Saint Robert Bellarmin, (1542–1621), une belle intelligence de la Renaissance

A l’oc­ca­sion du 500e anni­ver­saire de la cano­ni­sa­tion de saint Ignace, retour sur une autre grande figure des jésuites : l’é­mi­nen­tis­sime car­di­nal Bellarmin, cano­ni­sé par Pie XI. Ce petit homme a été l’une des plus belles intel­li­gences de la renais­sance ita­lienne. Peu de saints furent aus­si aimables, aus­si attachants.

Il me semble que l’anniversaire de cet homme entiè­re­ment consa­cré à la gloire de l’Église catho­lique, l’Una Sancta, a été quelque peu oublié par les jésuites actuels, ses frères dans la vie reli­gieuse, et même par le pape jésuite François. Nous osons espé­rer que cet oubli n’a rien à voir avec une quel­conque dam­na­tio memo­riæ envers un homme dont le sou­ve­nir aurait pu appa­raître un rien caco­pho­nique dans la « sym­pho­nie » de l’œcuménisme iré­niste encore domi­nant.[1] Ce silence offi­ciel est pour nous une rai­son sup­plé­men­taire de décou­vrir la vie et l’œuvre de ce grand saint du XVIe siècle.

Enfance toscane

Robert Bellarmin naît le 4 octobre 1542 dans la bour­gade tos­cane de Montepulciano qui conserve fiè­re­ment le corps de la sainte domi­ni­caine Agnès. Il est le troi­sième des douze enfants du che­va­lier Vincent Bellarmin et de Cynthia Cervini, sœur du futur pape Marcel II. Né le jour de la saint François d’Assise, Robert reçoit comme deuxième pré­nom le nom du pove­rel­lo dont il sera tou­jours un grand dévot et un zélé imitateur.

Il a la grâce d’avoir une sainte mère, véri­table âme de prière, habi­tuée à l’aumône et au jeûne, qui élève ses enfants dans une joyeuse atmo­sphère de pié­té. Cynthia ren­contre un jour le jésuite fran­çais Pascase Broët, confes­seur du car­di­nal Cervini, lequel l’a invi­té à faire une visite à Montepulciano. Robert est encore dans son ber­ceau. Cynthia se sou­vien­dra tou­jours de ce saint reli­gieux. Quatre ans plus tard, lors d’un second pas­sage à Montepulciano, le père Broët donne à Cynthia et à deux de ses sœurs les exer­cices spi­ri­tuels de saint Ignace. L’un des résul­tats de cette retraite sera une grande véné­ra­tion de Cynthia pour la Compagnie de Jésus et son désir de voir entrer un jour l’un ou l’autre de ses fils dans cette nou­velle et cou­ra­geuse congré­ga­tion. Lorsque, plus tard, les jésuites fon­de­ront une école à Montepulciano, Robert devien­dra leur enthou­siaste et excellent élève.

Une vocation entravée

Un jour, Robert entend l’appel de Dieu à la vie reli­gieuse sur les traces de saint Ignace. Son père ne cache pas sa ferme oppo­si­tion, qui nous sur­prend, il est vrai. Malheureusement, même chez un homme de foi, on peut trou­ver un peu de mon­da­ni­té : la Compagnie fraî­che­ment éclose de cet ex-​capitaine basque lui sem­blait indigne du noble lignage des Bellarmin et, pire encore, Vincent savait qu’il était impos­sible aux jésuites, sans un ordre exprès du Pape, d’accéder aux digni­tés ecclé­sias­tiques… qu’il convoi­tait pour son fils.

Après quelques mois d’opposition, Vincent finit par accep­ter le « caprice de Robert ». Le jeune homme par­tage aus­si­tôt son bon­heur avec sa chère mère. Écrivant au Père Laynez, suc­ces­seur d’Ignace au gou­ver­ne­ment de l’Ordre, Cynthia écrit ces paroles édi­fiantes : « Je remer­cie la divine Majesté qui a dai­gné appe­ler à son saint ser­vice celui qui m’était plus cher que la pru­nelle de mes yeux […]. Dès le pre­mier ins­tant, je me suis réjouie de ce désir […]. Mais je ne puis pour­tant m’empêcher de souf­frir, en voyant s’éloigner le plus cher de mes enfants […] » [2].

Arrivé à Rome, Robert, après une retraite de dix jours, reçoit la sou­tane et est aus­si­tôt envoyé en cui­sine pour y exer­cer les ver­tus par­mi les bols et les cas­se­roles. Puis com­mencent les études au Collège romain, fon­dé par saint Ignace, ancêtre de l’actuelle Université gré­go­rienne. [3] Parmi les cama­rades de Robert se trouve un jeune Allemand, Christophe Schluessel [4], brillant mathé­ma­ti­cien, qui devien­dra célèbre pour la mise au point du calen­drier gré­go­rien. Robert est pas­sion­né par l’étude, mal­gré des maux de tête dont il souf­fri­ra jusqu’à sa mort.

