La Fraternité Saint-Pierre

La céré­mo­nie qui s’est dérou­lée dans l’église Saint-​Bruno de Bordeaux et dont M. Dickès relate l’essentiel (voir ci-​dessous) n’est pas une pre­mière, si l’on en croit l’une des rares sources d’information dont nous puis­sions dis­po­ser sur ce sujet, le site disputationes.over-blog.com.

Il y a deux ans, déjà, la Fraternité Saint-​Pierre avait déci­dé d’accepter, dans cette même église, la mani­fes­ta­tion d’œcuménisme que sou­hai­tait l’archevêque du dio­cèse, le car­di­nal Jean-​Pierre Ricard, en vue de la « paix ». Elle l’avait accep­tée, veut-​on croire, non par sou­ci d’œcuménisme, mais pour « main­te­nir de bons rap­ports avec le car­di­nal ». Cette fois encore, la même céré­mo­nie a eu lieu, en pré­sence du res­pon­sable de l’apostolat de la Fraternité Saint-​Pierre à Bordeaux, l’abbé Benoît de Giacomoni.

Ce qui s’est pas­sé dans l’église Saint-​Bruno [Voir pho­to ci-​contre] ne fait pas sau­ter de joie ; on ne peut se satis­faire de ce que le glis­se­ment doc­tri­nal et litur­gique, que la Fraternité Saint-​Pie X a pré­dit aux com­mu­nau­tés Ecclesia Dei depuis long­temps, se réa­lise pro­gres­si­ve­ment. Une céré­mo­nie de ce genre est bien triste.

En 2015, l’abbé Giacomoni rap­pe­lait, dans une revue appe­lée Communicantes, l’histoire du Mouvement litur­gique et ses racines dans l’hérésie anti-​liturgique si bien expo­sée par dom Guéranger. Il y décri­vait la nais­sance de la réforme litur­gique, et écri­vait avec rai­son qu’avec le nou­veau rite de 1969, « beau­coup de catho­liques se sont « pro­tes­tan­ti­sés » sans s’en rendre compte ». Il citait aus­si le car­di­nal Giacomo Antonelli, qui a dit de la réforme faite par le père Annibale Bugnini :

« J’ai l’impression qu’il y a eu beau­coup trop de conces­sions, sur­tout en matière de sacre­ments, à la men­ta­li­té pro­tes­tante. » Comment ce prêtre de Bordeaux a‑t-​il, du coup, pu accep­ter de par­ti­ci­per, en sur­plis et dans le chœur, à cette mani­fes­ta­tion ? La par­ti­ci­pa­tion active de ministres pro­tes­tants à une messe catho­lique est évi­dem­ment inter­dite. La Fraternité Saint-​Pierre suit le code de 1983 ? Eh bien, même celui-​ci sti­pule qu’« il est inter­dit aux prêtres catho­liques de concé­lé­brer l’Eucharistie avec des prêtres ou des ministres d’Églises ou de com­mu­nau­tés ecclé­siales qui n’ont pas la pleine com­mu­nion avec l’Église catholique ».

Si l’on n’y est pas, on n’en est pas si loin.

Cet exemple illustre le fait que les auto­ri­tés conci­liaires usent du désir, par les com­mu­nau­tés Ecclesia Dei, de « main­te­nir de bons rap­ports », pour les ame­ner à des paroles et des gestes que des prêtres de Tradition ne peuvent pas poser.

La Fraternité Saint-​Pierre, en ne condam­nant pas cette ini­tia­tive, mais au contraire en l’avalisant par deux fois, éclaire elle-​même les fidèles sur le bien-​fondé de la posi­tion de la Fraternité Saint-​Pie X.

Abbé Philippe Toulza †, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Sources : Fideliter n° 242 de mars-​avril 2018

Œcuménisme quand tu nous tiens…, par le Docteur Jean-​Pierre Dickès

Le 11 novembre der­nier, à Bordeaux, dans l’é­glise Saint-​Bruno des­ser­vie par la Fraternité Saint-​Pierre, en pré­sence du car­di­nal Jean-​Pierre Ricard, arche­vêque de la ville, s’est tenu une « jour­née pour la paix » [Voir pho­to ci-dessus].

La « pas­teure » de « l’Église pro­tes­tante unie » s’é­tait jointe à cette mani­fes­ta­tion en sur­plis : Mme Valérie Mali, est une « grosse poin­ture » qui se vante d’a­voir « béni » les pre­mières unions homo­sexuelles de la ville.

Dans le choeur était aus­si pré­sent l’ab­bé Benoît de Giacomoni, de la Fraternité Saint-​Pierre. Il ne s’a­gis­sait pas d’une sorte de « raté », mais « d’un choix véri­table, assu­mé de manière res­pon­sable » par les diri­geants. C’était en effet une « messe catho­lique » œcu­mé­nique, et par ailleurs il fal­lait main­te­nir de bons rap­ports avec le cardinal-​archevêque demandeur.