Credo n° 183

Le mot du Président

CREDO n° 183 (Octobre-​novembre 2007)

hers amis,

« Reine du très Saint Rosaire, priez pour nous » : Octobre est le mois du Rosaire depuis la vic­toire de Lépante, vic­toire qui a stop­pé l’a­van­cée des Ottomans et pro­té­gé l’Europe chré­tienne. Octobre, mois du Rosaire. l’an pas­sé les deux mil­lions et demi de cha­pe­lets réci­tés et la nuit d’a­do­ra­tion à Lourdes lors du pèle­ri­nage de la FSSPX ont cer­tai­ne­ment contri­bué à cette autre vic­toire : le réta­blis­se­ment offi­ciel de la très Sainte Messe, renou­vel­le­ment non san­glant du Sacrifice de la Croix. Mais il reste beau­coup d’obs­tacles à sur­mon­ter pour que tout soit net et pré­cis. Pour cela cette année il nous faut renou­ve­ler cette nuit d’a­do­ra­tion à Lourdes lors du Pèlerinage qui se dérou­le­ra les 26, 27,et 28 octobre, pen­dant la fête du Christ-​Roi dont nous vou­lons qu’il règne socia­le­ment sur nos socié­tés en com­pa­gnie, si je puis dire, de sa très Sainte Mère.

Je ne suis pas théo­lo­gien, mais il me semble que le texte du Motu Proprio, ain­si que celui de la lettre du Saint Père l’ac­com­pa­gnant, bien qu’as­sez clairs, contiennent des zones troubles : « Rite Ordinaire . Rite extra­or­di­naire . Enrichissement de l’un par l’autre . Réforme de la Réforme .Etc . ». Quel enri­chis­se­ment peut appor­ter la messe équi­voque de Paul VI au tré­sor des tré­sors qu’est la Messe de Saint Pie V, la Messe de tou­jours ? Mgr Lefebvre a dit à Rome :

« La nou­velle messe n’est pas héré­tique, mais elle est équi­voque : l’un peut la dire dans le sens catho­lique et un autre dans le sens protestant ».

Mais Notre Seigneur n’a-​t-​il pas dit : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Démon »(Mat.5,37)? Ce der­nier, Lui-​même, par la bouche d’un Possédé, n’a-​t-​Il pas dit à un prêtre exor­ciste ne célé­brant que la Messe de tou­jours : « Pourquoi ne dis-​tu pas ma Messe ? ». « Mixer » les deux rites serait la pire des choses. Reine du Très Saint Rosaire, priez pour nous !

Comme par hasard, deux jours après la sor­tie du Motu Proprio, le pré­fet de la Congrégation pour la Foi, ex-​Saint-​Office, sor­tait un docu­ment qui nous deman­dait de lire ou étu­dier ou revoir le Concile Vatican II à la Lumière de la Tradition. Cela signi­fie tout bon­ne­ment mais nous le savions déjà que le Concile n’a pas sui­vi la Tradition de la Saint Eglise catho­lique. Ce Concile est donc équi­voque, lui aus­si. Les Paroles de Notre Seigneur résonnent encore dans notre tête : « Que votre oui soit oui que votre non soit non, tout le reste vient du Démon ».

Le com­bat pour notre Sainte Mère l’Eglise catho­lique n’est pas ter­mi­né. Il nous faut res­ter grou­per dans la FSSPX, seul mou­ve­ment res­té entiè­re­ment fidèle à la Tradition et fai­sant peur aux auto­ri­tés romaines qui font tout leur pos­sible pour vider ses cha­pelles de leur fidèles. N’oublions pas qu’un cer­tain Joseph Ratzinger a été un « co-​équipier » de Karl Rahner, théo­lo­gien alle­mand très influent lors du Concile : voir dans les Actes du Congrès SiSiNoNo de jan­vier 1996, le cha­pitre trai­tant de l’in­fluence des Théologiens alle­mands au Concile, par l’ab­bé Pflüger : « Il (Karl Rahner) a exer­cé avec d’autres experts alle­mands, notam­ment Joseph Ratzinger, Aloys Grillmeier, Otto Semmelroth, Bernhard Häring, Hans Kung et frie­drich Wulf une influence indé­niable sur le dérou­le­ment et les déci­sions du Concile Vatican II ». Rahner décla­ra un jour : « Je m’en­tends bien avec Ratzinger et il a du cré­dit auprès de Frings ». C’était l’é­poque où le Rhin se jetait dans le Tibre ! Reine du Très Saint Rosaire, priez pour nous .