A Mondovì : Grec… avec les Piémontais

A l’issue de trois années de phi­lo­so­phie, les supé­rieurs l’envoient en Toscane puis à Mondovì. Dans cette petite ville du Piémont, les jésuites, invi­tés par le duc Emmanuel Philibert [5], grand adver­saire du pro­tes­tan­tisme, avaient fon­dé un petit col­lège. Selon le pro­gramme sco­laire, Robert doit ensei­gner « le Grec Démosthène »… Grande sur­prise pour lui qui, en matière de grec, ne connaît que l’alphabet. Mais il faut trou­ver une solu­tion rapide : Démosthène n’a pas de temps à perdre.

Avec une ruse tout évan­gé­lique, Robert annonce aux élèves qu’il entend rafraî­chir leur connais­sance de la gram­maire grecque. Ainsi, dans le calme noc­turne, aidé par sa puis­sante mémoire, il apprend tout ce qu’il doit ensei­gner le len­de­main. Alors qu’il n’est pas encore ton­su­ré, Robert est invi­té à prê­cher dans la cathé­drale de Mondovì. Il le fait plu­sieurs fois, et avec tant de pro­fit pour les âmes, que le Père pro­vin­cial décide de l’envoyer à Padoue pour ter­mi­ner ses études théo­lo­giques afin de se pré­pa­rer aux ordi­na­tions. La lumière de l’Esprit-Saint et sa brillante intel­li­gence feront de lui un excellent théo­lo­gien et un grand prédicateur.

A l’Université de Louvain : dans la forteresse de la foi

Bellarmin reçoit du père géné­ral, le futur saint François Borgia, l’ordre de par­tir pour Louvain, en Flandre, dont l’université était res­tée un phare de fidé­li­té sur la mer téné­breuse de l’hérésie pro­tes­tante. Il part à che­val avec un com­pa­gnon jésuite, en civil pour des ques­tions de sécu­ri­té ; ayant tra­ver­sé les Alpes, les voya­geurs arrivent en mai à Louvain.

Blason de l’u­ni­ver­si­té de Louvain

Robert va vivre et com­battre pen­dant sept ans dans ces loin­tains Pays-​Bas. Le patriarche Jacob avait tra­vaillé sept ans pour méri­ter la douce Rachel ; les sept années de com­bat théo­lo­gique méri­te­ront à Robert de deve­nir « le cham­pion d’avant-garde de la cause catho­lique au XVIe siècle ». [6]

L’une de ses charges est la pré­di­ca­tion aux étu­diants et au peuple dans l’immense église Saint-​Michel, capable de conte­nir deux mille per­sonnes ; elle est tou­jours pleine pour écou­ter ses prêches en latin. Beaucoup d’hommes empoi­son­nés par les idées nou­velles, dira un témoin, « ont été rame­nés à la vraie foi, sur­tout quand, pen­dant l’octave de la Fête-​Dieu, il a démon­tré de la manière la plus claire et la plus large la pré­sence réelle du Christ dans la sainte Eucharistie ». [7]

Le same­di saint de l’année 1570, Robert est ordon­né prêtre par Mgr Jansénius, évêque de Gand. [8] Les pre­mières paroles du nou­veau prêtre sont des­ti­nées à rap­pe­ler aux confrères la splen­deur de leur voca­tion : elle vient de Dieu qui dit à ses prêtres : « Je vous ai confié les clés du Royaume des Cieux, les sacre­ments que j’ai payés avec mon sang, mon corps et mon sang même, les âmes qui m’ont été fian­cées au bap­tême, pour les­quelles je n’ai pas hési­té à souf­frir et à mou­rir ». [9]

Trois ans avant l’arrivée de Robert dans la véné­rable uni­ver­si­té fla­mande, le chan­ce­lier Michel Baius avait vu septante-​neuf de ses thèses condam­nées par le pape saint Pie V. Plus huma­niste que théo­lo­gien, Baius était un enne­mi de la sco­las­tique [10] qu’il connais­sait d’ailleurs fort peu. En inter­pré­tant abu­si­ve­ment quelques pages de saint Augustin, il en était arri­vé à contre­dire gra­ve­ment l’enseignement catho­lique sur la grâce et le libre arbitre. Selon lui, toutes les actions des infi­dèles étaient des péchés et les ver­tus des phi­lo­sophes païens n’étaient que des vices. Une concep­tion plu­tôt pes­si­miste qui devait engen­drer plus tard l’hérésie janséniste.

Dans son ensei­gne­ment de théo­lo­gie dog­ma­tique, Robert com­bat éner­gi­que­ment ces erreurs. Face au mépris de Baius et des pro­tes­tants pour la sco­las­tique, il fait l’éloge de saint Thomas, en décla­rant à ses élèves : « cha­cun de vous fera beau­coup plus de pro­grès en deux mois appli­qué à la Somme, qu’en plu­sieurs mois d’étude indé­pen­dante de la Bible et des Pères » [11].

