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   Sermon de Mgr Lefebvre - Fête-Dieu - 17 juin 1976

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Sermon de Mgr Lefebvre
17 juin 1976
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17 juin 1976
Fête-Dieu

 

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17 juin 1976

 

Mes bien chers frères,

S’il est une fête qui doit être chère à nos cœurs, à nos cœurs de prêtres, à nos cœurs de séminaristes, à nos cœurs de fidèles catholiques, c’est bien la fête du très Saint-Sacrement.

Qu’y a-t-il de plus grand, de plus beau, de divin dans notre sainte Religion que le Saint-Sacrement de l’Eucharistie ? Que pouvait faire Notre Seigneur Jésus-Christ pour manifester sa charité et son amour envers nous de plus efficace, de plus évident, que de nous laisser sous les espèces du pain et du vin, son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité ?

Nous venons de le chanter à l’occasion de l’Épître, du Graduel, de l’Alléluia, de l’Évangile, nous venons d’affirmer notre foi dans la Sainte Eucharistie. Cette foi qui est mise en doute aujourd’hui ; cette foi qui est mise en doute par l’attitude, par le manque de respect que l’on a vis-à-vis de la très Sainte Eucharistie, de Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même présent sous les espèces du pain et du vin. Nous devons donc, nous, affirmer davantage encore, plus que jamais, notre foi dans la très Sainte Eucharistie. C’est pourquoi nous sommes heureux de nous réunir aujourd’hui, autour de Jésus dans l’Eucharistie et de lui manifester notre foi en sa divinité, notre adoration.

C’est pour cela que depuis des siècles et des siècles déjà, dans l’Église, cette coutume s’est établie, cette tradition, d’adorer Notre Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, publiquement, dans les villages, dans les villes, dans les petites cités comme dans les grandes, dans les maisons religieuses, dans les monastères. Partout on a honoré l’Eucharistie, partout en ce jour de la fête du très Saint Sacrement, ou du Corpus Christi, on honore d’une manière publique la très Sainte Eucharistie.

C’est déjà le concile de Trente qui disait : « Il faut honorer Notre Seigneur Jésus-Christ publiquement, afin que ceux qui voient et qui constatent la foi des catholiques en la très Sainte Eucharistie soient eux aussi attirés par cet hommage qui est rendu à Notre Seigneur Jésus-Christ présent dans ce grand sacrement. »

Et le concile de Trente ajoutait : « Et que ceux qui refusent de voir la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ soient comme frappés, frappés par la punition de Dieu, par l’aveuglement de leur cœur, alors qu’ils refusent d’honorer Notre Seigneur Jésus-Christ. » Voilà ce que disait le concile de Trente qui encourageait cette coutume et cette tradition déjà très ancienne d’honorer Notre Seigneur JésusChrist publiquement, dans les rues de nos cités, dans nos campagnes, comme nous le faisons aujourd’hui.

C’est pourquoi nous ferons tout à l’heure cette procession, avec toute notre foi, redisant à Notre Seigneur Jésus-Christ : Oui, nous croyons Jésus que vous êtes présent dans ce Saint Sacrement. Nous le croyons aujourd’hui doublement, triplement, quadruplement, pour tous ceux qui n’y croient plus, pour tous ceux qui vous méprisent dans votre sacrement. Pour tous ceux qui commettent des sacrilèges.

Nous ferons cet acte de foi, en demandant à Notre Seigneur Jésus-Christ d’augmenter notre foi. C’est cela qui est le fondement et la preuve de notre sainte religion catholique. Comme le dit si bien l’Écriture, peut-il y avoir une religion où Dieu s’est fait plus proche des hommes que dans la religion catholique.

C’est parce qu’elle est la vraie religion ; parce que Dieu ne croit pas s’abaisser en venant vers nous et en se donnant Lui-même à nous, dans sa chair et dans son Sang. Dieu ne s’abaisse pas. Il reste Dieu. C’est nous qui devons manifester notre respect, notre adoration vis-à-vis de Dieu.

Ce n’est pas parce que Dieu agit dans la simplicité et dans l’amour et dans la charité avec nous que nous devrions Le mépriser ; bien au contraire, nous devons Le remercier, lui rendre grâce d’avoir cette charité immense, cet amour infini, cet amour divin, de demeurer près de nous.

Mais imaginez bien, mes bien chers frères, essayez de vous rappeler seulement les étapes de votre vie dans lesquelles vous avez ressenti cette présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie.

Ah, je suis sûr que le jour de votre Première Communion, rappelez-vous ce moment, ce moment béni de votre Première Communion, vous avez remercié Dieu, de pouvoir recevoir son Corps et son Sang. Comme vous avez été bien préparés par vos parents, par les prêtres qui vous aimaient et qui vous ont amenés à la Table sainte, avec un infini respect dans vos cœurs, dans vos âmes, qui allaient s’approcher, qui allaient devenir le temple du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et depuis ce jour, que de fois, il vous est arrivé de vous approcher de la Sainte Eucharistie pour demander des grâces spéciales, dont vous aviez besoin pour vous-même, pour vos familles, pour vos enfants, pour des malades, pour peut-être des membres de votre famille qui s’éloignaient de Notre Seigneur Jésus-Christ. Alors vous avez fait une communion plus fervente et vous avez demandé à Notre Seigneur : Sauvez-les ; ces âmes, ne les abandonnez pas. Faites cela par amour pour elles, manifestez votre miséricorde.