Pour nous for­ti­fier et nous ras­su­rer sur la jus­tesse de nos posi­tions vis à vis de Notre Sainte Mère l’Eglise catho­lique, je vous laisse relire deux larges extraits, le pre­mier d’une lettre et le second d’une confé­rence de Mgr Lefebvre. Le 20 décembre 1966, dans une lettre de réponse au Cardinal Ottaviani, Mgr Lefebvre dénon­çait ouver­te­ment les « nou­veau­tés » du Concile Vatican II :

» …Le mal qui ronge l’Eglise se mani­feste actuel­le­ment par la confu­sion des idées, […] mais ce n’est pas autre chose que la conti­nua­tion logique des héré­sies et des erreurs qui minent l’Eglise depuis plu­sieurs siècles, en par­ti­cu­lier après le libé­ra­lisme du siècle der­nier, qui a cher­ché à tout prix à conci­lier l’Eglise et les idées qui ont débou­ché sur la Révolution.
[…] Par ailleurs, chaque fois que des groupes de catho­liques se sont lais­sés atti­rer par ces mythes, les papes les ont cou­ra­geu­se­ment rap­pe­lés à l’ordre, les ont éclai­rés et, lorsque c’é­tait néces­saire, condamnés. […]
Mais cer­tains groupes d’ec­clé­sias­tiques impré­gnés de ces fausses doc­trines avaient réus­si à les répandre dans l’Action Catholique, dans les sémi­naires. Bientôt, les évêques furent choi­sis par­mi ces prêtres. Et c’est ici que se place le Concile, qui s’ap­prê­tait, avec ses com­mis­sions pré­pa­ra­toires, à pro­cla­mer la véri­té face à ces erreurs, pour les faire dis­pa­raître de l’Eglise. Cela aurait été la fin du pro­tes­tan­tisme et le com­men­ce­ment d’une nou­velle ère féconde pour l’Eglise. Au contraire, cette pré­pa­ra­tion a été odieu­se­ment reje­tée, pour faire place à la plus grave tra­gé­die qu’ait jamais subie l’Eglise. Nous avons assis­té au mariage de l’Eglise avec les idées libé­rales. Ce serait nier l’é­vi­dence, se fer­mer les yeux, que de ne pas affir­mer cou­ra­geu­se­ment que le Concile a per­mis à ceux qui pro­fessent les erreurs et les ten­dances condam­nées par les Papes de croire légi­ti­me­ment que leurs doc­trines sont désor­mais approu­vées. […] En règle presque géné­rale, quand le Concile a fait des inno­va­tions, il a frap­pé la cer­ti­tude des véri­tés ensei­gnées par le Magistère authen­tique de l’Eglise comme appar­te­nant défi­ni­ti­ve­ment au tré­sor de la Tradition. Qu’il s’a­gisse de la trans­mis­sion de la juri­dic­tion des évêques, de l’ins­pi­ra­tion scrip­tu­rale, de la néces­si­té de la grâce pour la jus­ti­fi­ca­tion, de la néces­si­té du bap­tême catho­lique, de la vie de la grâce chez les héré­tiques, les schis­ma­tiques et les païens, des fins du mariage, de la liber­té reli­gieuse, des fins der­nières, etc., sur ces points fon­da­men­taux, la doc­trine tra­di­tion­nelle était claire et una­ni­me­ment ensei­gnées dans les uni­ver­si­tés catho­liques. Au contraire, de nom­breux textes du Concile per­mettent désor­mais de dou­ter de ces vérités.
[…] Les doutes sur la néces­si­té de l’Eglise, source unique de salut, sur l’Eglise catho­lique, seule vraie reli­gion, décou­lant des décla­ra­tions sur l’œ­cu­mé­nisme et la liber­té reli­gieuse, détruisent l’au­to­ri­té du Magistère de l’Eglise ? Rome, en effet, n’est plus l’u­nique et néces­saire « Magistra Veritatis » (Maîtresse de Vérité).
Il faut donc conclure, contraints par l’é­vi­dence des faits, que le Concile a favo­ri­sé de façon incon­ce­vable la dif­fu­sion des erreurs libé­rales. La foi, la morale, la dis­ci­pline sont atteintes dans leurs fon­de­ments, selon les pré­vi­sions de tous les Papes. La des­truc­tion de l’Eglise avance à grands pas.
[…] Toutefois le suc­ces­seur de Pierre, et lui seul, peut sau­ver l’Eglise. Que le Saint Père s’en­toure de vigou­reux défen­seurs de la foi, qu’il les désigne dans les dio­cèses les plus impor­tants. Qu’il daigne pro­cla­mer, par des docu­ments impor­tants, la véri­té, pour com­battre l’er­reur sans crainte des contra­dic­tions, sans crainte des schismes, sans crainte de remettre en cause les dis­po­si­tions pas­to­rales du Concile. »