Préparation à la lutte contre le protestantisme

Pendant le sep­ten­nat de Bellarmin à Louvain, le réfor­ma­teur Mattias Francowitz [12] publie le der­nier tome des célèbres Centuries de Magdebourg, un effort colos­sal pour cher­cher à prou­ver, en ins­tru­men­ta­li­sant sans ver­gogne l’histoire, que la véri­table héri­tière de l’Église apos­to­lique est l’Église luthé­rienne. La réponse catho­lique sera, dans le domaine his­to­rique, les monu­men­tales Annales du bien­heu­reux car­di­nal Baronius et, pour la théo­lo­gie, les for­mi­dables Controverses de Bellarmin. Face aux « Centuriateurs », Robert com­prend que, sans négli­ger la théo­lo­gie spé­cu­la­tive, l’Église doit déve­lop­per la théo­lo­gie posi­tive. [13]

Dans son zèle, notre théo­lo­gien ne perd pas de temps et décide d’apprendre, tout seul, l’hébreu. Il réus­sit plu­tôt bien, au point d’écrire une gram­maire hébraïque en trois cents pages. D’autre part il se consacre à l’étude atten­tive des écrits patris­tiques et de l’histoire de l’Église. Ses anno­ta­tions seront publiées qua­rante ans plus tard sous le titre De Scriptoribus ecclesiasticis.

En même temps, il lit atten­ti­ve­ment les œuvres des soi-​disant réfor­ma­teurs alle­mands et suisses. A cela s’ajoutent les heures de confes­sions et l’accueil quo­ti­dien d’un fleuve de visi­teurs. La qua­li­té de ses cours attire même l’attention de saint Charles Borromée qui vient de com­men­cer la réforme [14] de son immense archi­dio­cèse de Milan. Saint Charles écrit lettre sur lettre au géné­ral des jésuites à Rome pour lui deman­der de lui envoyer Bellarmin comme pro­fes­seur de théo­lo­gie au sémi­naire nou­vel­le­ment créé par lui à Brera.

Les jésuites craignent de perdre ce trop pré­cieux confrère. C’est pour­quoi, après avoir déci­dé de ren­voyer Robert en Italie pour des rai­sons de san­té et de le nom­mer au Collège romain, ils lui recom­mandent de pas­ser par Gênes, en évi­tant abso­lu­ment le « dan­ge­reux » Milan… où saint Charles est aux aguets.

Rome, les Controverses : une œuvre monumentale

Au Collège romain, une chaire de contro­verses, c’est-à-dire de théo­lo­gie spé­cia­li­sée dans la réfu­ta­tion des héré­sies, existe dès 1561. Mais cette matière n’a eu jusqu’à pré­sent que peu de suc­cès. Bellarmin reçoit la mis­sion de don­ner une bouf­fée d’air frais à cette dis­ci­pline deve­nue de plus en plus néces­saire. Il a com­pris que les efforts de Satan, en ces der­niers temps, se sont tour­nés avec fureur contre le neu­vième et le dixième article du Credo [15]. Ses leçons se limi­te­ront donc à cette matière.

Parmi ses élèves, il y a de nom­breux jeunes du Collège ger­ma­nique et du Collège anglais, deux sémi­naires fon­dés par Grégoire XIII, le « pape des sémi­naires », pour sau­ver la foi dans ces mal­heu­reux pays enva­his par l’hérésie. Bellarmin est conscient que la Providence lui a confié la tâche pas­sion­nante d’« armer ces nou­veaux sol­dats de l’Église pour la guerre contre les pou­voirs des ténèbres ». [16]

Devant lui, le 25 avril 1579, les clercs anglais font le vœu géné­reux de retour­ner sur leur terre pour ser­vir Dieu et, si néces­saire, mou­rir pour le salut de l’Angleterre tom­bée dans l’hérésie. Certains d’entre eux, comme Sherwin et Kirby, ver­se­ront leur sang dans leur patrie pour la foi catho­lique, bien pré­pa­rés par les leçons et l’exemple de Robert.

Une doc­trine aus­si lumi­neuse et utile pour dis­soudre les ténèbres de l’erreur ne devait pas res­ter sous le bois­seau, mais être pla­cée « sur le can­dé­labre, afin quelle éclaire tous ceux qui sont dans la mai­son » [17] : les leçons de contro­verse don­nées par Robert sont publiées. Le pre­mier volume sort en 1586 d’une impri­me­rie d’Ingolstadt, en Bavière, avec les armoi­ries du pape Sixte V, de l’empereur Rodolphe II et de la répu­blique de Venise. Le pape Sixte en est si heu­reux qu’il envoie immé­dia­te­ment à l’auteur un don de quatre cents pièces d’or pour les frais d’im­pres­sion. L’œuvre com­plète des Controverses en trois tomes repré­sente assu­ré­ment le chef‑d’œuvre de Bellarmin et « le fon­de­ment inébran­lable de sa gloire ». [18]