Et puis, sans doute, lorsqu’une fête dans votre famille, ou un anniversaire, ou une fête qui touchait l’un de vos enfants, vous avez éprouvé aussi un sentiment d’amour et de reconnaissance à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et non seulement dans ces circonstances spéciales, mais tout au long de votre vie. Imaginez-vous une vie chrétienne sans l’Eucharistie ? Que serions-nous sans Notre Seigneur Jésus-Christ, sans ce don extraordinaire que Dieu nous a fait ? Comme nous serions orphelins, comme nous nous sentirions seuls, un peu abandonnés par le Bon Dieu.

Mais avec l’Eucharistie, lorsque nous avons besoin de Lui parler, de Le voir, de lui dire que nous L’aimons, lorsque nous avons besoin de secours spéciaux, nous pouvons nous rendre dans nos sanctuaires, nous agenouiller devant Notre Seigneur Jésus-Christ, peut-être seul, seul devant le Saint Sacrement et demander au Bon Dieu : Venez à mon aide. Secourez-moi ; je suis dans la difficulté, dans l’épreuve. Venez à l’aide de ma famille ; venez à l’aide de mes enfants.

Et quand vous êtes reparti, que vous avez quitté l’église réconforté, cela vous l’avez été, j’en suis sûr, après chaque messe du dimanche. Que c’est beau la messe du dimanche, tous ces fidèles réunis autour de Notre Seigneur Jésus-Christ, participant à sa Passion, participant aussi à son Corps et à son Sang, repartant chez eux la paix dans l’âme, la joie dans le cœur, le réconfort dans leur âme et prêts à souffrir, s’il le faut, avec Notre Seigneur Jésus-Christ, à mieux supporter nos épreuves.

Que de fois il nous est arrivé comme prêtre, d’assister les mourants ; que de fois il m’est arrivé de porter la communion à des malades ; quelle joie pour ces âmes qui souffraient, de recevoir leur Dieu de la main du prêtre qui venait leur porter la Sainte Communion. Quel réconfort : quelle source de courage pour eux !

Notre Seigneur Jésus-Christ a fait par ce sacrement, un miracle extraordinaire de son amour et par conséquent, nous aussi, nous devons Lui manifester notre amour.

Le sacrement de l’Eucharistie est vraiment le sacrement de la charité. Jésus ne pouvait pas faire davantage pour nous. S’il est le sacrement de notre foi d’abord, le Mysterium fidei, s’il est le mystère de notre foi – je dirai le test de notre foi – c’est à cela que l’on reconnaîtra les vrais catholiques, les véritables chrétiens, s’ils ont la foi profonde et réelle, efficace, en Notre Seigneur Jésus-Christ présent dans la Sainte Eucharistie. C’est là que l’on reconnaîtra la foi des chrétiens. Par conséquent, ce sacrement est vraiment le mystère de notre foi.

Il est aussi le mystère de notre espérance. C’est Notre Seigneur Lui-même qui le dit : « Si vous mangez ma chair et buvez mon Sang, vous aurez la vie éternelle en vous ». Si vous mangez mon Corps et buvez mon Sang, vous aurez cette vie éternelle et un jour je vous ressusciterai.

Notre Seigneur sera notre résurrection. Le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ présent dans nos pauvres corps est un gage de notre résurrection. C’est déjà la vie éternelle que nous possédons en nous. Cette vie éternelle ne nous quittera plus, même à l’heure de notre mort.

Il y aura dans nos âmes, ce germe de la résurrection de nos corps pour l’éternité. Parce que nous aurons communié, parce que nous aurons été unis à Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Eucharistie. C’est Notre Seigneur Lui-même qui le dit et cet Évangile qui l’affirme a été choisi précisément par l’Église pour la messe des défunts, la messe quotidienne des défunts :

Et ego ressuscitabo eum in novissimo die (Jn 6,55) : « Et je vous ressusciterai au dernier jour ».

Mystère de foi, mystère de notre espérance, mystère de la charité. C’est ce que je viens de vous expliquer. Mais je voudrais insister encore un peu sur cette efficacité de la charité produite par le sacrement de l’Eucharistie. Et nous en avons besoin. Même entre nous, entre nous qui croyons, qui avons la foi, qui voulons demeurer catholiques et romains jusqu’à la dernière heure de notre vie, nous devons demeurer dans la charité.