Dans une confé­rence du 23 novembre 1980 don­née à Angers, Mgr Lefebvre par­laient des rai­sons de notre combat :

« Le libé­ra­lisme, c’est un état d’es­prit for­mé à ces erreurs libé­rales que nous res­pi­rons tous les jours dans nos socié­tés. Nous en sommes tous plus ou moins infec­tés et empoi­son­nés, parce que nous n’ar­ri­vons plus à conce­voir une socié­té catho­lique. Nous n’a­vons jamais vu ça, nous n’a­vons pas pu voir ça : il fau­drait retour­ner avant la Révolution, il fau­drait se trou­ver dans le Moyen Age. Il fau­drait revoir cette socié­té pro­fon­dé­ment chré­tienne. Il fau­drait revoir cette foi qui ani­mait les popu­la­tions de nos ancêtres capables de construire ces cathé­drales. […] Maintenant, on vit dans un tel cli­mat d’a­théisme, sinon d’a­théisme de théisme, mais plus de christianisme !
On ne veut plus du règne social de Notre Seigneur Jésus-​Christ, parce que Notre Seigneur nous impose sa manière de pen­ser. Il nous impose ses dogmes. Nous n’a­vons pas à résis­ter à ses dogmes, or ça, c’est fon­ciè­re­ment contraire aux idées maçon­niques : il ne peut pas y avoir de dogmes, la rai­son humaine ne peut pas accep­ter quelque chose qu’elle ne com­prend pas et elle ne peut pas accep­ter une véri­té qui lui est impo­sée du dehors.
Alors, main­te­nant, ces idées sont répan­dues dans le monde entier. Il n’y a plus d’Etat vrai­ment catho­lique, ça n’existe plus. Il exis­tait encore quelques Etats Catholiques, il y a quelque temps : l’Espagne, l’Italie, même l’Irlande et beau­coup d’Etats d’Amérique du Sud, qui étaient des Etats où, dans la Constitution il était mar­qué : « La reli­gion catho­lique est la reli­gion recon­nue par l’Etat, la seule reli­gion publi­que­ment recon­nue par le Gouvernement ». Eh bien, jus­te­ment par cette oppo­si­tion au règne social de Notre Seigneur Jésus-​Christ depuis le Concile, par­ti­cu­liè­re­ment par le décret sur la liber­té reli­gieuse, on s’est oppo­sé à ce règne de Notre Seigneur. Et c’est le Saint-​Siège qui a deman­dé à ces Etats de sup­pri­mer ces articles de leurs Constitutions ! Alors ? Le Saint-​Siège demande aux Etats que Notre Seigneur ne règne plus sur leurs Etats !
J’ai enten­du moi-​même le Président de la Colombie regret­ter… Il se trou­vait devant le Nonce et devant les délé­gués des Episcopats colom­biens au moment où s’est fait ce chan­ge­ment de la Constitution… Il y avait le Nonce qui a par­lé, il y avait le repré­sen­tant des Evêques qui a par­lé et le Président de la République colom­bienne. Eh bien, le dis­cours le plus catho­lique des trois a été celui du Président de la République colombienne.
Les Evêques disaient : nous agis­sons selon les prin­cipes qui nous ont été don­nés par le Concile dans le décret de la liber­té reli­gieuse… Donc plus d’Etats catho­liques, liber­té de toutes les reli­gions dans tous les Etats… l’Etat athée, pra­ti­que­ment, l’Etat laïc.
Le Président de la République colom­bienne ; lui, expri­mait des regrets : il sen­tait son peuple : que vont dire les Colombiens devant cet évé­ne­ment ? Que vont dire les écoles catho­liques qui étaient sou­te­nues par l’Etat ?
J” ai dit cela au Pape quand je l’ai vu il y a deux ans. Je lui ai dit : « Mais com­ment est-​il pos­sible que l’Eglise elle-​même, en rai­son du décret de la liber­té reli­gieuse, sup­prime des Etats catho­liques et le règne social de Notre Seigneur ? » « Oh ! Mais.. ce n’est pas tout à fait cela, quand même… ce n’est pas tout à fait cela… ». Je lui ai dit : « si vous vou­lez, je vais vous citer la parole du Nonce que je suis allé voir à Berne. J’ai dit, en effet, la même chose au Nonce : « Vous croyez que ça va faire du bien à l’Eglise cette sup­pres­sion des Etats catho­liques ? » Il me dit : » Ah ! Mais vous com­pre­nez que si l’on sup­prime les Etats catho­liques, comme cela, ça nous don­ne­ra une plus grande liber­té reli­gieuse chez les Soviets ». … C’est de l’i­ma­gi­na­tion pure ! Je lui ai dit : « Alors vous sup­pri­mez le règne social de Notre Seigneur Jésus-​Christ ? Vous n’a­vez pas le droit ! Qu’est-​ce que vous faites de l’en­cy­clique « Quas Primas » ? Le Pape Pie XI qui affirme le dogme du règne social de notre Seigneur Jésus-​Christ, qu’est-​ce que vous en faites ? » « Oh, le Pape ne l’é­cri­rait plus », voi­là ce que m’a dit le Nonce de Berne ». Alors le Pape m’a dit : « Oh ! Oui, mais il ne l’é­cri­rait peut-​être plus tout à fait de la même façon … »
