Sermon de Mgr Lefebvre – Pentecôte – Confirmations – 10 juin 1984

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers frères,
Mes bien chers enfants,

Le jour de la Pentecôte est un jour bien choi­si pour rece­voir le sacre­ment de confir­ma­tion. En effet, c’est au jour de la Pentecôte que les apôtres ont été confir­més par l’Esprit Saint, par l’effusion abon­dante de tous les dons du Saint-​Esprit dans leur âme.

Et aujourd’hui, vous aus­si, qui allez rece­voir le sacre­ment de confir­ma­tion, vous allez rece­voir l’effusion en abon­dance du Saint-​Esprit qui va vous don­ner tous ses dons. Vous enten­drez tout à l’heure, dans quelques ins­tants, l’évêque en éten­dant ses mains sur vous, appe­ler dans sa prière, tous les dons du Saint-​Esprit pour qu’il des­cende dans vos âmes. Et vous répon­drez, avec toute l’assemblée : « amen », amen ! C’est-à-dire : qu’il en soit ain­si. Oui, que le Bon Dieu me donne tous ces dons du Saint-​Esprit dont j’ai besoin pour être bon chré­tien et bonne chré­tienne, pour gar­der en moi la grâce que j’ai reçue au jour de mon baptême.

Vous savez bien que l’on ne reçoit le sacre­ment de confir­ma­tion qu’une seule fois dans sa vie. C’est donc un grand jour que le jour où l’on reçoit le sacre­ment de confir­ma­tion. Vous vous sou­vien­drez que vous avez reçu cette grâce du sacre­ment de confir­ma­tion le jour de la Pentecôte 1984, dans la cha­pelle d’Écône.

Vous vien­drez, dans quelques ins­tants, après cette prière que l’évêque aura dite sur vous, vous vien­drez auprès de l’évêque accom­pa­gné de vos par­rain et mar­raine qui pose­ront leur main droite sur l’épaule droite de celui qui est confir­mé, de leur filleul et l’évêque va mettre sa main sur votre tête, signer votre front du signe de la Croix avec le Saint-​Chrême en disant les paroles :

Signa te signa cru­cis et confir­ma te Chrismate salu­tis : « Je vous marque du signe de la Croix et je vous confirme du Chrême du salut » et il fera trois fois le signe de la Croix : In nomine Patris et Filii et Spritus Sancti.

Et vous répon­drez aus­si : « amen », à la fin de cette for­mule, pour que vous disiez aus­si : oui, qu’il en soit ain­si. Car c’est à ce moment-​là que vous allez rece­voir la grâce de la confir­ma­tion, au moment où l’évêque va mettre sa main sur votre tête, signer votre front du signe de la Croix avec le Saint Chrême et pro­non­cer les paroles du sacre­ment de confirmation.

Et vous pou­vez être aus­si sûrs qu’on peut l’être que vous allez rece­voir cette grâce du sacre­ment de confir­ma­tion, étant don­né que la manière et le rite, la parole et les gestes que je vais faire, ce sont ceux que l’Église fait depuis les ori­gines de l’Église.

Vos parents, vos grands-​parents, moi-​même j’ai reçu le sacre­ment de confir­ma­tion comme je vais vous le don­ner aujourd’hui, sans rien chan­ger, rien, abso­lu­ment rien. Parce que pré­ci­sé­ment nous esti­mons très impor­tant de gar­der la tra­di­tion pour que soit don­née véri­ta­ble­ment la grâce du sacre­ment de confirmation.

C’est de l’huile d’olives, consa­crée le Jeudi Saint, mélan­gée de baume, avec laquelle je ferai l’onction sur votre front. Et c’est cela la cou­tume, cou­tume immé­mo­riale de l’Église que ce soit de l’huile d’olives, à tel point que les théo­lo­giens doutent de la vali­di­té du sacre­ment qui serait don­né avec une huile de soja ou une huile d’arachides, ou une huile végé­tale quelconque.

Tout cela a de l’importance. Ce n’est pas pour rien que l’Église a main­te­nu ces traditions.

Et quels sont les effets du sacre­ment de confir­ma­tion dans vos âmes ? Eh bien, c’est d’abord de confir­mer la grâce de votre bap­tême. Vous avez reçu le jour de votre bap­tême, vous avez reçu aus­si le Saint-​Esprit bien sûr. Nous rece­vons le Saint-​Esprit au jour du bap­tême, puisque le prêtre qui donne le sacre­ment de bap­tême dit :

« Sors de cette âme, esprit immonde et laisse la place au Saint-Esprit ».

Donc le prêtre donne l’ordre au démon de sor­tir de l’âme de l’enfant qui est sou­mis au péché ori­gi­nel et il dit ; « Laisse la place au Saint-​Esprit ». Et le démon part. Et c’est le Saint-​Esprit qui prend pos­ses­sion de notre âme au moment du bap­tême. Par consé­quent, nous avons bien reçu le Saint-​Esprit. Mais nous avons reçu le Saint-​Esprit pour naître à la vie spirituelle.

Et main­te­nant, dans la crois­sance de votre âme, vous avez besoin de plus de force, d’une abon­dance plus grande du Saint-​Esprit. Comme l’on a besoin de plus de nour­ri­ture lorsque l’on gran­dit. Eh bien de même, vous avez besoin de cette nour­ri­ture spi­ri­tuelle d’une manière plus abon­dante, parce que vous gran­dis­sez dans la vie spi­ri­tuelle. Et vous allez vous trou­ver affron­tés à des dif­fi­cul­tés. Il ne faut pas vous faire d’illusion. La vie chré­tienne c’est un com­bat. Et c’est pour­quoi on appelle les confir­més, les sol­dats du Christ. On devient sol­dat du Christ.

