d’autre part, ne se sont pas pour leur mal­heur sépa­rés de l’en­semble du Corps ou n’en ont pas été retran­chés pour des fautes très graves par l’au­to­ri­té légi­time » [12].

Vers la fin de la même Encyclique, invi­tant à l’u­ni­té, avec la plus grande affec­tion, ceux qui n’ap­par­tiennent pas au corps de l’Eglise catho­lique, il men­tionne ceux qui « par un cer­tain désir et sou­hait incons­cient, se trouvent ordon­nés au Corps mys­tique du Rédempteur »[13]. Il ne les exclut aucu­ne­ment du salut éter­nel, mais il affirme par ailleurs qu’ils se trouvent dans un état « où nul ne peut être sûr de son salut éter­nel »[14], et même qu” « ils sont pri­vés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Eglise catho­lique » [15].

Par ces paroles, le Pape condamne aus­si bien ceux qui excluent du salut éter­nel les hommes qui ne sont unis à l’Eglise que par le désir impli­cite, que ceux qui affirment erro­né­ment que tous les hommes peuvent se sau­ver à titre égal dans toutes les reli­gions [16].

Cependant, il ne fau­drait pas croire que n’im­porte quelle sorte de désir d’en­trer dans l’Eglise suf­fise pour le salut. Le désir par lequel quel­qu’un adhère à l’Eglise doit être ani­mé de cha­ri­té par­faite. Un désir impli­cite ne peut pas non plus pro­duire son effet si l’on ne pos­sède pas la foi sur­na­tu­relle « car celui qui s’ap­proche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il rému­nère ceux qui le cherchent » [17]. Le Concile de Trente déclare [18] : « La foi est le prin­cipe du salut de l’homme, le fon­de­ment et la racine de toute jus­ti­fi­ca­tion. Sans elle, il est impos­sible de plaire à Dieu et de comp­ter par­mi ses enfants » [19].

Il est évident, d’a­près ce qui pré­cède, que les idées pro­po­sées par le pério­dique From the Housetops (n. 3) comme l’enseigne­ment authen­tique de l’Eglise catho­lique, sont loin de l’être et sont très dan­ge­reuses aus­si bien pour ceux qui sont dans l’Eglise que pour ceux qui vivent en dehors d’elle.

De cet expo­sé doc­tri­nal découlent cer­taines conclu­sions tou­chant à la dis­ci­pline et à la conduite que ne peuvent mécon­naître ceux qui défendent avec vigueur la néces­si­té d’appar­tenir à la véri­table Eglise et de se sou­mettre à l’au­to­ri­té du Pontife romain et des évêques « que l’Esprit-​Saint a dési­gnés pour gou­ver­ner l’Eglise » [20].

C’est pour­quoi il est inex­pli­cable que le St. Benedict Center puisse pré­tendre être un groupe catho­lique et dési­rer être con­sidéré comme tel et qu’en même temps il ne se conforme pas aux pres­crip­tions des canons 1381 et 1382 du Code de droit cano­nique, et conti­nue d’être une cause de dis­corde et de révolte contre l’au­to­ri­té ecclé­sias­tique, et de trouble pour beau­coup de consciences.

En outre, il est dif­fi­cile de com­prendre qu’un membre d’un Institut reli­gieux, le P. Feeney, se pré­sente comme « défen­seur de la foi » et qu’en même temps il n’hé­site pas à atta­quer l’en­sei­gne­ment don­né par les auto­ri­tés légi­times et ne craigne même pas d’en­cou­rir les graves sanc­tions dont le menacent les sacrés canons pour les vio­la­tions graves de ses devoirs de reli­gieux, de prêtre et de simple membre de l’Eglise.

Enfin, il n’est pas pru­dent de tolé­rer que cer­tains catho­liques reven­diquent pour eux-​mêmes le droit de publier un pério­dique, dans l’in­ten­tion d’y expo­ser des doc­trines théo­lo­giques, sans la per­mis­sion de l’au­to­ri­té ecclé­sias­tique com­pé­tente, que l’on appelle impri­ma­tur et qui est pres­crite par les sacrés canons.