Je pense bien que, si Pie XI était là, il refe­rait son ency­clique avec le règne social de Notre Seigneur Jésus-​Christ ! Et il dirait aux Etats : Vous ne serez sau­vés et vous n’au­rez les béné­dic­tions du Bon Dieu que quand Notre Seigneur règne­ra sur vous et vos sociétés !
Quand Notre Seigneur revien­dra sur les nuées du Ciel, il règne­ra bien sur les socié­tés ! Et tous ces pré­si­dents d’ins­ti­tuts laïcs et tout ça, on ver­ra bien ce qu’ils feront devant Notre Seigneur venant sur les nuées du Ciel pour les juger.
Et je disais au Pape cette même consi­dé­ra­tion : voyez, les Etats pro­tes­tants sont pro­tes­tants, ils demeurent pro­tes­tants : l’Angleterre, la Suède, le Danemark, tous les Etats qui sont pro­tes­tants ont dans leurs Constitutions : « La seule reli­gion qui est recon­nue par l’Etat, c’est le pro­tes­tan­tisme ». Il serait impos­sible – actuel­le­ment du moins – pour une Reine d’Angleterre de n’être pas pro­tes­tante. C’est bien impos­sible aus­si pour une Reine de Hollande de ne pas être pro­tes­tante : vous l’a­vez bien vu, celle qui s’est mariée avec le fils du Prince Xavier de Bourbon, celle qui devrait être Reine de Hollande : elle ne peut pas l’être, parce qu’elle a fait un mariage catho­lique. Et vous vous sou­ve­nez de ce scan­dale énorme de ce Français qui s’est marié avec la Princesse du Danemark et qui a apos­ta­sié pour pou­voir régner sur le Danemark. Vous voyez donc, ces Etats-​là sont pro­tes­tants, et farou­che­ment protestants.
Passons main­te­nant chez les Etats musul­mans. Ils sont encore pires. Les Etats musul­mans sont encore plus farou­che­ment musul­mans que n’im­porte quel Etat pro­tes­tant. Pas ques­tion qu’il y ait des Présidents, dans ces Etats, qui ne soient pas musulmans !
Passez dans les Etats com­mu­nistes. Est-​ce qu’on peut ima­gi­ner un Président d’un Etat com­mu­niste qui ne soit pas membre du Parti ? C’est incon­ce­vable, c’est impos­sible, c’est une reli­gion, le com­mu­nisme, c’est une reli­gion d’a­théisme, mais c’est une religion.
J’ai dit au Pape : Voyez tous ces pays-​là qui gardent leurs reli­gions, eux : les pays com­mu­nistes gardent le com­mu­nisme, les pays pro­tes­tants gardent leur pro­tes­tan­tisme, les pays musul­mans gardent leur islam et les autres ..; Alors, il n’y aurait que la seule véri­table reli­gion, Notre Seigneur Jésus-​Christ, le vrai Roi, le vrai Dieu, qui n’au­rait pas le droit de régner sur les socié­tés ? C’est impensable !
Quand vous faites cela, vous êtes en train de détruire l’Eglise catho­lique. L’Eglise catho­lique va se trou­ver impuis­sante devant tous ces Etats ! […] Le Pape ne peut plus s’a­dres­ser à l’Espagne. Il ne peut plus s’a­dres­ser à l’Italie, il ne peut plus s’a­dres­ser à la France. Quand c’é­taient des Etats catho­liques, le Pape pou­vait dire : « Ecoutez, venez à mon secours pour sau­ver telle et telle com­mu­nau­té catho­lique qui est en train de dis­pa­raître ! » Et main­te­nant, les Etats lui répondent : « Ah ! Nous ne sommes plus catho­liques, nous ne pou­vons plus rien pour vous. Vous avez deman­dé vous-​même que nous ne soyons plus catho­liques : nous ne pou­vons plus rien faire pour vous ».
L’Eglise se trouve aban­don­née, elle ne peut plus rien faire.
Le Pape ne m’a pas répondu.
Donc nous devons recon­naître, par exemple, que, dans le Concile, ce décret de la liber­té reli­gieuse est contraire à ce que le Pape Pie IX a ensei­gné tex­tuel­le­ment ! Qu’est-​ce qu’il faut croire ? J’ai eu l’oc­ca­sion de le dire au Pape Paul VI dans l’au­dience que j’ai eue avec lui éga­le­ment. Je lui ai dit : « Mais, Très Saint Père, vous dites que nous sommes déso­béis­sants. Mais com­ment voulez-​vous qu’on fasse ? Le décret de la liber­té reli­gieuse nous affirme une chose, le Pape Pie IX, le Pape Grégoire XVI et tous les Papes qui ont sui­vi nous enseignent exac­te­ment tex­tuel­le­ment le contraire. Qu’est-​ce qu’il faut choi­sir ? Moi, j’ai tou­jours choi­si, je choi­sis Pie IX et les autres, parce qu’ils repré­sentent toute la Tradition de l’Eglise, ils repré­sentent ce que l’Eglise a tou­jours ensei­gné pen­dant des siècles. Alors, je ne peux pas accep­ter ce que le Concile dit dans le décret de la liber­té reli­gieuse, parce que c’est exac­te­ment l’op­po­sé. Vous me met­tez devant un pro­blème impos­sible ». Vous savez ce qu’il m’a répon­du à ce moment-​là ? Il m’a dit:« Ah, nous ne pou­vons pas nous occu­per ici des ques­tions théo­lo­giques » ! Bien sûr que je n’é­tais pas là pour dis­cu­ter des ques­tions théo­lo­giques, mais tout de même … on nous met devant des cas impossibles.