Pourquoi ? Parce que le sol­dat est un com­bat­tant et que par le sacre­ment de confir­ma­tion, on devient ferme dans sa foi, fort dans sa foi, pour lut­ter contre toutes les influences mau­vaises. Et Dieu sait s’il y en a aujourd’hui des influences mau­vaises dans le monde, pour nous atti­rer dans le péché. Alors par la grâce du sacre­ment de confir­ma­tion, vous serez des sol­dats du Christ.

Et puis enfin, vous serez aus­si des mis­sion­naires. On n’est pas seule­ment sol­dat, on est aus­si mis­sion­naire par le sacre­ment de confir­ma­tion. Nous n’avons pas le droit de dire : Moi, pour­vu que je sois bon chré­tien et que j’aille au Ciel, si les autres n’y vont pas, ça m’est égal. On n’a pas le droit de dire cela. On doit aimer son pro­chain et le pre­mier amour du pro­chain, c’est de sou­hai­ter qu’il aille au Ciel, que son âme soit sau­vée pour l’éternité.

Alors le sacre­ment de confir­ma­tion donne cet esprit mis­sion­naire, donne ce désir de se sacri­fier pour les autres. Notre Seigneur s’est sacri­fié Lui ; Il a don­né tout son Sang pour notre salut et Il n’avait pas besoin pour­tant de se sau­ver Lui-​même, étant Dieu. Il n’avait pas besoin du salut. Mais Il a don­né tout son Sang pour nous. Alors nous, nous ne ferions pas comme Notre Seigneur ? Il faut qu’aussi nous accep­tions de souf­frir, de faire péni­tence, voyez-vous.

Quelle est la patronne des mis­sion­naires ? Peut-​être vous ne le savez pas : une patronne spé­ciale des mis­sion­naires. C’est sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Pourquoi sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ? Une petite reli­gieuse, jeune, qui est morte à vingt-​quatre ans et qui était enfer­mée dans son car­mel depuis l’âge de quinze ans, puisqu’elle y est entrée à l’âge de quinze ans. Qu’est-ce qu’elle a été comme mis­sion­naire ? Elle n’a rien fait comme mis­sion­naire. Si cela avait été encore une per­sonne qui aurait tra­ver­sé les océans et puis aurait prê­ché l’Évangile par­tout dans le monde entier, on com­pren­drait qu’on l’aurait nom­mée Patronne des mis­sions. Mais sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus enfer­mée dans son couvent !

Eh bien si, l’Église l’a nom­mée Patronne des mis­sions, parce qu’elle a conver­ti des âmes par mil­liers, par cen­taines de mil­liers, en étant dans son couvent. Elle s’est sacri­fiée et elle a prié. Eh bien, vous, vous pou­vez faire cela aus­si. Tout le monde peut être mis­sion­naire de cette manière-​là. Personne ne peut dire qu’il ne peut pas se sacri­fier et prier pour le salut des âmes.

Et de même que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a conver­ti des mil­liers, des cen­taines de mil­liers d’âmes, nous aus­si nous pou­vons peut-​être, par la grâce du Bon Dieu, conver­tir beau­coup d’âmes et nous le sau­rons au Ciel, quand nous irons au Ciel.

Alors, soyons mis­sion­naire, ayons cet esprit mis­sion­naire de dési­rer sau­ver les âmes. Il y a tel­le­ment d’âmes qui se perdent. Vous savez que les petits enfants de Fatima – qui ont vu la Sainte Vierge à Fatima – disaient que la très Sainte Vierge leur avait fait voir l’enfer et ils disaient : « Les âmes tombent en enfer, comme les feuilles au moment de l’automne ».

C’est affreux cela ! Le nombre des âmes qui tombent en enfer comme les feuilles déta­chées des arbres, qui tombent en automne. C’est affreux.

Alors nous devons pen­ser à toutes les âmes qui se perdent et nous sacri­fier, accep­ter les sacri­fices, les épreuves que le Bon Dieu nous envoie pour sau­ver les âmes. Voilà ce que va vous don­ner le sacre­ment de confirmation.

Priez la très Sainte Vierge Marie ; deman­dez à votre bonne Mère du Ciel tous les jours, qu’elle vous accorde la grâce de demeu­rer fermes dans votre foi, de demeu­rer des sol­dats du Christ et demeu­rer des missionnaires.

J’espère que chaque confir­mand a un cha­pe­let et que ce cha­pe­let il le récite sou­vent, tous les jours. Récitez le cha­pe­let pour être pro­té­gés par la très Sainte Vierge Marie, notre bonne Mère du Ciel. C’est par elle que nous viennent toutes les grâces et par consé­quent la grâce du sacre­ment de confir­ma­tion que vous allez rece­voir, vous allez le rece­voir aus­si par la très Sainte Vierge, par l’intermédiaire de la très Sainte Vierge.

Alors il faut remer­cier la très Sainte Vierge, remer­cier vos bons parents qui vous ont conduits ici aujourd’hui ; remer­cier vos prêtres qui se sont occu­pés de vous et tous les sémi­na­ristes qui sont ici, tout le monde main­te­nant va prier pour vous, pour que vous rece­viez en abon­dance les grâces du sacre­ment de confirmation.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.