Ceux, donc, qui s’ex­posent au grave dan­ger de s’op­po­ser à l’Eglise, doivent médi­ter sérieu­se­ment qu’une fois que « Rome a par­lé », ils ne peuvent pas­ser outre même pour des rai­sons de bonne foi. Leur lien à l’Eglise et leur devoir d’o­béis­sance sont cer­tai­ne­ment plus stricts que pour ceux qui adhèrent à elle « seule­ment par un désir incons­cient ». Qu’ils com­prennent qu’ils sont les enfants de l’Eglise, affec­tueu­se­ment sou­te­nus par elle avec le lait de la doc­trine et les sacre­ments, et que, après avoir enten­du la voix de leur Mère, ils ne peuvent donc pas être excu­sés d’i­gno­rance cou­pable. Qu’ils com­prennent que le prin­cipe sui­vant s’ap­plique à eux sans res­tric­tion : « La sou­mis­sion à l’Eglise catho­lique et au Souverain Pontife est néces­saire au salut ».

Ce docu­ment était ren­du public le 4 sep­tembre 1952.

Le Père Feeney, au lieu de se sou­mettre, se révol­ta davan­tage et com­men­ça une cam­pagne de vio­lence contre les auto­ri­tés reli­gieuses. Le 25 octobre 1952, le Père fut man­dé à Rome ; il refu­sa de s’y rendre ; après un der­nier aver­tis­se­ment, il fut excommunié.

Il conti­nue à occu­per le Centre Saint-​Benoît et a une cen­taine d’a­deptes qui, au milieu de leurs prières, lancent des invec­tives aux auto­ri­tés reli­gieuses. Ils se nomment « Esclaves du Cœur Immaculé de Marie ».

Comme le prêtre Léonard Feeney, rési­dant à Boston (Saint Benedict Center), lequel à cause du grave refus d’o­béis­sance à l’Autorité ecclé­sias­tique avait été déjà sus­pen­du « a divi­nis », non­obs­tant les aver­tis­se­ments réité­rés et l’ins­tante menace d’ex­com­mu­ni­ca­tion à encou­rir ipso fac­to, n’est pas venu à rési­piscence, les Eminentissimes et Révérendissimes Pères pré­po­sés à la sau­ve­garde de la foi et des mœurs, dans la séance plé­nière du mer­cre­di 4 février 1953, l’ont décla­ré excom­mu­nié avec tous les effets de droit.

Et le jeu­di 12 février 1953, Sa Sainteté Pie XII, Pape par la Providence de Dieu, a approu­vé, confir­mé le décret des Eminen­tissimes Pères et ordon­né qu’il fût ren­du public.

Source : Documents Pontificaux de S. S. Pie XII, Edition Saint-​Augustin Saint-​Maurice, 1949. – D’après le texte latin des A. A. S., XXXXV, 1953, p. 100.