Les Controverses : marteau de l’hérésie

Ce livre puis­sant est une contre-​attaque catho­lique éner­gique. D’autres saints, comme le jésuite saint Pierre Canisius ou saint François de Sales, se battent en pre­mière ligne pour arrê­ter et faire recu­ler les hordes ram­pantes de l’hérésie. Leurs batailles sont sou­te­nues par la prière humble de tant d’âmes contem­pla­tives. [19]

Mais les Controverses de Bellarmin four­nissent de mer­veilleuses « muni­tions » théo­lo­giques. Le saint évêque de Genève les exploite avec beau­coup de zèle pour écrire ses fameux tracts de pro­pa­gande appe­lés d’ailleurs aus­si « Controverses » [20]) ; on peut donc dire que les sep­tante mille conver­tis du fon­da­teur des Visitandines ont une dette de recon­nais­sance envers saint Robert. Baronius, dans ses Annales, écrit, en par­lant des Controverses que cette « œuvre extra­or­di­naire » est pour l’Église « un rem­part sem­blable à la tour que David a faite avec ses para­pets aux­quels étaient accro­chés mille bou­cliers et toutes sortes d’armes pour les héros ». [21]

Les héré­tiques ne s’y trompent pas. Beaucoup d’entre eux, habi­tués à appe­ler les catho­liques « papistes », les appellent désor­mais aus­si « bel­lar­mi­nistes ». En Angleterre, la reine Elisabeth, vigi­lante « papesse » de la secte angli­cane, s’agite au point de fon­der à Cambridge une chaire spé­cia­li­sée dans la réfu­ta­tion des Controverses. Elle pousse de sur­croît la « pru­dence » jusqu’à infli­ger la peine de mort à toute per­sonne trou­vée en pos­ses­sion du livre de Bellarmin.

Lorsque ce livre arrive entre les mains de Théodore de Bèze, le chef des cal­vi­nistes à Genève, celui-​ci s’exclame : « ce livre nous perd ». Le plus bel éloge de l’œuvre de Robert est cepen­dant le nombre incal­cu­lable d’âmes rame­nées à la vraie foi. Un seul exemple : le jeune Anglais Henry Heat est un dis­ciple, à Cambridge, du célèbre théo­lo­gien angli­can Whitaker qui ful­mine contre Bellarmin. Henry décide un jour de lire les Controverses avec trois de ses com­pa­gnons. Le résul­tat ne se fait pas attendre : ils se conver­tissent et deviennent reli­gieux. Henry Heat don­ne­ra un jour sa vie pour la foi catho­lique et sera béatifié.

Une grande figure de la contre-réforme

Saint Robert Bellarmin est pro­ba­ble­ment le jésuite qui a ser­vi avec le plus d’humilité et de loyau­té le plus grand nombre de papes. Pour saint Pierre Canisius, il incarne un des aspects fon­da­men­taux de l’activité de la Compagnie de Jésus : le ser­vice intel­lec­tuel de l’Église.

A Rome, auprès des papes Grégoire XIII et Sixte V, Robert Bellarmin, belle intel­li­gence de la renais­sance ita­lienne for­mé chez les jésuites, va déve­lop­per une acti­vi­té féconde. Ses com­pé­tences sont mul­tiples. Sous Grégoire XIII, Bellarmin coopère à la réforme du calen­drier et à la publi­ca­tion des Œuvres de saint Ambroise.

Sous Sixte V, il par­ti­cipe aux tra­vaux de cor­rec­tion de la véné­rable édi­tion latine de la Bible, dite Vulgate. Il met la der­nière main à la célèbre Ratio stu­dio­rum des jésuites, qui contient les grandes règles péda­go­giques de la congré­ga­tion. Il accom­pagne le car­di­nal Caetani à la cour de France durant la période ter­rible des guerres de reli­gion et se trouve à Paris durant le tra­gique siège de la ville par Henri de Navarre. Membre de la com­mis­sion de réforme du Bréviaire, il devient poète et com­pose quelques hymnes, comme celle de la fête de sainte Marie-​Madeleine. Nommé exa­mi­na­teur des évêques, il a la joie d’examiner un can­di­dat savoyard qui devien­dra célèbre : le futur François de Sales.

Le catéchisme

A Ferrare, le pape donne volon­tiers son appro­ba­tion au caté­chisme pour enfants écrit par Bellarmin. Avec le manuel pour les maîtres, plus déve­lop­pé, inti­tu­lé Explication de la doc­trine chré­tienne, ce caté­chisme obtien­dra autant de célé­bri­té et une dif­fu­sion plus large encore que les Controverses elles-​mêmes. Le pape Clément VIII impo­se­ra dans tout l’État de l’Église le caté­chisme bellarminien.

Traduits en de mul­tiples langues, les deux manuels ont pré­pa­ré le che­min du caté­chisme de saint Pie X. Robert sera tou­jours un ardent caté­chiste. En tant que car­di­nal, il l’enseignera chaque semaine aux membres de sa « famille car­di­na­lice » et le com­men­te­ra sou­vent aux enfants de Rome dans son église titu­laire de Santa-​Maria-​in-​Via, fière de conser­ver encore aujourd’hui la chaire sur laquelle il s’asseyait pour éclai­rer les âmes des enfants de Rome.

