logos-lpl-separator-blc

Sermon de Mgr Lefebvre – Pentecôte – Confirmations – 10 juin 1984

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp

 

Mes bien chers frères,
Mes bien chers enfants,

Le jour de la Pentecôte est un jour bien choisi pour recevoir le sacrement de confirmation. En effet, c’est au jour de la Pentecôte que les apôtres ont été confirmés par l’Esprit Saint, par l’effusion abondante de tous les dons du Saint-Esprit dans leur âme.

Et aujourd’hui, vous aussi, qui allez recevoir le sacrement de confirmation, vous allez recevoir l’effusion en abondance du Saint-Esprit qui va vous donner tous ses dons. Vous entendrez tout à l’heure, dans quelques instants, l’évêque en étendant ses mains sur vous, appeler dans sa prière, tous les dons du Saint-Esprit pour qu’il descende dans vos âmes. Et vous répondrez, avec toute l’assemblée : « amen », amen ! C’est-à-dire : qu’il en soit ainsi. Oui, que le Bon Dieu me donne tous ces dons du Saint-Esprit dont j’ai besoin pour être bon chrétien et bonne chrétienne, pour garder en moi la grâce que j’ai reçue au jour de mon baptême.

Vous savez bien que l’on ne reçoit le sacrement de confirmation qu’une seule fois dans sa vie. C’est donc un grand jour que le jour où l’on reçoit le sacrement de confirmation. Vous vous souviendrez que vous avez reçu cette grâce du sacrement de confirmation le jour de la Pentecôte 1984, dans la chapelle d’Écône.

Vous viendrez, dans quelques instants, après cette prière que l’évêque aura dite sur vous, vous viendrez auprès de l’évêque accompagné de vos parrain et marraine qui poseront leur main droite sur l’épaule droite de celui qui est confirmé, de leur filleul et l’évêque va mettre sa main sur votre tête, signer votre front du signe de la Croix avec le Saint-Chrême en disant les paroles :

Signa te signa crucis et confirma te Chrismate salutis : « Je vous marque du signe de la Croix et je vous confirme du Chrême du salut » et il fera trois fois le signe de la Croix : In nomine Patris et Filii et Spritus Sancti.

Et vous répondrez aussi : « amen », à la fin de cette formule, pour que vous disiez aussi : oui, qu’il en soit ainsi. Car c’est à ce moment-là que vous allez recevoir la grâce de la confirmation, au moment où l’évêque va mettre sa main sur votre tête, signer votre front du signe de la Croix avec le Saint Chrême et prononcer les paroles du sacrement de confirmation.

Et vous pouvez être aussi sûrs qu’on peut l’être que vous allez recevoir cette grâce du sacrement de confirmation, étant donné que la manière et le rite, la parole et les gestes que je vais faire, ce sont ceux que l’Église fait depuis les origines de l’Église.

Vos parents, vos grands-parents, moi-même j’ai reçu le sacrement de confirmation comme je vais vous le donner aujourd’hui, sans rien changer, rien, absolument rien. Parce que précisément nous estimons très important de garder la tradition pour que soit donnée véritablement la grâce du sacrement de confirmation.

C’est de l’huile d’olives, consacrée le Jeudi Saint, mélangée de baume, avec laquelle je ferai l’onction sur votre front. Et c’est cela la coutume, coutume immémoriale de l’Église que ce soit de l’huile d’olives, à tel point que les théologiens doutent de la validité du sacrement qui serait donné avec une huile de soja ou une huile d’arachides, ou une huile végétale quelconque.

Tout cela a de l’importance. Ce n’est pas pour rien que l’Église a maintenu ces traditions.

Et quels sont les effets du sacrement de confirmation dans vos âmes ? Eh bien, c’est d’abord de confirmer la grâce de votre baptême. Vous avez reçu le jour de votre baptême, vous avez reçu aussi le Saint-Esprit bien sûr. Nous recevons le Saint-Esprit au jour du baptême, puisque le prêtre qui donne le sacrement de baptême dit :

« Sors de cette âme, esprit immonde et laisse la place au Saint-Esprit ».

Donc le prêtre donne l’ordre au démon de sortir de l’âme de l’enfant qui est soumis au péché originel et il dit ; « Laisse la place au Saint-Esprit ». Et le démon part. Et c’est le Saint-Esprit qui prend possession de notre âme au moment du baptême. Par conséquent, nous avons bien reçu le Saint-Esprit. Mais nous avons reçu le Saint-Esprit pour naître à la vie spirituelle.

Et maintenant, dans la croissance de votre âme, vous avez besoin de plus de force, d’une abondance plus grande du Saint-Esprit. Comme l’on a besoin de plus de nourriture lorsque l’on grandit. Eh bien de même, vous avez besoin de cette nourriture spirituelle d’une manière plus abondante, parce que vous grandissez dans la vie spirituelle. Et vous allez vous trouver affrontés à des difficultés. Il ne faut pas vous faire d’illusion. La vie chrétienne c’est un combat. Et c’est pourquoi on appelle les confirmés, les soldats du Christ. On devient soldat du Christ.

