Editorial du n° 53 de avril 2019 – Aux Sources du Carmel

Cher frère, Chère sœur,

Toute l’his­toire sur­na­tu­relle se résume en ce seul mot : l’u­nion à Dieu par Notre-​Seigneur Jésus-​Christ. Le but de notre vie, c’est l’u­nion avec le Bien infi­ni, lequel est notre fin der­nière, comme il est notre pre­mier prin­cipe, selon les paroles du Psalmiste : « Mon bien, c’est de m’at­ta­cher à Dieu. » [ps. 72.].

Mais com­ment peut-​on s’unir à Dieu ? Par l’in­tel­li­gence et la volon­té, c’est-​à-​dire par les pen­sées et les affec­tions. Créée à l’i­mage et à la res­sem­blance de Dieu qui est intel­li­gence et amour, l’âme humaine est faite pour Le connaître et L’aimer. Pour effec­tuer, cepen­dant, cette divine union, les pen­sées et les affec­tions doivent être sur­na­tu­relles. Dieu vient en aide à notre inca­pa­ci­té native en nous don­nant la grâce sanc­ti­fiante accom­pa­gnée de la foi, de l’es­pé­rance, de la divine cha­ri­té et des autres ver­tus infuses. La foi et l’es­pé­rance nous attachent à Dieu comme au prin­cipe d’où nous arrive la véri­té sur­na­tu­relle et d’où pro­vient notre éter­nel bon­heur. Cependant, pri­vées de la divine cha­ri­té, elles ne nous uni­raient à Dieu que d’une manière insuf­fi­sante pour le salut éter­nel. Seule la cha­ri­té nous unit plei­ne­ment à notre Dieu. « Celui-​là demeure en Dieu, et Dieu demeure en Lui, qui demeure dans la cha­ri­té. »[1 Jn IV, 16.].

Il y a cepen­dant des degrés dans cette union. Le Docteur angé­lique nous signale trois éche­lons par les­quels l’âme déjà unie à Dieu par la grâce et la cha­ri­té, s’é­lève aux som­mets de l’u­nion divine : « Ainsi, en pre­mier lieu, sa pré­oc­cu­pa­tion doit être de résis­ter aux concu­pis­cences qui le poussent en sens contraire de la cha­ri­té. Et cela concerne les débu­tants, chez qui la cha­ri­té doit être nour­rie et entre­te­nue de peur qu’elle ne se perde. Une deuxième et prin­ci­pale pré­oc­cu­pa­tion vient ensuite, celle de tendre à avan­cer dans le bien : un tel sou­ci est celui des pro­gres­sants, qui visent sur­tout au ren­for­ce­ment et à l’aug­men­ta­tion de leur cha­ri­té. Enfin, s’af­firme une troi­sième sol­li­ci­tude, par laquelle l’homme vise prin­ci­pa­le­ment à s’u­nir à Dieu et à jouir de Lui ; et cela s’ap­plique aux par­faits qui « dési­rent mou­rir afin d’être avec le Christ. » [2a2ae q.24, a.9.].Il est des moments, cepen­dant, où les trois voies se com­pé­nètrent , où l’âme impar­faite se trouve pas­sa­gè­re­ment de com­pa­gnie avec les plus éle­vées, où les plus éle­vées se sentent en proie aux misères qui affligent les débu­tants. Voilà pour­quoi saint Thomas ajoute, aux signes dis­tinc­tifs des trois voies, le mot prin­ci­pa­le­ment.

« Tous les exer­cices de notre jour­née tendent à cette union et on peut juger de leur valeur à l’ef­fet qu’ils pro­duisent : plus ils nous séparent des créa­tures, plus nous nous oublions nous-​mêmes, plus ils sont ce qu’ils doivent être, des pas en avant vers le Bon Dieu. » [Robert de Langeac, Si quel­qu’un M’aime nous vien­drons chez lui…, Éd. du Carmel, Coll. Vives flammes, Toulouse, juin 2000, p. 25–26.].

