Editorial n° 2 de septembre 2010 : Puis-​je manger halal ? – Abbé L. Girod

Puis-​je manger halal ?

La nour­ri­ture halal s’étale main­te­nant sur tous les pré­sen­toirs. Impossible d’y échap­per. Il faut même véri­fier que les steaks hachés choi­sis ne com­portent pas le tam­pon isla­mique. Même l’armée par­sème ses stocks de rations halal. Quand à l’équipe de France de foot­ball, cela fait déjà long­temps que le régime est stric­te­ment halal, sans grands résul­tats semble-​t-​il. Mais, au fait, un catho­lique peut-​il man­ger de la nour­ri­ture halal ? Peut-​il accep­ter une invi­ta­tion chez un voi­sin musul­man ? Peut-​il ache­ter de la viande estam­pillée par les sacri­fi­ca­teurs paten­tés des mos­quées ? Pour répondre à ces ques­tions, il nous faut d’abord rap­pe­ler ce qu’est la viande halal, car c’est d’elle qu’il s’agit d’abord. Il nous faut ensuite rap­pe­ler les prin­cipes qu’avaient posés saint Paul dans la ques­tion des viandes offertes aux idoles et les appli­quer au cas par­ti­cu­lier que nous examinons.

Pour qu’une viande soit qua­li­fiée de halal, elle ne doit pas pro­ve­nir d’un ani­mal consi­dé­ré comme pros­crit, haram, ce qui est le cas de la viande de porc. Mais cette viande doit aus­si être abat­tue de manière rituelle, c’est-à-dire de la main d’un musul­man qui coupe la gorge de l’animal pour le sai­gner à mort, en diri­geant sa tête vers la Mecque et en pro­non­çant une prière pré­cise. Le sacri­fi­ca­teur musul­man doit rece­voir une cer­ti­fi­ca­tion décer­née en France par trois grandes mos­quées : celles de Paris, d’Evry et de Lyon. A noter que les ani­maux doivent être égor­gés sans avoir été étour­dis aupa­ra­vant, ce qui est contraire aux normes euro­péennes. Mais des déro­ga­tions sont pré­vues pour la viande halal et casher.

Cette viande halal, pro­ve­nant d’un ani­mal tué de manière rituelle par un sacri­fi­ca­teur musul­man réci­tant une invo­ca­tion à Allah, peut être assi­mi­lée aux viandes offertes aux idoles que consom­maient les païens de l’Antiquité. Saint Paul, dans sa pre­mière épître aux Corinthiens, donne les prin­cipes à appli­quer par les chré­tiens pour la consom­ma­tion de telles viandes.

Le prin­cipe géné­ral est que l’offrande de viande aux idoles ne change rien pour la viande car les idoles n’existent pas et ne sau­raient avoir d’influence sur elle : « Pour ce qui est donc des viandes immo­lées aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde, et qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’un seul » (VIII, 4). Si Dieu existe bien, il est le Dieu Trinité, Père, Fils et Saint-​Esprit que Jésus- Christ nous a révé­lé. Les musul­mans refusent la Trinité. Allah n’est donc pas le Dieu vivant et vrai, c’est un nom qui cache le refus de la Révélation chré­tienne. L’invocation d’Allah ne change rien à la viande, ni l’orientation de l’animal vers la Mecque. Aussi, en soit, les chré­tiens peuvent en manger.

Saint Paul va cepen­dant ajou­ter deux prin­cipes qui vont limi­ter cette pos­si­bi­li­té. Le pre­mier est celui de la cha­ri­té qui nous oblige à ne pas scan­da­li­ser nos frères. Si un chré­tien moins bien for­mé est per­sua­dé que man­ger de la viande immo­lée aux idoles est un péché, et qu’il est pous­sé à le faire en voyant des chré­tiens se le per­mettre ouver­te­ment, il péche­ra véri­ta­ble­ment en imi­tant leur conduite : « Car si quelqu’un voit celui qui a la science assis à table dans un temple consa­cré aux idoles, sa conscience, qui est faible, ne le déterminera-​t-​elle pas à man­ger des viandes offertes aux idoles ? Et ain­si péri­ra par ta science ton frère encore faible, pour qui le Christ est mort » (VIII, 10–11). Nous devons donc nous abs­te­nir si nous ris­quons sur ce point de trou­bler la conscience de nos frères.

Le deuxième prin­cipe limi­ta­tif est celui qui inter­dit la consom­ma­tion de telles viandes dans le cadre d’un culte païen. Car si les idoles ne sont rien, leur culte s’adresse en fait au démon : « ce que les païens immolent , ils l’immolent aux démons, et non à Dieu. Or je ne veux pas que vous soyez en socié­té avec les démons. Vous ne pou­vez pas boire le calice du Seigneur, et le calice du démon » (X, 20). Appliqué à notre cas, ce prin­cipe inter­dit toute par­ti­ci­pa­tion à un repas lié au culte musul­man, comme le serait un repas de rup­ture de jeûne dans une mos­quée.

Si nous nous en tenons à ces prin­cipes, le chré­tien peut man­ger de la viande halal, en ache­ter et accep­ter une invi­ta­tion chez un musul­man. Il devra s’abstenir si une telle consom­ma­tion va contre la pro­fes­sion publique de la foi catho­lique parce qu’elle est liée à une pra­tique musul­mane et si un chré­tien risque d’être scan­da­li­sé pas sa manière d’agir.