Recteur du Collège romain

En 1587, Robert est libé­ré du far­deau de l’enseignement… pour rece­voir une charge encore plus lourde : il devient rec­teur du célèbre Collège romain qui connaît alors son âge d’or. Y étu­dient envi­ron deux mille élèves dont deux cents jésuites. Avec une grande humi­li­té et une cha­ri­té pater­nelle, Robert guide ses chers élèves sur les voies de la science sacrée et de la sainteté.

Son chef‑d’œuvre pas­to­ral est le « petit prince » saint Louis de Gonzague, pro­dige de pure­té et de péni­tence. Pendant quatre ans, Robert a la joie d’être le père spi­ri­tuel de cet angé­lique jeune homme. Le 21 juin 1591, il assiste à la mort de cette âme pri­vi­lé­giée [22], modèle splen­dide de toute la jeu­nesse catho­lique. Bellarmin a de plus la douce mis­sion de pro­non­cer le pre­mier éloge funèbre de Louis. Après avoir pro­mu la cause de béa­ti­fi­ca­tion de cet ange sur terre, il aura la joie d’assister à sa glo­ri­fi­ca­tion. Bellarmin, dans son tes­ta­ment, émet le pieux désir de repo­ser aux pieds de l’autel du bien­heu­reux Louis.

Cardinal de la sainte Église romaine

Après deux ans en tant que pro­vin­cial à Naples, Robert est sou­dai­ne­ment rap­pe­lé à Rome en jan­vier 1597. Clément VIII le veut auprès de lui comme conseiller. Les mérites de Bellarmin sont tels que, le 3 mars 1599, le saint-​père le crée car­di­nal, mal­gré ses ten­ta­tives déses­pé­rées de se sous­traire à cette sublime charge. En plein consis­toire, le pape déclare solen­nel­le­ment qu’il l’a choi­si parce qu’il n’a trou­vé per­sonne com­pa­rable à lui du point de vue de la doctrine.

Contraint d’échanger la sou­tane noire contre la sou­tane car­di­na­lice rouge [23], Bellarmin conser­ve­ra, pen­dant les vingt-​deux années de car­di­na­lat, sa vie fru­gale. Après une longue médi­ta­tion au pied du cru­ci­fix, il décide d’imiter l’exemple du car­di­nal Charles Borromée. A l’époque, cer­tains car­di­naux, en fils de la Renaissance, vivaient plu­tôt somp­tueu­se­ment. Non : sa mai­son n’est « pas une cour, mais un cloître ; sa pen­sée non pas les parents, mais les pauvres ; sa gloire non pas l’admiration, mais l’édification du peuple ; sa sol­li­ci­tude n’est pas l’or ni le faste, mais seule­ment le ser­vice de Dieu et de l’Église ». [24]

Sur le plan maté­riel, il se contente de la rente qui lui est ver­sée par le pape, avec laquelle il fait vivre les col­la­bo­ra­teurs qui com­posent la « famille » car­di­na­lice. Quant au sur­plus, au lieu de le ver­ser à ses proches parents, selon les cou­tumes abu­sives de ces temps de népo­tisme, il le des­tine aux pauvres. Sa géné­ro­si­té est si grande que dans les fau­bourgs romains, on l’appelle « le père des pauvres ». Pietro Guidotti, son res­pon­sable des aumônes, en sait quelque chose puisqu’il doit même rache­ter deux fois le mate­las du cardinal.

Archevêque de Capoue

La Providence vou­lait que Robert fût aus­si le modèle des évêques. Consacré évêque par Clément VIII le 21 avril 1602, il rejoint rapi­de­ment son archi­dio­cèse de Capoue, en Campanie, pour trois années d’apostolat intense. La cha­ri­té pas­to­rale le pousse jusqu’aux vil­lages les plus humbles pour ins­truire le peuple sur les véri­tés de la foi. Au cours de ces trois années épui­santes, le seul livre qu’il écrit est un com­men­taire du Credo. Il le dis­tri­bue au cler­gé avec l’obligation d’en lire un extrait au peuple tous les dimanches.

Dans les paroisses pauvres, lorsqu’il trouve des vête­ments litur­giques en lam­beaux, des ciboires en bois ou des calices en cuivre, il les rem­place à ses propres frais par des objets dignes du culte. Son tra­vail inlas­sable de sainte réforme du dio­cèse est cepen­dant inter­rom­pu par la mort du pape. Il doit retour­ner à Rome pour le conclave. Dans son humi­li­té, Robert est ter­ri­fié à l’idée d’être élu ; il prie avec fer­veur : « A papa­tu, libé­ra nos Domine ». [25] Les car­di­naux élisent Léon XI qui meurt au bout de quatre semaines. Nouveau « dan­ger » pour Robert qui se montre à nou­veau content quand le car­di­nal Borghèse prend le nom de Paul V. Le nou­veau pape retient Bellarmin à Rome en tant que car­di­nal de curie. C’est avec tris­tesse que Robert renonce à son cher évê­ché de Capoue.