Pourquoi ? Parce que le soldat est un combattant et que par le sacrement de confirmation, on devient ferme dans sa foi, fort dans sa foi, pour lutter contre toutes les influences mauvaises. Et Dieu sait s’il y en a aujourd’hui des influences mauvaises dans le monde, pour nous attirer dans le péché. Alors par la grâce du sacrement de confirmation, vous serez des soldats du Christ.

Et puis enfin, vous serez aussi des missionnaires. On n’est pas seulement soldat, on est aussi missionnaire par le sacrement de confirmation. Nous n’avons pas le droit de dire : Moi, pourvu que je sois bon chrétien et que j’aille au Ciel, si les autres n’y vont pas, ça m’est égal. On n’a pas le droit de dire cela. On doit aimer son prochain et le premier amour du prochain, c’est de souhaiter qu’il aille au Ciel, que son âme soit sauvée pour l’éternité.

Alors le sacrement de confirmation donne cet esprit missionnaire, donne ce désir de se sacrifier pour les autres. Notre Seigneur s’est sacrifié Lui ; Il a donné tout son Sang pour notre salut et Il n’avait pas besoin pourtant de se sauver Lui-même, étant Dieu. Il n’avait pas besoin du salut. Mais Il a donné tout son Sang pour nous. Alors nous, nous ne ferions pas comme Notre Seigneur ? Il faut qu’aussi nous acceptions de souffrir, de faire pénitence, voyez-vous.

Quelle est la patronne des missionnaires ? Peut-être vous ne le savez pas : une patronne spéciale des missionnaires. C’est sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Pourquoi sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ? Une petite religieuse, jeune, qui est morte à vingt-quatre ans et qui était enfermée dans son carmel depuis l’âge de quinze ans, puisqu’elle y est entrée à l’âge de quinze ans. Qu’est-ce qu’elle a été comme missionnaire ? Elle n’a rien fait comme missionnaire. Si cela avait été encore une personne qui aurait traversé les océans et puis aurait prêché l’Évangile partout dans le monde entier, on comprendrait qu’on l’aurait nommée Patronne des missions. Mais sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus enfermée dans son couvent !

Eh bien si, l’Église l’a nommée Patronne des missions, parce qu’elle a converti des âmes par milliers, par centaines de milliers, en étant dans son couvent. Elle s’est sacrifiée et elle a prié. Eh bien, vous, vous pouvez faire cela aussi. Tout le monde peut être missionnaire de cette manière-là. Personne ne peut dire qu’il ne peut pas se sacrifier et prier pour le salut des âmes.

Et de même que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a converti des milliers, des centaines de milliers d’âmes, nous aussi nous pouvons peut-être, par la grâce du Bon Dieu, convertir beaucoup d’âmes et nous le saurons au Ciel, quand nous irons au Ciel.

Alors, soyons missionnaire, ayons cet esprit missionnaire de désirer sauver les âmes. Il y a tellement d’âmes qui se perdent. Vous savez que les petits enfants de Fatima – qui ont vu la Sainte Vierge à Fatima – disaient que la très Sainte Vierge leur avait fait voir l’enfer et ils disaient : « Les âmes tombent en enfer, comme les feuilles au moment de l’automne ».

C’est affreux cela ! Le nombre des âmes qui tombent en enfer comme les feuilles détachées des arbres, qui tombent en automne. C’est affreux.

Alors nous devons penser à toutes les âmes qui se perdent et nous sacrifier, accepter les sacrifices, les épreuves que le Bon Dieu nous envoie pour sauver les âmes. Voilà ce que va vous donner le sacrement de confirmation.

Priez la très Sainte Vierge Marie ; demandez à votre bonne Mère du Ciel tous les jours, qu’elle vous accorde la grâce de demeurer fermes dans votre foi, de demeurer des soldats du Christ et demeurer des missionnaires.

J’espère que chaque confirmand a un chapelet et que ce chapelet il le récite souvent, tous les jours. Récitez le chapelet pour être protégés par la très Sainte Vierge Marie, notre bonne Mère du Ciel. C’est par elle que nous viennent toutes les grâces et par conséquent la grâce du sacrement de confirmation que vous allez recevoir, vous allez le recevoir aussi par la très Sainte Vierge, par l’intermédiaire de la très Sainte Vierge.

Alors il faut remercier la très Sainte Vierge, remercier vos bons parents qui vous ont conduits ici aujourd’hui ; remercier vos prêtres qui se sont occupés de vous et tous les séminaristes qui sont ici, tout le monde maintenant va prier pour vous, pour que vous receviez en abondance les grâces du sacrement de confirmation.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.