Histoire et liturgie de l’Église copte

Histoire

Les Coptes sont natifs d’Égypte. Ils descendent de ces anciens égyptiens que, par abréviation, les arabes dénommèrent « gupt », terme dont est dérivé le mot « copte ».

Dès l’origine, ils dépendaient du patriarche d’Alexandrie et observaient en grec la liturgie alexandrine, dite de saint Marc. Mais au Vème siècle, lors de l’apparition du monophysisme, leur patriarche, Dioscure, sympathisa avec la nouvelle hérésie et refusa même de se soumettre aux décisions du concile de Chalcédoine en 451.

Le monophysisme (du grec monos, unique, et physis, nature), doctrine d’Eutychès, archimandrite de Constantinople, prétendait qu’il n’y avait qu’une seule nature en Jésus-Christ, la nature humaine ayant été absorbée par la nature divine dans l’union en une seule et unique personne. Cette hérésie s’opposait au nestorianisme qui enseignait au contraire qu’il y avait non seulement deux natures dans le Christ, mais aussi deux personnes. C’est en voulant combattre cette erreur qu’Eutychès, refusant d’admettre le magistère infaillible de l’Église, se laissa emporter dans la doctrine opposée.

Avec son chef, la majorité de l’Église d’Égypte s’éloigna du catholicisme, adhéra à l’hérésie et, de nos jours, l’Église nationale d’Égypte demeure dans le schisme, le modernisme l’empêchant de revenir à l’unité romaine.

Au cours des XIVème et XVème siècles, diverses tentatives furent faites pour rapprocher de Rome l’Église copte ; ce fut sans succès notable ou définitif. Au XVIIème siècle, les franciscains parvinrent à grouper quelques conversions et, en 1739, l’évêque copte, Athanase de Jérusalem, qui résidait au Caire, rallia le catholicisme et fut nommé vicaire apostolique de la petite communauté de fidèles, quelque 2.000 âmes. Il faut attendre le XIXème siècle pour voir ce mouvement prendre quelque essor. En 1895, Léon XIII crée deux diocèses, à Minya et à Thèbes, et rétablit, pour l’évêque résidant au Caire, le titre de patriarche catholique copte d’Alexandrie. L’évêque Cyrille Macaire bénéficia le premier de cette dignité. En 1960, on comptait 80.000 fidèles. En 2005, on estimait cette population à plus de 250.000. Aujourd’hui, l’Église copte catholique compte sept diocèses.

Quant à l’Église copte orthodoxe, son patriarche est à Alexandrie. On y compte 15.000.000 de fidèles, répartis en 62 diocèses, et dans plusieurs pays.

Liturgie

Les églises coptes et leurs sanctuaires sont, en général, simples et dénudés. L’autel et carré. Mais l’iconostase (la cloison de bois ou de pierre, qui sépare le célébrant et les ministres sacrés d’avec le reste du peuple) est, lui, beaucoup plus ornée par des icônes. En général, elle est représentée ainsi :

  • En haut, au milieu est représentée la Cène et la Crucifixion par-dessus, rappelant ainsi l’origine de la messe et de la communion.
  • En bas, au milieu, la sainte Vierge, par qui Notre-Seigneur est venu.
  • Sur la droite est représenté le baptême de Notre-Seigneur, rappelant notre incorporation au Christ.
  • Toujours sur la droite, saint Michel Archange, rappelant la puissante intercession auprès de Dieu, étant le chef des armées célestes.
  • Sur la gauche, la Sainte Vierge et l’épisode de l’Annonciation, rappelant le commencement du salut du genre humain.

Le baptême copte se déroule dans une longue cérémonie, durant laquelle le prêtre prépare et bénit l’eau baptismale dans un grand baptistère profond. Puis, il baptise l’enfant par une triple immersion complète, c’est-à-dire qu’il le plonge totalement trois fois de suite en prononçant les paroles du baptême. Enfin, toujours dans la même cérémonie, il lui donne le sacrement de confirmation.

Pour ce qui est de la messe copte, voici quelques singularités :