Mais le pro­blème de la viande halal va plus loin : il touche au finan­ce­ment du culte isla­mique et à l’islamisation de notre pays. Contrairement aux viandes immo­lées aux idoles, qui n’avaient pas besoin d’estampille, les viandes halal doivent être cer­ti­fiées par des orga­nismes agréés. Cette cer­ti­fi­ca­tion a un coût qui vient finan­cer les mos­quées. Un débat existe sur cette ques­tion. Certains musul­mans pré­tendent que la taxe halal ne sert qu’à rétri­buer le sacri­fi­ca­teur et les dif­fé­rents contrô­leurs. Nous lisons cepen­dant, dans La République et l’Islam, de Jeanne- Hélène Kaltenbach et Michèle Tribalat, ce témoi­gnage de Christian Delorme : « Il y a des inté­rêts finan­ciers énormes der­rière cette ques­tion de la viande halal. Qui dit « viande halal » dit, en effet, four­nis­seurs béné­fi­ciant d’agréments par des auto­ri­tés ou des ins­tances reli­gieuses. Et qui dit « agré­ment » dit pour­cen­tage finan­cier ver­sé aux auto­ri­tés, aux ins­tances et aux sacri­fi­ca­teur man­da­tés » (page 258). Kamel Kabtane, le rec­teur de la grande mos­quée de Lyon, l’une des trois habi­li­tées à déli­vrer des cer­ti­fi­ca­tions, décla­rait le 12 août au Parisien : « Par kilo de viande, la cer­ti­fi­ca­tion halal coûte entre 10 à 15 cen­times d’euros ».

Même si cette cer­ti­fi­ca­tion béné­fi­cie à de nom­breux inter­mé­diaires, les mos­quées en retirent des finan­ce­ments non négli­geables. Acheter halal, c’est ver­ser un impôt à l’Islam. Cet élé­ment res­treint donc les conclu­sions énon­cées ci-​dessus. Si un chré­tien peut man­ger une viande halal qu’on lui offre, il ne peut nor­ma­le­ment pas en ache­ter car ce serait finan­cer le culte musul­man, ce que font du reste allè­gre­ment bon nombre de col­lec­ti­vi­tés publiques pour leur can­tine. La viande halal ne semble pas étouf­fer les grands prêtres gar­diens du temple de l’allahicité, par­don ! de la laï­ci­té. Un tel achat par un chré­tien serait une coopé­ra­tion au mal, à savoir l’extension de l’Islam, coopé­ra­tion maté­rielle et non for­melle car le chré­tien n’est pas sup­po­sé finan­cer de gaie­té de coeur la reli­gion de Mahomet. Coopération minime, certes, mais réelle. Seule une rai­son pro­por­tion­née per­met d’agir mal­gré cette coopé­ra­tion maté­rielle, comme le serait l’absence de toute bou­che­rie tra­di­tion­nelle dans le quartier.

Un der­nier élé­ment à prendre en compte est l’aspect poli­tique de la ques­tion. Les musul­mans, intro­duits en masse dans notre pays afin de lui faire perdre ce qui lui res­tait encore de civi­li­sa­tion chré­tienne, avancent leurs pions pour isla­mi­ser la socié­té fran­çaise. Les mos­quées poussent comme des cham­pi­gnons grâce aux aides géné­reuses accor­dées par ceux qui gèrent vos impôts. Vous ne pou­vez désor­mais plus rater le rama­dan, à moins de vivre en ermite dans les causses du Quercy, et encore ! C’est main­te­nant l’offensive de la viande hal­lal. En 2007, ce sont déjà 32 % des ani­maux abat­tus qui le sont de manière rituelle, soit plus de 3 400 000 sur quelques 10 705 000. Et vous man­gez du halal sans le savoir, car toute cette viande n’est pas ven­due dans la filière halal mais une par­tie est four­guée dans le cir­cuit clas­sique. On peut en France orga­ni­ser des soupes popu­laires halal, mais pré­tendre dis­tri­buer gra­tui­te­ment de la soupe au cochon aux néces­si­teux est pas­sible des foudres de la loi. Les grandes enseignes, les chaînes de res­tau­ra­tion rapide s’engouffrent dans ce cré­neau com­mer­cial qui leur assure les bonnes grâces d’une par­tie non négli­geable de leur clien­tèle. Ils sont les nou­veaux col­la­bo­ra­teurs de l’islamisation de la France. Un catho­lique sou­cieux d’oeuvrer à la rechris­tia­ni­sa­tion de son pays évi­te­ra toute com­pro­mis­sion avec l’Islam qui gri­gnote de plus en plus l’espace public et s’interdira tout acte, même le plus minime, qui peut confor­ter la reli­gion d’Allah.

Si nous ne vou­lons pas que le Croissant s’étale sur le dra­peau natio­nal, c’est qu’il faut y pla­cer au plus vite le Sacré-​Coeur de Jésus. 

Abbé Ludovic Girod

Extrait de La Sainte Ampoule n° 188 de septembre-​octobre 2010