Personnellement, je suis inti­me­ment per­sua­dé que les Catholiques, les Prêtres doivent refu­ser des décrets comme celui-​là, refu­ser, parce qu’ils sont contraires au Magistère de l’Eglise. […] Parce que c’est là un cri­tère. Prenez la parole de Saint Paul. Voyez, Saint Paul dit : « Si un ange du Ciel ou moi-​même (moi Paul) je venais vous ensei­gner aujourd’­hui une véri­té contraire à celle qui vous a été ensei­gnée pri­mi­ti­ve­ment qu’il soit ana­thème, que je sois ana­thème ». A quoi Saint Paul se réfère-​t-​il ? Il sup­pose qu’il puisse y avoir éven­tuel­le­ment un ensei­gne­ment qui ne soit pas conforme à ce qui a été ensei­gné pri­mi­ti­ve­ment. Et où va-​t-​il trou­ver jus­te­ment le cri­tère de la véri­té, le cri­tère de la Foi ? Ce qui a été ensei­gné primitivement.
Eh bien, je dis : ce décret de la liber­té reli­gieuse n’est pas conforme à ce qui a été ensei­gné pri­mi­ti­ve­ment : tous les Papes ont tou­jours dit qu’il y a une Vérité, que l’Eglise est la Vérité et qu’on n’a pas un droit natu­rel à pou­voir choi­sir entre la véri­té et l’er­reur. Or c’est ce qu’ex­prime ce décret : « il y a un droit natu­rel – et pas seule­ment un droit civil ou un droit légal quel­conque, non – un droit natu­rel, basé sur « la digni­té de la per­sonne humaine » de choi­sir entre la véri­té et l’er­reur : vous pou­vez faire ce que vous vou­lez » ; Eh bien, non, ce n’est pas vrai ! Jamais l’Eglise n’a ensei­gné une chose pareille. L’Eglise a tou­jours dit : « il faut adhé­rer à la Vérité, nous devons adhé­rer à la Vérité ». L’erreur, on peut, quel­que­fois, dans cer­taines cir­cons­tances, la tolé­rer. On tolère l’er­reur, on n’adhère pas à l’er­reur. On ne peut pas dire à quel­qu’un qu’il peut adhé­rer à l’erreur.
Tout cela est fait par esprit d’œ­cu­mé­nisme. Le grand mal du Concile est le faux esprit d’œ­cu­mé­nisme, un œcu­mé­nisme qui nous met sur le pied d’é­ga­li­té avec toutes les reli­gions. Eh bien, on ne peut pas mettre Notre Seigneur sur le pied d’é­ga­li­té avec Bouddha, avec Luther, avec tous ces hommes-​là, qui sont des hommes du diable ! « Monseigneur, vous exa­gé­rez de dire des hommes du diable ! ».
Ou ils sont ins­pi­rés par l’Esprit-​Saint, ou ils sont ins­pi­rés par l’es­prit mau­vais. Comment peut-​on sor­tir de là ? S’ils sont ins­pi­rés par le bon Esprit, alors ils sont avec l’Eglise. S’ils enseignent l’er­reur, ils sont ins­pi­rés par l’es­prit du Diable. Chercher autre­ment, ce n’est pas pos­sible. Le diable invente toutes ces reli­gions pour empê­cher les conver­sions, pour main­te­nir en dehors de l’Eglise, dans un sys­tème bien orga­ni­sé, un sys­tème qui prend la famille, qui prend les écoles, qui prend l’é­du­ca­tion, qui prend tous les milieux pour les éloi­gner de l’Eglise.
Voyez comme il est dif­fi­cile de conver­tir un musulman !
J’ai été témoin, pen­dant que j’ai été, pen­dant 15 ans, comme Archevêque, à Dakar, où il y avait 3 mil­lions de Musulmans, 100 mille Catholiques et 400 mille Animistes. On pou­vait bap­ti­ser les Animistes, mais les Musulmans, pra­ti­que­ment impos­sible ! Pour conver­tir un Musulman, il fal­lait que, par exemple, des étu­diants de l’Université arrivent à trou­ver une situa­tion qui leur per­mette de vivre sans être à la charge de leur parents et quittent com­plè­te­ment leurs familles … rup­ture totale avec la famille, fini .. Et ils ris­quaient leur vie.
Nous avions des petits Musulmans dans nos écoles : nous avions dix pour cent (je ne tolé­rais pas davan­tage, sans quoi nos écoles seraient deve­nues musul­manes). Eh bien, ces petits enfants avaient des parents qui disaient eux-​mêmes : « Oui, oui, qu’ils apprennent le caté­chisme, il faut qu’ils apprennent la reli­gion, ça fait rien, la reli­gion, ça leur fait du bien, ils n’ont qu’à apprendre le caté­chisme ». On avait assez sou­vent des petits Musulmans qui étaient pre­miers à l’é­cole du caté­chisme. Ces pauvres enfants voyaient après, les autres enfants qui allaient faire leur Communion. Ils vou­laient aus­si, eux, faire leur Communion. Ah non, Ah non ! Si jamais on avait admis un de ces enfants, même pre­mier au caté­chisme, à rece­voir la Communion, ils auraient mis le feu à notre école ! Impossible !
