Les évêques maltais autorisent l’accession à la communion des divorcés-remariés

Nos confrères de Lifesitenews.com nous informent que les évêques mal­tais ont publié un docu­ment offi­ciel de 35 pages [en anglais acces­sible ICI ou en cli­quant sur l’i­mage ci-​contre à gauche] détaillant leurs cri­tères d’ap­pli­ca­tion du cha­pitre VIII d’Amoris lae­ti­tia ouvrant la porte à la com­mu­nion des divor­cés « rema­riés » dont le pre­mier mariage n’a pas été décla­ré nul.

Ce docu­ment, scan­da­leux en lui-​même, a été en quelque sorte « offi­cia­li­sé » par le Vatican à tra­vers sa reprise in exten­so et sans réserve par l’Osservatore Romano.

Dans les cas où il serait « humai­ne­ment impos­sible » aux divor­cés rema­riés de suivre l’en­sei­gne­ment de l’Eglise exi­geant qu’ils vivent dans la conti­nence, « comme frère et sœur », lors­qu’ils ne peuvent se sépa­rer, l’ar­che­vêque de Malte et l’é­vêque de Gozo, Mgr Carlo Scicluna et Mgr Mario Grech, déclarent qu’il leur serait pos­sible d’ac­cé­der à la com­mu­nion s’ils se sentent « en paix avec Dieu » et de jus­ti­fier ain­si l’ac­cès aux sacre­ments des divor­cés vivant « une deuxième union » par cette lou­foque analogie :

« Comme les Mages qui, après avoir trou­vé Jésus, retour­nèrent en leur pays par un autre che­min, ain­si il advient » pour les « per­sonnes sépa­rés ou divor­cés qui sont en train de vivre une nou­velle rela­tion » que « par­fois après un long et tor­tueux voyage ils ren­contrent le Christ qui leur donne un ave­nir même quand il appa­raît impos­sible de retour­ner par le même che­min qu’avant. »

Ces direc­tives ne contre­disent pas le texte du pape François, elles se contentent de les déve­lop­per en toute logique et de manière plus explicite :

« Si, à l’is­sue du pro­ces­sus de dis­cer­ne­ment entre­pris dans des condi­tions d” »humi­li­té, de dis­cré­tion, d’a­mour de l’Église et de son ensei­gne­ment, dans la recherche sin­cère de la volon­té de Dieu et avec le désir de par­ve­nir à y répondre de façon plus par­faite » (AL 300) une per­sonne sépa­rée ou divor­cée qui vit désor­mais au sein d’une nou­velle rela­tion réus­sit, à l’aide d’une conscience infor­mée et éclai­rée, à recon­naître et à croire qu’elle est en paix avec Dieu, elle ne peut être empê­chée de par­ti­ci­per aux sacre­ments de la Réconciliation et de l’Eucharistie (AL, notes 336 et 351).

Les évêques mal­tais avaient été pré­cé­dés par leurs homo­logues argen­tins qui avaient été féli­ci­tés par le Souverain Pontife pour leur pro­jet de texte d’ac­com­pa­gne­ment du cha­pitre 8 d’Amoris lae­ti­tia. Le Pape François avait salué le docu­ment des évêques de la pro­vince de Buenos Aires en ces termes : « Un vrai exemple d’ac­com­pa­gne­ment pour les prêtres ». Or, dans ce docu­ment les Ordinaires sud-​américains écrivaient :

« Si l’on en vient à recon­naître que, dans un cas concret, il y a des limi­ta­tions qui atté­nuent la res­pon­sa­bi­li­té et la culpa­bi­li­té, par­ti­cu­liè­re­ment quand une per­sonne consi­dère qu’elle tom­be­rait dans un man­que­ment ulté­rieur en pro­vo­quant un dom­mage pour les enfants de la nou­velle union, Amoris Laetitia ouvre à la pos­si­bi­li­té de l’ac­cès aux sacre­ments de la récon­ci­lia­tion et de l’eucharistie. »

Le cano­niste amé­ri­cain Edward Peters qua­li­fie le texte des évêques de Malte de« désas­treux », allant plus loin encore que celui des évêques argen­tins en affir­mant que les prêtres ne peuvent refu­ser des demandes de catho­liques qui s’es­timent « en paix avec Dieu ».

« A mon sens les évêques mal­tais ont effec­ti­ve­ment invi­té les catho­liques qui leur ont été confiés – aus­si bien les fidèles que le cler­gé – à com­mettre nombre d’actes objec­ti­ve­ment et gra­ve­ment mauvais. »

Il relève que de telles direc­tives rendent caducs les canons rela­tifs à la déci­sion d’un ministre d’ad­mi­nis­trer un sacre­ment en fai­sant pri­mer l’a­vis de la per­sonne qui veut le recevoir.

« Le canon 916 est ain­si évis­cé­ré, le canon 915 est effec­ti­ve­ment répudié. »

Ed Peters observe que les évêques semblent igno­rer le sens du mot « conju­gal », puis­qu’ils parlent des « ver­tus conju­gales » exer­cées par des per­sonnes non mariées qui pour­raient déci­der de se livrer à la pra­tique « d’actes « conju­gaux ».

« C’est un non-​sens, et venant de la part d’é­vêques, c’est même un non-​sens inex­cu­sable. Les gens non mariés peuvent avoir des rela­tions sexuelles, évi­dem­ment, mais l’in­té­gri­té de la pas­to­rale catho­lique ne per­met pas de consi­dé­rer de tels actes au même plan que ceux, phy­si­que­ment iden­tiques, qui sont réel­le­ment conju­gaux, entre per­sonnes mariées. »

Fondamentalement, observe-​t-​il, cela consiste à obli­ger les prêtres à accor­der des abso­lu­tions sacri­lèges à des per­sonnes refu­sant de se repen­tir de leur « adul­tère public et per­ma­nent ».