Ce sacrement est le signe, le symbole de la charité par la charité de Notre Seigneur. Mais pourquoi Notre Seigneur a-t-il choisi ces éléments du pain et du vin ? Vous le savez, c’est une comparaison qui est faite souvent, mais qui a toujours besoin d’être rappelée. Le pain est le fruit de grains qui sont moulus ensemble, écrasés et unis pour faire le pain. Il faut moudre ; il faut unir ces grains de telle manière qu’ils ne fassent plus qu’une pâte en quelque sorte et que ce ne soit plus qu’un seul pain.

L’Eucharistie, le pain eucharistique est précisément cette image de l’union de tous les fidèles dans cette espèce de pain qui apparaît à nos yeux et qui est justement le fruit de cette union des grains de blé pour produire ce pain.

Il en est de même du vin. Il faut aussi unir tous ces grains de la grappe de raisin pour produire le vin. C’est dans cette union que se fait le vin, que se produit le vin.

Notre Seigneur a voulu choisir ces éléments précisément pour nous montrer que nous devons être unis, unis pour nous transformer aussi en Notre Seigneur Jésus-Christ. Si nous n’avons pas la charité en nous ; si nous ne sommes pas unis entre nous. Notre Seigneur Jésus-Christ ne pourra pas être efficacement en nous. Ce n’est pas possible. Notre Seigneur Jésus-Christ ne peut pas entrer dans une âme qui n’a pas la charité.

Par conséquent mettons nos âmes toujours dans des sentiments de charité. Et combien il est douloureux parfois de penser que des personnes qui se nourrissent de l’Eucharistie tous les jours, quotidiennement, n’arrivent pas à être dominées entièrement par la vertu de charité. Elles ont besoin de critiquer, de se diviser, de faire des jugements téméraires, de manifester leur antipathie à des personnes auxquelles elles devraient manifester leur sympathie.

Eh bien, prenons la résolution aujourd’hui, en cette fête du Saint Sacrement, pour nous qui voulons garder la Tradition, qui voulons garder cette foi dans la Sainte Eucharistie, de garder aussi le fruit de la Sainte Eucharistie. Il ne suffit pas d’en garder la foi ; il ne suffit pas de dire que nous sommes attachés à la Tradition de la foi et de l’espérance en l’Eucharistie ; mais il faut encore que nous en éprouvions et que nous en ayons en nous-mêmes tous les fruits. Ces fruits de charité qui sont si bons, qui manifestent d’une manière si évidente la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ en nos âmes.

Et je vous le dis à vous spécialement, mes bien chers futurs prêtres, vous qui dans quelques jours allez être ordonnés et à vous chers séminaristes qui êtes présents, cette charité vous en avez besoin. Il faut qu’elle se manifeste en vous.

Comment les fidèles qui auront recours à votre ministère pourront-ils vraiment penser que vous êtes prêtre, que vous êtes celui que Dieu a choisi pour faire la Sainte Eucharistie, pour que ce soit sur l’autel son Corps et son Sang, la plus grande manifestation de sa charité ? Comment pourraient-ils concevoir que celui qui est l’instrument de la charité du Bon Dieu, ne manifeste pas aussi sa charité vis-à-vis des fidèles et vis-à-vis des chrétiens qui viennent les recevoir ?

Et cela par votre patience, par votre condescendance, par votre amour, par votre humilité, par votre simplicité. Vous écouterez ceux qui viendront vous voir ; vous aurez le cœur rempli de miséricorde pour eux ; vous aimerez confesser. Le ministère de la confession est l’une des plus belles manifestations de la charité du prêtre. Dussiez-vous rester des heures au confessionnal. N’est-ce pas ce qu’ont fait le saint Curé d’Ars et tous les saints Prêtres qui ont passé leur vie au confessionnal, manifestation extraordinaire de leur charité et de cette charité qui se trouve dans la Sainte Eucharistie.

Vous ferez cela j’en suis sûr, mes bien chers séminaristes, car c’est cela qu’attendent de vous les fidèles qui ont espoir dans Écône. C’est cela le prêtre, le Prêtre saint est un prêtre qui est charitable avant tout, qui a le cœur largement ouvert à tous ceux qui viennent le consulter, à tous ceux qui ont besoin de trouver la consolation auprès de lui et le courage et la fermeté dans la foi.

Alors vous serez de ces prêtres qui seront remplis de la charité de Notre Seigneur et vous le demanderez particulièrement aussi à la très Sainte Vierge Marie. On ne peut pas penser à l’Eucharistie sans penser à la très Sainte Vierge Marie, car enfin, si la Vierge Marie n’avait pas prononcé son fiât, nous n’aurions pas non plus la Sainte Eucharistie. C’est parce qu’elle a prononcé son fiât que nous avons aujourd’hui la joie, le bonheur de posséder Notre Seigneur Jésus-Christ dans nos tabernacles et sur nos autels.

Demandons donc à la très Sainte Vierge Marie de nous donner cette charité qu’elle a si bien connue, qu’elle a si bien vérifiée dans son Fils Jésus.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

06 juin 1976       29 juin 1976

 

 

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