J’ai visi­té des écoles des Sœurs blanches, au Sahara. Des jeunes filles Musulmanes qui étaient don­nées à éle­ver par les Sœurs fran­cis­caines de Marie en par­ti­cu­lier, qui les éle­vaient admi­ra­ble­ment, sans jamais, bien sûr, les obli­ger à quoi que ce soit, ave­nir à leur Messe, à venir aux exer­cices de pié­té, jamais… Vous pen­sez que ces jeunes filles n’a­vaient pas les yeux fer­més ! Elles voyaient les Sœurs, elles les voyaient prier, elles les voyaient aller à la cha­pelle … Quelquefois elles leur deman­daient : « On ne peut pas aller à la Chapelle avec vous ? On ne peut pas aller prier avec vous ? » Ah, non, atten­tion… on ne peut pas… tout à fait en cachette quel­que­fois… Mais si jamais les Musulmans avaient appris que les Sœurs avaient l’in­ten­tion, plus ou moins, ou de les bap­ti­ser ou de les conver­tir, les Sœurs étaient expul­sées immé­dia­te­ment et l’é­cole fer­mée sur le champ.
[…] Impossible ! Et ça, c’est le diable qui fait cela, le diable les enserre de façon à empê­cher toute conver­sion. Alors, n’al­lons pas dire que ces religions-​là valent notre reli­gion, valent la reli­gion de Notre Seigneur ! N’allons pas faire des cour­bettes… Quand c’est le diable, c’est le diable… Peut-​être cer­tains aspects peuvent être appa­rem­ment magni­fique, mais le diable se sert tou­jours de cer­tains aspects de véri­té pour per­ver­tir les âmes : il y a tou­jours une appa­rence de vérité.
Alors, ce décret de la liber­té reli­gieuse est une erreur qui est ensei­gnée et qui nous est don­née par le Concile. Qu’est-​ce que nous devons faire ? Nous ne devons pas accep­ter ce décret, pas pos­sible. Et il en est ain­si de toute la réforme litur­gique, faite dans un esprit œcu­mé­nique, aussi.
Comment l’Eglise en est-​elle arri­vée à faire une chose pareille ? L’esprit libé­ral est entré à l’in­té­rieur de l’Eglise. L’esprit libé­ral est un esprit ten­té par le monde, par toutes ces liber­tés, comme une espèce d’en­voû­te­ment. Absolument comme les libé­raux ont été envoû­tés, aus­si, par la Révolution fran­çaise. Lorsque, cin­quante ans après, la France s’est trou­vée devant la Révolution : faut-​il conti­nuer les consé­quences de la Révolution, faut-​il s’y oppo­ser ? Il y avait, évi­dem­ment, ceux qui étaient net­te­ment oppo­sés aux prin­cipes de la Révolution et d’autres qui disaient sim­ple­ment : il faut s’op­po­ser aux excès, aux abus, aux vio­lences de la Révolution, oui… mais les prin­cipes de la Révolution, il suf­fit de les chris­tia­ni­ser un peu et on s’ar­range très bien avec… Eh bien, ç’a été la perte de la France. Le Pape Léon XIII ne s’est pas ren­du compte de ce qu’é­taient réel­le­ment les têtes maçon­niques qui diri­geaient la France à ce moment-​là et a cru qu’on pou­vait faire le ral­lie­ment. La réponse, ç’a à été le minis­tère Combe, les églises cro­che­tées, la main-​mise sur tous les biens de l’Eglise… Le Libéralisme, c’est cela…
Eh bien, c’est un peu cela, main­te­nant, avec le Concile. Il y en a qui disent : « On pour­rait en accep­ter les prin­cipes, mais il ne faut pas en accep­ter les excès ». Mais le ver libé­ral est dans le fruit ! C’est faux d’es­sayer de limi­ter les excès… Si la mala­die est dans le fruit, ça revient tou­jours ! Il faut vrai­ment enle­ver ce ver qui est dans le fruit, les erreurs qui sont à l’in­té­rieur de cette pen­sée libé­rale. Un jour, il fau­dra reve­nir, nous serons bien for­cés par les évé­ne­ments ou par les catas­trophes que le Bon Dieu, peut-​être, enver­ra comme puni­tion pour n’a­voir pas accep­té le règne social de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Mais ils seront for­cés, parce qu’il n’y aura plus rien, tout sera détruit, tout sera démo­li, il ne res­te­ra plus de sémi­naires, il ne res­te­ra plus de vrais prêtres, il ne res­te­ra plus de Sacrifice, tout ira en déliquescence…
Alors, qu’est-​ce qu’il faut faire ? On est bien obli­gé de reve­nir à la Tradition si l’on veut que l’Eglise ait un vrai renou­veau. C’est pour­quoi, même sans vou­loir gagner, sans vou­loir dire : « c’est nous qui avons gagné », une espèce de désir de conten­te­ment de voir que nous avons rai­son… mais non, ce n’est pas cela qui compte, mais c’est le salut des âmes, la conti­nui­té de l’Eglise, le devoir que nous avons envers Notre Seigneur Jésus-​Christ qui doit régner, c’est cela qui nous main­tient, c’est cela qui nous fait tenir ! Mais de toute façon nous sommes néces­sai­re­ment gagnants au départ, nous pou­vons mou­rir, si une bombe ato­mique nous fait tous périr, ce que nous aurons fait, ce que nous aurons ensei­gné, ce que nous aurons dit, étant don­né que c’est conforme à ce qui a été ensei­gné – comme le dit Saint Paul – pri­mi­ti­ve­ment, nous sommes dans la Vérité, cette Vérité ne peut pas périr, ce n’est pas pos­sible. Alors, nous devons conti­nuer, tout sim­ple­ment, comme ont fait nos parents, nos grands-​parents, nous conti­nuons la reli­gion de tou­jours. […]