Aux côtés du pape

Il nous est impos­sible d’énumérer les mul­tiples contri­bu­tions du car­di­nal Bellarmin au ser­vice du Saint-​Siège. Mentionnons la part impor­tante qui lui revient dans les béa­ti­fi­ca­tions de saint Louis de Gonzague et de saint Ignace de Loyola ain­si que dans les cano­ni­sa­tions de saint Charles Borromée et de saint Philippe Neri. Il par­ti­cipe avec sagesse à l’apaisement de l’ardente dis­cus­sion théo­lo­gique entre jésuites et domi­ni­cains sur la ques­tion de la grâce. Il inter­vient dans la contro­verse véni­tienne (1606–1607) due à la haine anti­ro­maine du frère Paolo Sarpi. Avec pré­ci­sion il réfute point par point les erreurs de Sarpi et de ses amis théologiens.

Contre le roi d’Angleterre (1607–1609)

Plus célèbre est sa contro­verse avec le roi d’Angleterre Jacques Ier. Le monarque bri­tan­nique avait impo­sé aux catho­liques un ser­ment impli­quant le rejet de la pri­mau­té du sou­ve­rain pon­tife. Comme cer­tains catho­liques pré­ten­daient que ce ser­ment pou­vait être signé sans péché, l’affaire est défé­rée à Rome. Bellarmin inter­vient et entre en lice contre le roi. Dans un pre­mier temps, Robert répond sous le pseu­do­nyme de Torti à un livre ano­nyme écrit par le roi pour faire l’apologie de son ser­ment. Puis, le roi ayant publié une nou­velle édi­tion, aug­men­tée, de son livre signée de son propre nom, Bellarmin reprend ouver­te­ment la polé­mique en signant cette fois-​ci lui aus­si de son vrai nom. La lumi­neuse démons­tra­tion théo­lo­gique de Bellarmin aide de nom­breux prêtres à com­prendre la per­fi­die du ser­ment et à le refu­ser, même au prix de leur vie.

Face au gallicanisme

La contro­verse gal­li­cane a comme point d’origine l’œuvre du juriste catho­lique anglais Barclay qui, dans son De Potestate papæ, prône l’indépendance abso­lue du pou­voir civil vis-​à-​vis du pou­voir ecclé­sias­tique. Barclay va jusqu’à refu­ser tota­le­ment au pape tout pou­voir, même indi­rect, sur les choses tem­po­relles. Dans son agres­sion anti­pa­pale, Barclay attaque par­ti­cu­liè­re­ment les écrits de Bellarmin sur la théo­lo­gie de la papau­té. Le car­di­nal écrit une réponse, ajou­tant de nou­veaux éclair­cis­se­ments sur la doc­trine du pou­voir indi­rect [26] de l’Église sur le tem­po­rel, qu’il consi­dère comme la meilleure expres­sion de la pen­sée catho­lique en la matière.

L’œuvre de Bellarmin, pré­sen­tée au par­le­ment à Paris, est inter­dite parce que le par­le­ment y voit une limi­ta­tion du pou­voir abso­lu des rois. Il faut même une inter­ven­tion de Paul V auprès de la reine de France Marie de Médicis pour faire sus­pendre la déci­sion du par­le­ment et per­mettre la dif­fu­sion des expli­ca­tions lumi­neuses de Robert sur les rela­tions entre l’Église et l’État [27].

Ecrits spirituels

Assoiffé de spi­ri­tua­li­té, Robert, mal­gré le nombre incroyable de ses acti­vi­tés, se rend chaque année au novi­ciat des jésuites de St-​André-​au-​Quirinal pour une retraite de dix jours. Au bout de quelques années, il prend l’habitude de faire chaque année le mois « igna­tien » bien que les jésuites n’y soient obli­gés que deux fois dans leur vie. Pendant huit ans, il tra­vaille à la com­po­si­tion d’un pieux et célèbre com­men­taire sur les psaumes.

Dans ses der­nières années de vie, il com­pose plu­sieurs opus­cules ascé­tiques et moraux. L’un porte sur les devoirs des évêques, un autre sur ceux des princes chré­tiens. Les plus célèbres sont : les Ascensions spi­ri­tuelles de l’esprit en Dieu et le Gémissement de la colombe. Dans le Gémissement, bref trai­té sur la péni­tence et la com­ponc­tion, Robert sou­haite rani­mer la dévo­tion des âmes chré­tiennes et sur­tout des âmes consa­crées. Robert constate avec réa­lisme qu’un cer­tain relâ­che­ment frappe les ordres reli­gieux et fait naître par­fois de graves scan­dales qui font pleu­rer la colombe (l’Église). Les Ascensions sont l’opuscule pré­fé­ré de Robert : il aime le relire. [28] En 1616, sa pen­sée s’envole de plus en plus vers la Patrie ; il écrit L’éternelle Félicité des saints dans laquelle il fait entre­voir à l’âme émer­veillée l’océan de la Joie céleste. [29]) Quand il entend « notre sœur la mort” s’approcher, il se sent pous­sé par le Saint-​Esprit à écrire l’Art de bien mou­rir, le der­nier de ses livres, qui pré­cède de neuf mois le grand voyage. Le vieux car­di­nal y syn­thé­tise les prin­ci­paux points de son ensei­gne­ment spi­ri­tuel : la prière constante, le renon­ce­ment à soi-​même, la vigi­lance au ser­vice de Dieu, la cha­ri­té dans les paroles et le pré­cepte de l’aumône faite selon ses propres moyens.