Pour sa part, notre consoeur de , Francesca de Villasmundo, résume ain­si cette nou­velle déchi­rure dans le magistère :

» En s’ap­puyant sur le concept fal­la­cieux qu’il faut venir en aide aux divorcés-​remariés n’ayant pas obte­nu de nul­li­té de mariage qui, en étant exclus objec­ti­ve­ment par les lois de l’Église des sacre­ments, se « sentent » alors exclus sub­jec­ti­ve­ment de l’Église, les deux évêques mal­tais se croient auto­ri­sés, grâce à l’Exhortation ber­go­glienne qui ouvre par com­pas­sion mal pla­cée gran­de­ment cette voie, à faire fi de la dis­ci­pline sacra­men­telle de l’Église et à per­mettre offi­ciel­le­ment dans leur dio­cèse l’ac­cès aux sacre­ments aux per­sonnes vivant « une deuxième union irrégulière » :

« Notre devoir n’est pas seule­ment celui de don­ner une per­mis­sion pour accé­der aux sacre­ments ou d’of­frir des « simples recettes » ou de rem­pla­cer la conscience de ces per­sonnes, mais celui de les aider avec patience à la for­mer et à l’illu­mi­ner pour que ce soit eux qui arrivent à prendre une déci­sion sin­cère devant Dieu et faire le plus de bien possible. »

Les évêques, en citant un long pas­sage d’Amoris lae­ti­tia, mettent l’ac­cent sur un dis­cer­ne­ment pas­to­ral qui cau­tionne indu­bi­ta­ble­ment des actes mau­vais, for­mel­le­ment en oppo­si­tion à la loi et à la révé­la­tion divines :

« nous devons éva­luer la res­pon­sa­bi­li­té morale dans les situa­tions par­ti­cu­lières, en consi­dé­rant les condi­tion­ne­ments et les cir­cons­tances atté­nuantes. » A cause « de ces condi­tion­ne­ments et cir­cons­tances, le pape enseigne qu’il n’est plus pos­sible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une quel­conque situa­tion dite « irré­gu­lière » vivent en état de péché mor­tel, pri­vés de la grâce sanctifiante. »

Cette pro­po­si­tion est théo­lo­gi­que­ment fausse et induit les catho­liques en erreur. Elle s’op­pose for­mel­le­ment à l’en­sei­gne­ment constant de l’Église qui défi­nit que toute per­sonne qui vit en état d’a­dul­tère est en état de péché mor­tel, quelles que soient les cir­cons­tances et les conditionnements. »

Tous ces faits rendent plus urgente la réponse du pape aux cinq Dubia sou­le­vées par les quatre car­di­naux Burke, Brandmüller, Caffarra et Meisner.

A moins que la publi­ca­tion inté­grale du texte des évêques de Malte ne fasse par­tie de la réponse « déjà don­née » par le pape François qui régu­liè­re­ment, conti­nue de condam­ner le rigo­risme des doc­teurs de la loi et qui n’a­git pas contre des inter­pré­ta­tions évi­dem­ment hété­ro­doxes d’Amoris laetitia.

Devant cette situa­tion confuse où le Magistère est mis à mal par les plus hautes auto­ri­tés de l’Eglise, nous ne pou­vons que nous rap­pe­ler ce que Mgr Bernard Fellay décla­rait le 28 juin 2016 à l’is­sue de la réunion des supé­rieurs majeurs, à Anzère (Valais) :

« Aujourd’hui le monde tourne autour de cet axe, selon lui, défi­ni­ti­ve­ment éta­bli : la digni­té de l’homme, sa conscience et sa liber­té. L’homme moderne existe pour lui-​même. L’homme est le roi de l’univers. Il a détrô­né le Christ. Il exalte sa conscience auto­nome et indé­pen­dante jusqu’à dis­soudre même les fon­de­ments de la famille et du mariage.

La Fraternité Saint-​Pie X s’oppose depuis tou­jours à cette entre­prise de décons­truc­tion de l’univers – tant de la socié­té poli­tique que de l’Eglise.

Pour remé­dier à ce désordre uni­ver­sel, le Bon Dieu a sus­ci­té un homme, un chré­tien, un prêtre, un évêque. Qu’a-​t-​il fait ? Il a fon­dé une socié­té – socié­té hié­rar­chique – dont le prin­cipe et la fin sont pré­ci­sé­ment l’an­ti­dote au désordre uni­ver­sel : le sacre­ment de l’Ordre.

Le but de la Fraternité Saint-​Pie X conti­nue d’être non seule­ment le remède actuel à la crise, mais aus­si par là-​même le salut de tous ceux qui y coopèrent. Elle veut abso­lu­ment gar­der la rec­ti­tude doc­tri­nale, théo­lo­gale et sociale fon­dée sur la Croix de Jésus-​Christ, sur sa Royauté, sur son sacri­fice, son sacer­doce, prin­cipe de tout ordre et de toute grâce. Mgr Marcel Lefebvre a com­bat­tu toute sa vie pour faire triom­pher ces véri­tés fon­da­men­tales. Il nous incombe à l’heure pré­sente de redou­bler d’ef­forts, en inten­si­fiant le même com­bat sur les mêmes principes. »

Sources : Lifesitenews.com /​leblog­de­jean­nes­mits