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Lettre du cardinal Ratzinger pour défendre la nouvelle messe – 20 juillet 1983

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Adressée à Mgr Lefebvre en réponse à sa propre lettre du 5 avril 1983

Soint joints les commentaires de Mgr Lefebvre et du Comité de Rédaction de la revue Fideliter

Le cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1981-2005), puis Pape (2005-2013)

Joseph Cardinal RATZINGER

Prefetto della Sacra Congregazione per la Dottrina della Fede

I – 00120 CITTA DEL VATICANO

Le 20 juillet 1983

Excellence,

Le Saint-Père a soigneusement médité devant Dieu votre lettre du 5 avril dernier, à la lumière de sa responsabilité de Pasteur Suprême de l’Eglise. Il m’a ensuite chargé de vous répondre en son nom. C’est de ce devoir que je m’acquitte dans la présente lettre.

I. – Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le Souverain Pontife a été déçu et attristé du brusque refus que vous opposez à son offre généreuse de vous ouvrir le chemin de la réconciliation.

En effet, vous accusez à nouveau les Livres liturgiques de l’Eglise, avec une sévérité qui surprend après les entretiens que nous avons eus. Comment pouvez-vous qualifier les textes du nouveau missel de « messe oecuménique » ? Vous savez bien que ce missel contient le vénérable Canon Romain ; que les autres Prières eucharistiques parlent d’une manière très nette du Sacrifice ; que la plus grande partie des textes provient des traditions liturgiques anciennes.

Commentaire n°1 : Le cardinal Ratzinger ignore-t-il que la liturgie romaine est célébrée presque partout en langue vernaculaire et que – comme le démontre le R.P. Calmel – le Canon Romain « traduit » est en réalité un Canon falsifié. – « Si par exemple l’on fait toujours monter la supplication vers le Père, ce Père n’est plus très clément, mais seulement infiniment bon ; on ne rappelle plus qu’il manifeste sa bonté infine par le don suprême de sa clémence et de sa miséricorde : l’immolation pour nous de son propre Fils.

Ce Père n’a plus à être apaisé par le sacrifice de Notre-Seigneur : il suffit qu’il accepte notre offrande avec bienveillance. On ne lui demande plus de considérer d’un regard favorable une hostie de propitiation, sans tâche et immaculée, mais seulement de regarder notre offrande avec amour. Comme l’on pouvait le craindre, silence absolu sur l’éternité de la damnation. On prie sans doute encore pour les défunts, mais sans en appeler à l’indulgence du Père, comme sans faire allusion au rafraîchissement du Paradis après les flammes du Purgatoire.

La dévotion, exprimée formellement dans le texte latin, est changée en simple attachement, afin de voiler autant que possible la transcendance du Créateur et notre condition de créature. Pour en finir avec cette énumération, qui est loin d’être exhaustive, des arrangements et truquages devant lesquels n’ont pas reculé des novateurs sans scrupules ni piété, relevons cette omission insolente, odieuse, dans le récit de l’institution qui enchâsse les paroles consécratoires : le mot vénérable n’est plus employé pour qualifier les mains de notre Sauveur. Ces mains divines qui avant d’être clouées à la croix, ont rompu pour tous les rachetés le pain eucharistique et nous ont présenté à jamais le calice du salut, il ne sera plus dit qu’elles sont des mains infiniment dignes de vénération.

A quoi bon insister ? C’est par un véritable abus de confiance que les traducteurs se permettent d’appeler Canon Romain un formulaire de leur cru, qui n’est ni une traduction, ni même une paraphrase; – c’est une formulaire différent qui, sans rendre la messe invalide, a été cependant – exactement combiné pour ne pas attirer l’attention sur l’essence de la Messe : sacrifice de proptiation pour nos péchés ; sacrifice identique à celui de la croix (le mode seul étant différent) et donc sacrifice satisfactoire, et qui n’est louange parfaite que parce qu’il est d’abord satisfaction infinie ; enfin sacrifice qui doit être offert avec toute la vénération, dévotion et humilité dont est capable une Eglise sainte mais composée de pécheurs toujours fragiles, toujours exposés à se perdre. Dans le Canon truqué il est visible qu’on a tenu à ne pas éveiller au coeur du prêtre ou du fidèle soit les sentiments de dévotion et d’humilité, soit les sentiments de foi, dans ce qui est constitutif de la Messe : sacrifice de propitiation au même titre que celui de la croix, ne différant que par la manière d’offrir. » (RP Calmel, Itinéraires, n°128, décembre 1968)

Suite de la lettre : Le Cardinal Ratzinger prend un exemple


Lettre du cardinal Ratzinger (2) – Un exemple
Lettre du cardinal Ratzinger (3) – La nouvelle messe est critiquable, mais pas rejetable
Lettre du cardinal Ratzinger (4) – Mgr Lefebvre encourage-t-il vraiment la désobéissance ?

Source : Fideliter n° 45

fraternité sainte pie X