  1. Les coptes utilisaient autrefois des hosties en pain fermenté sur lequel il y a l’empreinte d’un grand carré central (représentant la part du Christ, appelé Spondicon) et, autour, douze autres carrés (celle des apôtres). Sur chaque carré, il y a une croix, donnant ainsi treize croix sur l’hostie. Elle est ensuite rompue, lors de la Fraction, pour laisser une part au prêtre, et les autres pour les fidèles. Mais, aujourd’hui, on utilise rarement cette hostie (pour les solennités). Les coptes catholiques ont préféré l’hostie latine, sans levain, qu’ils divisent en treize parts (ou, pour plus de commodités, en cinq).
  2. Pour la messe, le prêtre est revêtu d’un amict, d’une aube, d’une ceinture plate (de la couleur de l’ornement) de deux manipules en forme de manchettes, d’une étole d’un seul pan (surmonté de trois croix), et d’une chape.
  3. Le corporal copte est fait du même tissu que l’ornement sacerdotal.
  4. Pour la plupart des oraisons et bénédictions, le prêtre tient une croix dans sa main droite.
  5. Durant cinq prières, le prêtre tient, sur ses mains étendues, des voiles symbolisant son état de grâce et sa pureté.
  6. La messe copte commence par une adoration du prêtre devant l’iconostase (à genoux et incliné profondément). Il monte ensuite à l’autel.
  7. Après les prières préparatoires, le lavement des mains et quelques bénédictions, le prêtre offre le pain et l’enveloppe dans un voile, la présente au peuple et fait une procession autour de l’autel. Le servant précède le prêtre en portant le vin et un cierge. De retour à l’autel, le prêtre bénit les saintes offrandes.
  8. Après la consécration et l’invocation du Saint-Esprit (Épiclèse), le prêtre fait une ostension en montrant de la main gauche la patène supportant le précieux Corps, et bénit le peuple de la main droite avec une un voile et une croix : c’est la bénédiction des saintes offrandes.
  9. Avant la fraction, le prêtre fait une première consignation : ayant délicatement trempé son doigt dans le calice, il fait un signe de croix sur l’hostie.
  10. La fraction divise l’hostie en treize (ou en cinq), laissant le carré central (Spondicon) intact. Celui-ci est ensuite trempé dans le précieux Sang, puis touche les autres parcelles de l’hostie, signifiant ainsi l’union du Corps et du Sang : c’est la deuxième consignation.
  11. À la communion, le prêtre bais dévotement l’hostie avant de la recevoir.
  12. Pour la communion des fidèles, les hosties sont légèrement trempées dans le calice.
  13. Hormis la consécration, la langue employée est l’arabe. Mais, parfois, pour ce qui est familier à tous, la langue est le copte.

Les Coptes sont natifs d’Égypte. Ils descendent de ces anciens égyptiens que, par abréviation, les arabes dénommèrent « gupt », terme dont est dérivé le mot « copte ».

Dès l’origine, ils dépendaient du patriarche d’Alexandrie et observaient en grec la liturgie alexandrine, dite de saint Marc. Mais au Vème siècle, lors de l’apparition du monophysisme, leur patriarche, Dioscure, sympathisa avec la nouvelle hérésie et refusa même de se soumettre aux décisions du concile de Chalcédoine en 451.

Le monophysisme (du grec monos, unique, et physis, nature), doctrine d’Eutychès, archimandrite de Constantinople, prétendait qu’il n’y avait qu’une seule nature en Jésus-Christ, la nature humaine ayant été absorbée par la nature divine dans l’union en une seule et unique personne. Cette hérésie s’opposait au nestorianisme qui enseignait au contraire qu’il y avait non seulement deux natures dans le Christ, mais aussi deux personnes. C’est en voulant combattre cette erreur qu’Eutychès, refusant d’admettre le magistère infaillible de l’Église, se laissa emporter dans la doctrine opposée.

Avec son chef, la majorité de l’Église d’Égypte s’éloigna du catholicisme, adhéra à l’hérésie et, de nos jours, l’Église nationale d’Égypte demeure dans le schisme, le modernisme l’empêchant de revenir à l’unité romaine.

Au cours des XIVème et XVème siècles, diverses tentatives furent faites pour rapprocher de Rome l’Église copte ; ce fut sans succès notable ou définitif. Au XVIIe siècle, les franciscains parvinrent à grouper quelques conversions et, en 1739, l’évêque copte, Athanase de Jérusalem, qui résidait au Caire, rallia le catholicisme et fut nommé vicaire apostolique de la petite communauté de fidèles, quelque 2.000 âmes.

Il faut attendre le XIXème siècle pour voir ce mouvement prendre quelque essor. En 1895, Léon XIII crée deux diocèses, à Minya et à Thèbes, et rétablit, pour l’évêque résidant au Caire, le titre de patriarche catholique copte d’Alexandrie. L’évêque Cyrille Macaire bénéficia le premier de cette dignité. En 1960, on comptait 80.000 fidèles. En 2005, on estimait cette population à plus de 250.000.

Aujourd’hui, l’Église copte catholique compte sept diocèses. Quant à l’Église copte orthodoxe, son patriarche est à Alexandrie. On y compte 15.000.000 de fidèles, répartis en 62 diocèses, et dans plusieurs pays.

Abbé Daniel Sabur, FSSPX

FSSPX