Pour fêter le Christ-​Roi, je ne puis faire mieux que de citer ce pas­sage de l’en­cy­clique Quas Primas du 11 décembre 1925 sur la royau­té social de notre Seigneur Jésus-Christ :

« Les Etats, à leur tour appren­dront par la célé­bra­tion annuelle de cette fête que tous les gou­ver­nants et les magis­trats ont l’o­bli­ga­tion, aus­si bien que les par­ti­cu­liers, de rendre au Christ un culte public et d’o­béir à ses lois. Les chefs de la socié­té civile se rap­pel­le­ront, de leur côté, le juge­ment final, où le Christ accu­se­ra ceux qui L’ont expul­sé de la vie publique, mais aus­si ceux qui L’ont dédai­gneu­se­ment mis de côté où igno­ré, et tire­ra de pareils outrages la plus ter­rible ven­geance ; car sa digni­té royale exige que l’Etat tout entier se règle sur les com­man­de­ments de Dieu et les prin­cipes chré­tiens dans l’é­ta­blis­se­ment des lois, dans l’ad­mi­nis­tra­tion de la jus­tice, dans la for­ma­tion intel­lec­tuelle et morale de la jeu­nesse, qui doit res­pec­ter la saine doc­trine et la pure­té des mœurs. »

Mais le Concile a détruit ces doctes ensei­gne­ments et le Nouvel Ordo Missae a non seule­ment repous­sé la fête du Christ-​Roi en fin d’an­née litur­gique, mais a sup­pri­mé ou tron­qué les trois strophes sui­vantes de l’hymne des Vêpres de cette fête :