« Comment, dans la pra­tique, pour­suit ce même auteur, accen­tuer le mou­ve­ment de notre âme pour que se réa­lise cette union ? Nous avons trois grands moyens qui peuvent se com­bi­ner entre eux, qui peuvent être uti­li­sés sépa­ré­ment par cha­cun de nous. Nous avons la prière, nous avons la sou­mis­sion à la volon­té de Dieu et nous avons le grand exer­cice de la pré­sence de Dieu. » [op. cit., p. 26.]

En effet, « dans toute prière bien faite, nous avons le moyen de nous sépa­rer des créa­tures, de nous oublier nous-​mêmes, en nous occu­pant du Bon Dieu, en nous atta­chant à Lui. Plus on prie, moins on pense à soi, si bien que sainte Thérèse met­tait au défi qui que ce soit de réci­ter le Pater comme il faut et de ne pas être contem­pla­tif. » [R. de Langeac, op. cit., p.27.]

La sou­mis­sion à la volon­té de Dieu éloigne les obs­tacles à l’u­nion et favo­rise celle-​ci : « Une âme qui est fidèle à cher­cher la volon­té de Dieu et la réa­lise de tout son pou­voir fait l’har­mo­nie de sa volon­té avec celle de Dieu, de sorte qu’il y a comme uni­té entre les deux volon­tés. […] Cette âme pour­ra […] ne pas sen­tir cette union. Ce n’est pas néces­saire. Mais la sou­mis­sion à la volon­té de Dieu est le signe cer­tain de notre union avec Lui, signe don­né par Notre-​Seigneur Lui-​même : « Celui qui m’aime garde mes com­man­de­ments.… Et mon Père l’ai­me­ra et nous vien­drons à lui et nous ferons en lui notre demeure. » (Jn, 14,23) ». [R. de Langeac, op. cit., p.29.].

Le der­nier moyen est l’exer­cice de la pré­sence de Dieu. Si nous nous appli­quons à cet exer­cice, « si nous aimons à Le cher­cher au fond de notre âme, nous fini­rons par nous rap­pro­cher du Bon Dieu. Une âme qui s’est habi­tuée à ce saint exer­cice, sau­ra com­ment prier Dieu. Le regard fixé sur la Trinité Sainte, lui deman­dant son amour dans la prière, elle sera por­tée à réa­li­ser toute la volon­té de Dieu qui se pré­sente. Combien elle aura de faci­li­té et de cou­rage pour mettre à mort tout ce qui pour­rait faire obs­tacle à la vie divine en elle ! Elle vit d’une manière toute simple, mais c’est une trans­for­ma­tion, quelque chose comme le com­men­ce­ment de la vie du Ciel. » [R. de Langeac, op. cit., p.31.].

Vie de prière contem­pla­tive, d’ac­com­plis­se­ment de la volon­té de Dieu, en sa sainte pré­sence : n’est-​ce pas ce qui a conduit la Mère de Dieu et notre Mère, à être fidèle à la plé­ni­tude de grâce ini­tiale et à gran­dir chaque jour vers une union encore plus étroite avec la Très Sainte Trinité ? Confiants en la mater­nelle inter­ces­sion de la « Reine et Beauté du Carmel », et atti­rés comme Elle par le Souverain Bien, avan­çons chaque jour, avec notre Mère et comme Elle, par Notre-​Seigneur Jésus-​Christ, vers le terme de notre vie : l’u­nion à Dieu dans la charité.

Je vous bénis.

Abbé L.-P. Dubrœucq, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Retraites carmélitaines

Retraites car­mé­li­taines

Retraites mixtes (hommes et dames),ouvertes prin­ci­pa­le­ment aux ter­tiaires du car­mel mais aus­si aux per­sonnes inté­res­sées par la spi­ri­tua­li­té du carmel.

Inscriptions auprès de M. l’ab­bé Dubroeucq au prieu­ré de Sorgues tél : 04 90 83 58 19

Renseignements :

Prieuré St-​Bénézet de Sorgues
Domaine de La Bretêche
484, Allée des Brantes
84700 Sorgues

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