Vers la Patrie céleste

Le pape Paul V meurt en jan­vier 1621. Après l’élection de Grégoire XV, le vieux car­di­nal se retire au novi­ciat de Saint-​André-​au-​Quirinal. En route, il ren­contre le car­di­nal d’Este qui lui demande : « Où allez-​vous ? » Bellarmin répond en sou­riant : « Je vais mou­rir. » En sep­tembre, on apprend que le saint car­di­nal est dans ses der­niers ins­tants. Beaucoup de gens accourent pour le revoir une der­nière fois. Le pape lui-​même veut aller bénir per­son­nel­le­ment son cher Bellarmin qui le reçoit tout confus. La mala­die, petit à petit, s’aggrave. Ses infir­miers l’entendent dire à plu­sieurs reprises, en par­lant du Paradis : « Seigneur, je vou­drais aller dans ma Maison… ». Au géné­ral de la Compagnie qui lui annonce un décès proche, il répond avec enthou­siasme : « quelle bonne nou­velle ! » Ayant reçu avec une tou­chante dévo­tion le saint via­tique et l’extrême-onction, il dit au frère qui l’assiste : « Dieu soit loué, mon frère, je vivrai encore quatre jours et je ren­tre­rai chez moi. »

Comme pré­vu, le 17 sep­tembre au matin, Robert, après avoir répé­té plu­sieurs fois, très dou­ce­ment, les mots « Jésus, Jésus », quitte ce monde. Né le 4 octobre, fête de saint François, il meurt en la fête des stig­mates du pauvre d’Assise. Clin d’œil de son saint patron ? On peut le pen­ser : Il avait en effet tra­vaillé avec zèle auprès de Paul V pour que les fran­cis­cains puissent célé­brer litur­gi­que­ment les sacrés stig­mates de leur fon­da­teur. Après les funé­railles solen­nelles célé­brées dans l’église du Gesù, le car­di­nal est enter­ré dans ce même temple majes­tueux où repose le corps du fon­da­teur de l’Ordre.

La Gloire

La renom­mée una­nime de sain­te­té de Robert explique que sa cause de béa­ti­fi­ca­tion com­mence déjà l’année sui­vant sa mort. Mais il ne sera tou­te­fois béa­ti­fié que beau­coup plus tard : le 13 mai 1923. [30] Huit jours après sa mort, ses restes mor­tels sont trans­fé­rés, selon son désir tes­ta­men­taire, à l’église de Saint-​Ignace, pour y repo­ser aux pieds de son fils spi­ri­tuel saint Louis de Gonzague, où nous pou­vons encore le véné­rer. Pourquoi sa glo­ri­fi­ca­tion a‑t-​elle tant tar­dé ? Cela est cer­tai­ne­ment dû aux cir­cons­tances his­to­riques, prin­ci­pa­le­ment l’hostilité des cours gal­li­canes [31], mais aus­si la longue période de sup­pres­sion de la Compagnie de Jésus (1773–1814). Le 29 juin 1930, Pie XI le cano­nise enfin et lui donne, l’année sui­vante, le titre si méri­té de Docteur de l’Église.

Conclusion

Nous remer­cions Dieu de nous avoir don­né en saint Robert un modèle brillant de chré­tien, de reli­gieux, d’évêque et de car­di­nal. « Avec ses livres de contro­verses, il a por­té de ter­ribles coups à l’hérésie pro­tes­tante, tan­dis que son caté­chisme […] répan­dait par­tout une solide connais­sance de la doc­trine chré­tienne. » [32] Nous lui deman­dons de sus­ci­ter dans l’Église, par son inter­ces­sion, beau­coup de voca­tions sacer­do­tales et reli­gieuses pour tra­vailler, comme lui, à la gloire de Dieu et à une sainte réforme de la vie chré­tienne. Sachant qu’il a ren­du des ser­vices ines­ti­mables aux papes, nous lui confions le Saint-​Père, les car­di­naux et tous les évêques pour que, par son inter­ces­sion, il fasse des­cendre sur eux des grâces de lumière, de force et de retour à la sainte Tradition.

Saint Robert, inter­cé­dez pour nous afin que Dieu nous fasse gran­dir dans l’amour de la véri­té et dans la pra­tique zélée de la cha­ri­té ; inter­cé­dez pour libé­rer l’Église des virus mor­ti­fères du moder­nisme et rame­ner tous les errants à l’unique ber­cail du bon Pasteur, l’Église catho­lique et romaine.