Strophe 2
Une foule scé­lé­rate vocifère
Du Règne du Christ nous ne voulons,
Mais c’est Toi que nos ovations
Proclament sou­ve­rain Roi de tous
Strophe 6
Qu’à Toi les chefs des nations
Apportent public hommage !
Que T’honorent maîtres et jugent
Que lois et arts Te manifestent !
Strophe 7
Que brillent par leur soumission
Des rois les éten­dards à Toi consacrés
Et qu’à Ton doux sceptre se soumettent
Des citoyens la patrie et les foyers.

Cet exemple est don­né par Mgr Lefebvre dans son magni­fique livre Ils l’ont décou­ron­né. Il reste donc beau­coup à faire pour le salut des âmes et la conti­nui­té de l’Eglise. Aussi Il nous faut retour­ner à Lourdes cette année pour sup­plier la Très Sainte Vierge de nous aider, car seuls nous ne pou­vons rien. Et si nous n’al­lons pas à Lourdes, ce dimanche 28 octobre réci­tons un Rosaire spé­cial en famille, ou bien deman­dons à nos prieurs de faire une heure d’a­do­ra­tion dans nos cha­pelles en com­mu­nion avec les pèle­rins qui seront à Lourdes. Seul le cha­pe­let nous sau­ve­ra, comme à Lépante, car il nous faut obéir à St Paul : « Tout res­tau­rer dans le Christ ».

Jean BOJO, En la fête du Cour Immaculé de Marie .

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« CREDO, revue bimes­trielle, com­po­sée par des laïcs, n’est pas une revue d’ac­tua­li­té mais veut être, tant dans le domaine spi­ri­tuel que tem­po­rel, un sti­mu­lant pour les fidèles, un ciment pour sou­te­nir la foi catho­lique, main­te­nir la Messe de tou­jours et trans­mettre toute la Révélation et la Tradition de l’Eglise Catholique, dans le sillage de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie‑X. »

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