Notes de bas de page

  1. En par­ti­cu­lier le site inter­net vati­can­ca­tho­lique qui n’est très cer­tai­ne­ment pas catho­lique[]
  2. « Nous le savons et vous le savez, ceux qui ignorent invin­ci­ble­ment notre reli­gion sainte, qui observent avec soin la loi natu­relle et ses pré­ceptes, gra­vés par Dieu dans le cœur de tous, qui sont dis­po­sés à obéir au Seigneur, et qui mènent une vie hono­rable et juste, peuvent avec l’aide de la lumière et de la grâce divine, acqué­rir la vie éter­nelle »[]
  3. « Le bap­tême, porte et fon­de­ment des autres sacre­ments, est néces­saire, de fait ou tout au moins de désir [in re vel sal­tem in voto], au salut de tous »[]
  4. Lettre Apostolicam Sedem à l’é­vêque de Crémone, Dz n° 741 : « Le pres­bytre dont tu as dit qu’il a fini ses jours sans l’eau du bap­tême, nous affir­mons sans hési­ter que puisqu’il a per­sé­vé­ré dans la foi de la sainte Mère l’Église et dans la pro­fes­sion du nom du Christ, il a été libé­ré du péché ori­gi­nel et a obte­nu la joie de la patrie céleste. Lis en outre le hui­tième livre De civi­tate Dei d’Augustin où on lit entre autres : « Le bap­tême est admi­nis­tré de façon invi­sible lorsque ce n’est pas le mépris de la reli­gion mais la bar­rière de la néces­si­té qui l’exclut ». Ouvre éga­le­ment le livre du bien­heu­reux Ambroise De obi­tu Valentiani qui affirme la même chose.[]
  5. Lettre Debitum offi­cii pon­ti­fi­ca­lis à l’é­vêque Bertold de Metz, 28 août 1206, Dz n° 788 : « Tu m’as très sage­ment fait savoir par ta lettre qu’un juif qui s’est trou­vé à l’article de la mort, et parce qu’il vivait par­mi des juifs seule­ment, s’est plon­gé lui-​même dans l’eau en disant : “Je me bap­tise au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit”. Or tu me demandes si ce juif, qui per­sé­vère dans la foi chré­tienne, doit être bap­ti­sé. Quant à nous, nous répon­dons ain­si à ta fra­ter­ni­té : étant don­né qu’il doit y avoir dis­tinc­tion entre celui qui bap­tise et celui qui est bap­ti­sé, comme le montrent à l’évidence les paroles du Seigneur disant aux apôtres : “Baptisez toutes les nations au nom du Père et du Fils et de l’Esprit Saint” [Mt 28, 19] le juif dont il est ques­tion doit être bap­ti­sé à nou­veau par un autre, pour qu’il appa­raisse qu’autre est celui qui est bap­ti­sé, autre celui qui bap­tise… Cependant s’il était décé­dé aus­si­tôt, il aurait rejoint immé­dia­te­ment la patrie en rai­son de sa foi au sacre­ment, même si ce n’avait pas été en rai­son du sacre­ment de la foi.»[]
  6. 7e ses­sion, Décret sur les sacre­ments, canon 4 : « Si quelqu’un dit que les sacre­ments de la Loi nou­velle ne sont pas néces­saires au salut, mais super­flus, et que, sans eux ou sans le désir de ceux-​ci, les hommes obtiennent de Dieu la grâce de la jus­ti­fi­ca­tion, étant admis que tous ne sont pas néces­saires à cha­cun : qu’il soit ana­thème. »[]
  7. Voir IIIa, q. 68, a. 2 : « D’autre part, on peut n’être pas bap­ti­sé de fait, mais en avoir le désir. C’est le cas de celui qui désire être bap­ti­sé, mais qui par acci­dent est sur­pris par la mort avant d’avoir pu rece­voir le bap­tême. Celui-​là, sans avoir reçu de fait le bap­tême, peut par­ve­nir au salut, à cause du désir du bap­tême, qui pro­cède de la foi “qui agit par la cha­ri­té”, et par laquelle Dieu, dont la puis­sance n’est pas liée aux sacre­ments visibles, sanc­ti­fie inté­rieu­re­ment l’homme. Ainsi S. Ambroise dit-​il de Valentinien qui mou­rut caté­chu­mène : “Celui que je devais régé­né­rer, je l’ai per­du, mais lui n’a pas per­du la grâce qu’il avait deman­dée.”». Voir aus­si III, q. 66, a. 11 : « Pour la même rai­son, on peut aus­si rece­voir l’effet du bap­tême par la ver­tu du Saint-​Esprit, non seule­ment sans le bap­tême d’eau, mais même sans le bap­tême de sang : quand le cœur est mû par le Saint-​Esprit à croire en Dieu et à se repen­tir de son péché.[]
  8. Dz‑B., n. 1792.[]
  9. Matth., XXVIII, 19–20.[]
  10. Dz‑B., n. 797 et 807.[]
  11. A. A. S., XXXV 1943, pp. 193 et s.[]
  12. Cf. Encyclique Mystici Corporis Christi.[]
  13. Cf. Encyclique Mystici Corporis Christi.[]
  14. Ibid.[]
  15. Ibid.[]
  16. Cf. Pape Pie IX, Singulari qua­dam, Dz‑B. n. 1641 s. ; Pie IX, Quanto confi­cia­mur mœrore, Dz‑B., n. 1677.[]
  17. Hébr., XI, 6.[]
  18. Session VI, ch. VIII.[]
  19. Dz‑B., n. 801.[]
  20. Act., XX, 28.[]
5 juin 1948
Concernant les réunions communes entre catholiques et non-catholiques
  • Suprême Congrégation du Saint-Office
  • /Pie XII