Source : Le Rocher n° 134 et n° 135

Notes de bas de page
  1. Notons cepen­dant que le Dr Martin Morales, direc­teur des Archives his­to­riques de l’Université Grégorienne, a entre­pris un beau tra­vail de publi­ca­tion de l’Epistolaire de saint Robert. Il s’agit de trans­crire 2’604 lettres écrites ou reçues par Bellarmin entre 1599 et 1621.[]
  2. Citée dans James Brodrick, Robert Bellarmin, l’humaniste et le saint, Paris, DDB, 1963, p. 16–17.[]
  3. Mgr Lefebvre a reçu sa for­ma­tion théo­lo­gique dans cette uni­ver­si­té pen­dant son séjour au sémi­naire fran­çais de Rome qui en est tout proche.[]
  4. Latinisé en Clavius.[]
  5. Le grand vain­queur de la bataille de Saint-​Quentin, le 10 août 1557.[]
  6. Brodrick, ibi­dem, p. 43.[]
  7. Brodrick, ibi­dem, p. 45.[]
  8. A ne pas confondre avec le mal­heu­reux homo­nyme, évêque d’Ypres, père de la secte jan­sé­niste.[]
  9. Brodrick, ibi­dem, p. 46.[]
  10. Théologie spé­cu­la­tive appe­lée « sco­las­tique » parce qu’elle a été déve­lop­pée dans les écoles des grands théo­lo­giens médié­vaux à par­tir du XIIe siècle .[]
  11. La Somme théo­lo­gique de saint Thomas d’Aquin, in Brodrick, ibi­dem, p. 49[]
  12. Alias Flaccus Illyricus[]
  13. Théologie qui prouve les véri­tés à par­tir des sources de la Révélation (Écriture sainte et Tradition).[]
  14. Dans le vrai sens du retour à la forme tra­di­tion­nelle (c’est-à-dire à la véri­té et à la vraie vie catho­lique).[]
  15. « Je crois en la sainte Église catho­lique, la com­mu­nion des saints, la rémis­sion des péchés »[]
  16. Brodrick, ibi­dem, p. 82.[]
  17. Mt 5, 15.[]
  18. Galileo Venturini, San Roberto Bellarmino, Torino, LICE, 1930, p. 12.[]
  19. Sainte Thérèse d’Avila, par­lant des dom­mages cau­sés en France par le pro­tes­tan­tisme, s’écria : « Il me sem­blait que pour sau­ver une seule âme des nom­breuses qui se per­daient, j’aurais sacri­fié mille fois ma vie. » (Le Chemin de la per­fec­tion,
    cha­pitre I).[]
  20. Saint François de Sales écrit : « Durant cinq ans en Chablais, j’ai prê­ché sans autres livres que la Bible et ceux du grand Bellarmin. » (cité par Brodrick, ibi­dem, p . 119[]
  21. Cf. A. Portaluppi, San Roberto Bellarmino, Milano, Perinetti Casoni, 1944, cha­pitre XII.[]
  22. Lors de la peste, il se dévoue si bien auprès des malades qu’il finit par contrac­ter le mal. Il meurt à l’âge de 23 ans. Il était aco­lyte.[]
  23. Symbole de la cha­ri­té et de la dis­po­si­tion à ver­ser son sang pour Dieu et l’Église.[]
  24. Venturini, ibi­dem, p. 19.[]
  25. Traduction : « O Seigneur, délivrez-​moi de la papau­té ».[]
  26. Pouvoir sur le tem­po­rel lorsque celui-​ci a un lien avec le spi­ri­tuel.[]
  27. Bellarmin enseigne que, si le salut des âmes est mena­cé, le pape a le droit et le devoir d’intervenir dans les affaires tem­po­relles des États. Il peut même aller jusqu’à excom­mu­nier un roi et délier ses sujets du ser­ment de fidé­li­té. Cf. Aimé Richardt, Saint Robert Bellarmin : le défen­seur de la foi, Paris, François-​Xavier de Guibert, 2004, p. 141.[]
  28. Loué par saint François de Sales dans l’introduction de son Traité de l’amour de Dieu, publié en 1616.[]
  29. « Il n’est pas dit : “que la joie de ton Seigneur entre en toi ”, mais “entre dans la joie de ton Seigneur”, ce qui est une preuve que la joie sera plus grande que nous pou­vons ima­gi­ner. Nous entre­rons dans une grande mer de joie éter­nelle et divine, qui nous empli­ra de l’intérieur et de l’extérieur et nous entou­re­ra de tous les côtés. » (Cité par Brodrick, ibid., p. 472.[]
  30. Sa fête est célé­brée chaque année le 13 mai.[]
  31. Les gal­li­cans n’ont pas digé­ré ses
    apo­lo­gies du pou­voir indi­rect de l’Église sur le tem­po­rel et en par­ti­cu­lier du pape sur les rois.[]
  32. Dom Gaspard Lefebvre, Missel romain quo­ti­dien, Édition Plat, fête du 13 mai .[]