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Deux catholicismes ?

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Dans un article publié le 17 juin sur le site de Renaissance catholique, monsieur Maugendre fait l’éloge du sermon de Mgr Léonard (cf articles précédents ici et). Il remarque aussi que les fidèles de Mgr Lefebvre marchent « aux mêmes dates mais en sens inverse ». Il oppose deux catholicismes qui « se font face ».

« Deux catholicismes se font face », déclare Monsieur Maugendre. Face à un catholicisme « vieillissant, sociologiquement installé, bourgeois, résiduel », que l’on identifierait sans peine à l’Eglise conciliaire, et que Monsieur Maugendre identifie à un « catholicisme institutionnel », émergerait « chaque jour plus puissant » un catholicisme qualifié d’ « observant » par l’historien- sociologue Yann Raison du Cleuziou, dont les écrits ont visiblement marqué le Président de Renaissance Catholique. « Yann Raison du Cleuziou », écrit-il, « comme avant lui Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien confirme que seules ces familles observantes ont transmis et transmettent encore la foi ».

Seraient-ce aujourd’hui de pareils sociologues qui devraient nous donner la lumière, tels de nouveaux Pères de l’Eglise ? On en demeure consterné. L’étiquette du « catholicisme observant » n’est qu’un fallacieux amalgame, qui voudrait méconnaître les différences essentielles qui séparent la Fraternité Saint Pie X des communautés de la mouvance Ecclesia Dei. Sociologiquement parlant, se ressemblent tous ceux qui veulent se référer à la liturgie traditionnelle. Mais pour un regard nourri de l’esprit de foi (qui fait gravement défaut aux sociologues), ceux qui se ressemblent si superficiellement ne peuvent s’assembler. La grande différence, qui risque de passer inaperçue pour les lecteurs de Raison du Cleuziou ou de Cuchet consiste dans ce fait déplorable et avéré que ces catholiques conservateurs, des communautés Ecclesia Dei et d’ailleurs, finissent par perdre de vue, au moins dans la pratique, la gravité des erreurs du concile Vatican II. Dans le meilleur des cas, les prélats conservateurs qui les encouragent tel un Mgr Leonard, s’ils s’abstiennent de professer ces erreurs, s’abstiennent aussi de les dénoncer et de les combattre publiquement.

Alors deux catholicismes, oui. Mais celui de Monsieur Maugendre s’inscrit très exactement dans le giron de l’Eglise conciliaire. Tel n’est pas celui de la Fraternité Saint Pie X.

Source : Abbé Jean-Michel Gleize / La Porte Latine du 09 juillet 2019

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